19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    19:08:2026: Le plasticien Philippe Apeloig reçoit le prestigieux Nicholas Fox Weber Prize de la Josef and Anni Albers Foundation    26.07.2026 : un attentat islamiste fait 1 mort et 16 blessés à la Pride de Berlin    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs
Agenda
Musique
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact

Au Menuhin Festival Gstaad, les musiciens du Budapest Festival Orchestra et Iván Fischer dans un programme saisissant

par Hannah Starman
19.08.2026

Ce 17 août 2026, à l’église de Saanen, les musiciens du BFO, la soprano Mirella Hagen et le trompettiste Gergely Csikota, sous la direction d’Iván Fischer, interprètent son œuvre Eine deutsch-jiddische Kantate, encadrée par le Divertimento de Béla Bartók et l’Octuor à cordes de Mendelssohn.

Divertimento pour orchestre à cordes de Bartók

 

Le directeur artistique du Menuhin Festival, Daniel Hope, présente les interprètes, « les meilleurs jeunes musiciens de l’orchestre de Budapest et de l’Académie [European Orchestra Academy] », ainsi que le « magnifique programme qui inclut le Divertimento de Bartók, composé ici-même, à Saanen », avant de conclure ses propos : « La musique est rentrée au bercail ».

 

« Béla Bartók a composé cette pièce à la demande de Paul Sacher, qui était un grand musicien, un bon chef d’orchestre, et surtout un important commanditaire d’œuvres », Iván Fischer commençant son introduction d’une voix empreinte de gentillesse. Il nous dépeint les circonstances de la composition de « ce chef-d’œuvre de Bartók pour un orchestre de chambre, une appellation de Benjamin Britten, l’un des musiciens fondateurs du festival de Gstaad » et conclut en évoquant le dilemme central pour une formation de cette taille (22 musiciens) : est-ce qu’on la dirige ou pas ? « Nous avons formé nos jeunes musiciens pour qu’ils jouent sans direction. » Il pose son regard sur le premier violon, Marta Dettlaff, et conclut avec un sourire doux : « Marta, nous sommes tous entre tes mains. »

 

Bartók a écrit Divertimento en quinze jours, en août 1939, dans le chalet de Paul Sacher, qui a mis ses vastes ressources financières – la plus grande fortune suisse et la troisième fortune mondiale au moment de son décès en 1999 – au service de la musique. Il a commandé un grand nombre d’œuvres aux compositeurs, tels que Bartók, Stravinsky, Martin, Honegger et Martinů et, en 1986, il a créé la Fondation Paul Sacher à Bâle pour y conserver ces manuscrits. Sa fondation est aujourd’hui un centre d’archives et de recherche incontournable sur la musique des XXe et XXIe siècles. Divertimento a été créé le 11 juin 1940 par l’Orchestre de chambre de Bâle, dirigé par Paul Sacher.

 

Les jeunes musiciens se lancent dans l’Allegro non troppo valsant du Divertimento avec une belle énergie et semblent y prendre plaisir. Le travail investi au sein de l’Académie – « Nous avons travaillé avec eux, moi-même et les musiciens de l’orchestre, pour qu’ils puissent jouer indépendamment », nous explique Ivan Fischer – mais aussi la représentation très réussie du même programme en mai à Bruges, expliquent sans doute la coordination bien rodée entre les pupitres. Marta Dettlaff, la violoniste polonaise de 25 ans au geste souple et affirmé, guide les musiciens d’un regard, d’un sourire ou encore d’une inspiration qui marque le début de l’attaque. La complicité entre les jeunes musiciennes – car il n’y a que trois hommes dans cet orchestre de chambre – apporte une fraîcheur et une luminosité à cette pièce qui n’est pas dénuée d’angoisse et de noirceur.

 

Le mouvement lent central, Molto adagio, est ainsi moins lourd que d’habitude et le thème de la marche funèbre centrale que le chef Ferenc Fricsay définissait comme « l’effondrement dans le désespoir » se dissout dans une ambiance presque solaire, comme si ces jeunes musiciennes avaient choisi d’injecter à cette parodie de divertissement, écrite par un « auteur qui doit retourner à la guerre » comme l’a décrit Bartók, une étincelle d’optimisme et une grandeur joyeuse qui célèbre la vie malgré tout. L’orchestre de chambre des musiciens du BFO respecte un bel équilibre entre les groupes de solistes et les tutti, relève les défis techniques – notamment le contrepoint nerveux entre les violons et les contrebasses et le rythme légèrement décalé – avec maîtrise, et nous offre ainsi une lecture convaincante, précise, texturée et contrastée des deux premiers mouvements.

 

Le rondo final, Allegro assai, prend le rythme effréné des chants populaires tsiganes ; exultant, rustique et volcanique, telle la vie qui renaît avec vengeance après une catastrophe dévastatrice censée la détruire. Les jeunes musiciens s’en donnent à cœur joie dans la fugue à trois voix et les tutti de l’orchestre. Marta Dettlaff interprète la cadence solo de violon dans une palette de couleurs presque mélancolique, avant de se lancer, avec l’orchestre, dans la section rapide, vive et spontanée qui conclut ce chef-d’œuvre de Bartók. Pendant la longue salve d’applaudissements, Iván Fischer revient sur scène à grands pas et remercie vivement les musiciens. « Fantastique ! Je suis tellement fier de vous ! », s’exclame-t-il.

