04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    04.05.2026 : Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao au jury    04.05.2026 : Alex Ligertwood, ex-chanteur du groupe Santana, est mort à l’âge de 79 ans    04.05.2026 : Oscars : les films utilisant l’IA seront exclus de la cérémonie    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?
Agenda
Musique
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact

« In Between Spaces », ou le son comme espace avec l’Ensemble Intercontemporain

par Thomas Cepitelli
02.05.2026

Dans la salle des concerts de la Cité de la Musique, la soirée In Between Spaces de l’Ensemble intercontemporain ne se donnait pas comme une simple succession d’œuvres contemporaines, mais comme une véritable expérience, à la fois musicale, on s’en doute, mais aussi — et peut-être surtout — méta-musicale.

On sait  bien que la place d’où l’on écoute un concert a une influence sur la réception de la musique. Trop près, on pourrait ne pas entendre le « mélange » des instruments ; trop loin, on pourrait manquer des pianissimos. Pour cette soirée, à juste titre exceptionnelle, l’Ensemble intercontemporain a bouleversé les codes du concert. Les fauteuils du parterre ont tous été retirés pour laisser place à des estrades où étaient placé·e·s les interprètes. Entre elles, de larges travées avaient été laissées vides, libres à la circulation, pas de sièges pour s’asseoir, comme pour un concert rock.

Habiter autrement l’espace du concert

Il est amusant de voir combien le public a, en fait, peu saisi cette chance d’être au milieu de la musique en train de se faire, préférant respecter les règles habituelles du placement frontal face à l’orchestre, et combien peu d’auditeur·ice·s ont osé s’affranchir de ces règles. Les habitudes ont la vie dure…

Pensé comme une traversée — entre espaces sonores et écritures — ce programme faisait, de fait, de l’écoute un lieu instable, traversé de lignes, à la fois physiques, concrètes et symboliques.

Dès gla-dya de Marco Stroppa, le dispositif installe une dramaturgie de l’écoute singulière : deux cors, comme dédoublés dans l’espace, produisent des phénomènes de rayonnement qui échappent à toute localisation stable. À chaque mouvement, les deux musiciens changent de place, se faisant tour à tour face ou se tournant le dos, se rapprochant l’un de l’autre ou s’éloignant. Cette ouverture agit comme une invitation pour le reste de la programmation : elle déplace immédiatement le concert du côté d’une écoute active, presque inquiète. Il nous faudra nous déplacer, semble nous dire cette première partie.

Avec Ali di Cantor d’Ivan Fedele, la spatialisation devient structure. Répartie en groupes instrumentaux distincts, la matière sonore circule, se fragmente, se télescope, se recompose. Le geste d’écriture semble ici indissociable de la disposition des musicien·ne·s : la partition est déjà pensée comme une architecture. On pense à une polyphonie éclatée qui, pourtant, fait sens.

Le son, une matière physique

La présence de Stèle de Gérard Grisey introduit un autre régime d’écoute, plus concentré, plus âpre aussi. Deux percussionnistes y sculptent le temps dans une lente montée de résonances. Fidèle à l’esthétique dite spectrale, Grisey ne construit pas des formes, mais des phénomènes physiques : le son devient — ou plutôt se rappelle à nous — comme matière, mais aussi comme durée. Il devient, en un sens, métaphysique.

La seconde partie du concert s’ouvrait à la création, fidèle à la mission de l’ensemble qui commande régulièrement de nouvelles œuvres. Dans Sirènes, Philippe Schoeller propose une écriture singulière. Les bassons, instruments que l’on trouve rarement mis en valeur dans des pièces pour solos ou duos, loin de leur fonction traditionnelle, deviennent des vecteurs d’étrangeté, oscillant entre chant et souffle. Là encore, on perd la perception de ce que l’on pense savoir. C’est à la fois perturbant, mais, disons le mot, tout aussi jouissif.

C’est sans doute dans la dernière partie du concert avec la création de  Nubis Æthyra de Lara Morciano que le concert prenait sa dimension la plus immersive. En intégrant l’électronique, la compositrice élargit l’espace sonore au-delà de la scène. Les sons semblent surgir de toutes parts, enveloppant l’auditeur·ice dans une sorte de nuage mouvant qui n’est pas sans rappeler les expérimentations d’Éliane Radigue.

Between Spaces ne cherche pas à démontrer : il met en situation. Il oblige l’auditeur·ice à reconfigurer ses repères, à accepter de ne pas toujours identifier, localiser, comprendre immédiatement. C’est, semble-t-il, la fonction même de la fréquentation des œuvres d’art.

Une musique exigeante pour tou.te.s

Sous la direction de Pierre Bleuse, l’Ensemble intercontemporain confirme une fois encore sa capacité à rendre lisible — sans jamais la simplifier — une musique exigeante, une musique d’aujourd’hui qui dit notre temps, ses instabilités, ses doutes, mais aussi ses espoirs de trouver d’autres façons de faire groupe, d’être ensemble, si l’on ose le jeu de mots. Le concert fait ici pleinement sa part de pédagogie, humblement, mais sûrement.

Au-delà de la virtuosité, c’est une éthique de l’écoute qui se dessine : une attention au détail, à l’infime, à ce qui advient entre les sons, entre nous et la musique, et à la manière dont celle-ci ouvre en nous des espaces, des possibles impensés.

Une expérience rare, qui rappelle que la musique contemporaine, lorsqu’elle est portée avec une telle exigence, ne se contente pas de s’entendre — elle transforme notre manière d’écouter.

Le concert sera diffusé le 6 mai sur France Musique dans le cadre de l’émission Les concerts du soir. 

 

Visuel : © Blondin