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16.04.2026 → 18.04.2026

« The Alonetimes », les fragments du discours amoureux par Jennifer Walshe & Philip Venables

par Yaël Hirsch
18.04.2026

La rencontre du compositeur britannique qui a adapté pour l’Opéra 4.48 Psychosis de Sarah Kane Philip Venables et de l’artiste irlandaise inclassable Jennifer Walshe ne pouvait que faire des étincelles. En mêlant leurs souvenirs et en les distribuant à six voix, iels signent avec The Alonetimes une pièce entre lyrique, contemporain et comédie musicale sur les affres des rencontres amoureuses. La création de ce kaléidoscope de sensations a lieu à la Fondation Cartier et c’est explosif.

Immersion à la Fondation Cartier

C’est donc la Fondation Cartier pour l’art contemporain qui a commandé cette pièce aux deux artistes et son tout nouveau bâtiment qui fait face au Louvre est le lieu de la création de The Alonetimes. La performance n’a pas lieu dans le rougeoyant Studio Marie-Claude Beaud, mais au cœur même des collections avec un effet de réverbération dans l’espace à plusieurs niveaux pensé par Jean Nouvel.

Nous étions une centaine à assister à la première, jeudi 16 avril, alors que la nuit venait à peine de tomber. L’ensemble de l’expérience est immersive, puisque nous entrons par le musée et sommes littéralement au milieu d’œuvres. Lorsque nous prenons place, l’extraordinaire percussionniste Vanessa Porter est déjà à l’œuvre sur scène créant un bourdonnement qui nous fait changer d’espace. Et la chanteuse Loré Lixenberg est en place, comme une mariée, couverte d’un mille-feuille de tulle blanc.

Théâtre Musical pour 6 voix et invitation amoureuse

Les quatre autres voix débordent la scène de l’extérieur et commencent à raconter l’histoire. Vous l’aurez compris, tout le paradoxe de The Alonetimes, c’est de raconter la peur de la solitude avec beaucoup de monde et de sons : deux personnes à la compositions, six voix dont quatre sont aussi instrumentistes et un écran de vidéo projection pour faire la part belle aux textes. Prenant forme comme un post « Twitter » légèrement anachronique, ces textes et les mots chantés mélangent les souvenirs des deux compositeur.ices quadragénaires, de 1992 aux années 2000. S’y entremêlent leurs emportements, désirs, angoisses, plaisirs, papillons au ventre et aussi les déceptions de deux vies amoureuses dans des années où le Sida est présent. Pour porter ce texte fragmentaire plein de vie et de mort et parfois aussi assez cru, la matière sonore de la musique est à la fois très colorée, très directe comme une comédie musicale sur les toutes premières fois. Mais il y a aussi énormément de couches et de complexité dans cette musique qui englobe les personnalités toutes flamboyantes des six performeur·euses. Le violon punk de Diamanda La Berge Dramm, la clarinette basse d’Adam Starkie et l’accordéon narratif de Andreas Borregaard transmettent et démultiplient ce que les émotions font au corps. Les solos du baryton Oskar McCarthy sont souvent dignes d’un Opéra de Britten.

Le tourbillon de la vie adapté à l’ici

Alors que la vie amoureuse fait une grande boucle et nous fait passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, la spatialisation de ce coming of age story est absolument bluffante. La pièce vient « habiter » la Fondation Cartier depuis notre auditorium jusqu’à l’autre bout de cette cathédrale d’arts. Le travail est d’une immense précision et le son nous encercle à 360 degrés avec une audace et une expérimentation que nous aurions peut-être voulu aussi retrouver dans la mise en scène, qui est elle, plus sage. En tout cas, quand la boucle se termine, que la porte des amours revient dans ses gonds et que les musicienn·es nous rappellent que le monde entier est une scène où l’on craint de faire ses débuts, nous sortons durablement marqués de cette pièce musicale absolument géniale. Le travail sur mesure du son pour la Fondation Cartier laisse présager que The Alonetimes va se métamorphoser en fonction des (nombreux !) espaces où la pièce va se jouer, et notamment lors du prochain Festival Musica, à Strasbourg, à l’automne…

The Alonetimes (2026), texte, musique : Jennifer Walshe, Philip Venables ; direction : Jennifer Walshe, Philip Venables ; accordéon : Andreas Borregaard, violon : Diamanda La Berge Dramm, voix : Loré Lixenberg, Oskar McCarthy, percussions : Vanessa Porter, clarinette basse : Adam Starkie, durée 1h10.

 

Visuel : © Laurent Khram