 

 

Eine deutsch-jiddische Kantate d’Iván Fischer

 

Pendant le changement de plateau, le compositeur hongrois de 75 ans présente sa composition Eine deutsch-jiddische Kantate (Une cantate en allemand et en yiddish). « Je vais vous raconter une histoire très personnelle », commence-t-il son récit, tel un grand-père au chevet de son petit-fils. « Je viens d’une famille juive hongroise qui n’était plus pratiquante et qui aimait la culture. Leurs dieux étaient Goethe, Beethoven, Mozart. Quand j’étais petit, mes parents m’emmenaient au cimetière juif pour visiter la tombe d’un oncle légendaire, spécialiste de Goethe. Une citation de Goethe était gravée sur sa pierre tombale. » Iván Fischer cite, de mémoire, le texte extrait du poème Symbolum de Goethe et poursuit son récit : « Enfant, je ne comprenais pas qu’on aime autant la culture allemande, alors que les Allemands ont envahi notre pays et tué des membres de ma famille. »

 

La composition d’Eine deutsch-jiddische Kantate part de ce questionnement : « Ce paradoxe est inscrit dans le texte. J’ai décidé de mettre côte à côte l’allemand et le yiddish, et – musicalement, le soprano et la trompette. » Quatre textes composent sa cantate : « Wiegenlied », une berceuse yiddish, suivie de « Deutsche Arie », un extrait du poème Ich weiss es im Traum, und der Traum hat recht de Rainer Maria Rilke. « Ma grand-mère est morte à Auschwitz », explique Fischer, « et j’ai le sentiment que toutes ces grand-mères, mortes là-bas, sont mes grand-mères aussi. Vient ensuite « Jiddische Arie », un extrait de Mayn Mame d’Abraham Sutzkever, « le grand poète yiddish, qui a survécu au ghetto de Vilnius et a écrit ce déchirant poème sur un enfant dont la mère vient d’être tuée qui enfile sa chemise pour sentir encore sa chaleur ». Et pour conclure, le dernier mouvement, « Grabenschrift », est un extrait du poème de Goethe inscrit sur la tombe de l’oncle du compositeur.

 

Iván Fischer accueille les deux solistes, la soprano allemande Mirella Hagen et le premier trompettiste du BFO, Gergely Csikota, et demande au public de partager son sentiment au sujet de « tout ça » : « Vous allez entendre des extrêmes, mais vous devriez quitter ce lieu apaisés ; dans mon cœur, l’adoration de la culture allemande et les souvenirs d’enfance cohabitent en paix et en harmonie. » Plongés dans les dépliants avec les textes, les spectateurs écoutent Une cantate en allemand et en yiddish dans une ambiance de recueillement. Après une introduction de l’orchestre, dirigé par le compositeur, Mirella Hagen commence doucement par la berceuse yiddish, accompagnée seulement de la trompette et modulant sa voix dans la tradition des chants folkloriques juifs.

 

Elle enchaîne directement avec la très courte « Deutsche Arie », qu’elle chante d’une vraie voix de soprano, avant d’attaquer le cœur de la composition de Fischer, à savoir la « Jiddische Arie ». « Un fracas, des cymbales. Ça se transforme en rires, étouffant les cris. À travers les champs, ils poursuivent ma mère nue », chante-t-elle, accompagnée d’une trompette sauvage, avec la violence d’une Katerina Ismailova après son premier meurtre, avant d’adoucir le timbre pour incarner la voix de l’enfant : « J’arrache mes vêtements de mon corps et je me glisse dans ta chemise ouverte et dénudée. » Elle termine avec « Grabenschrift », la séquence la plus classique de la Cantate. La berceuse et la deuxième partie de « Jiddische Arie », interprétées par Nora Fischer, la fille du compositeur, sont indéniablement plus émouvantes et tous les mouvements de cette sublime œuvre sont plus bouleversants dans l’interprétation d’Anna-Lena Elbert, mais Mirella Hagen apporte à l’œuvre de Fischer à la fois une rigueur goéthiène dans « Grabenschrift » et une folie macbéthienne dans « Jiddische Arie ».

 

Octour à cordes op. 20 de Felix Mendelssohn

 

Après ce tour de force d’émotion qui vous noue l’estomac, Iván Fischer nous a programmé un atterrissage doux et réconfortant, pétri d’une rutilante énergie de jeunesse, pour terminer la soirée en beauté. Mendelssohn termine la composition de son Octuor à cordes le 15 octobre 1825, alors qu’il n’a que 16 ans, et l’offre en cadeau d’anniversaire à son ami, le violoniste et chef d’orchestre prussien, Eduard Rietz. Œuvre de forme classique en quatre mouvements, l’Octuor témoigne d’une grande maturité et d’une parfaite maîtrise des codes de la composition pour la formation de chambre. Rare en musique de chambre, l’octuor est tout de même présent dans les répertoires de grandes figures de la musique moderne et contemporaine, notamment chez Enesco, Chostakovitch et Kagel.

 

Les musiciens du BFO interprètent cette magnifique œuvre de jeunesse de Mendelssohn avec un esprit de conquête, dansant et brillant, qui ne peut que nous séduire. Marta Dettlaff attire les regards, non seulement pour la qualité de son jeu, mais aussi parce qu’il émane de cette jeune violoniste une énergie fraîche et pleine d’assurance qui semble inspirer les musiciens autant que le public. Les jeunes de l’European Orchestra Academy, sous la direction d’Iván Fischer, nous ont fait ce soir à Saanen une remarquable démonstration de leur talent, récompensée par une standing ovation d’un public enchanté.

 

 

Visuels : © Hannah Starman