Avec « Chante, méchante » (Calmann-Lévy), Guillaume Sire nous plonge dans le journal d’une actrice célèbre, écrit au moment où elle se croit condamnée. Entre aveux et ode à la vie.
Actrice connue, Léonie a vécu une passion destructrice avec un sculpteur qui a fini par fuir à Guernesey, l’île de Victor Hugo. Vingt ans de carrière plus tard, mariée à un autre et deux fois maman, Léonie apprend soudainement qu’elle est condamnée par un cancer au poumon. Elle est persuadée que c’est sa méchanceté et particulièrement ce qu’elle a fait subir à son amour de jeunesse qui l’a condamnée. Elle entreprend de se confier dans ce qui sera son plus beau monologue depuis son échec cuisant dans la pièce qui lui aurait porté malheur : Le Dibbouk.
Il y a quelque chose d’un peu suranné dans cette confession extraite d’un journal retrouvé comme au XVIIIe siècle. Et plus la narratrice nous dit qu’elle est méchante, et que cette méchanceté est comme une pieuvre, plus l’on se dit que même au début du XXIe siècle, il reste quelque chose de religieux comme substrat de récit d’une femme contemporaine pleine de vie. Quoi qu’elle écrive, Léonie est follement sympathique, à la fois comme mère, comme compagne et comme comédienne. Un personnage qui parvient à nous capturer, même si au fond, on se moque un peu de ce qu’elle cherche à Guernesey, et de savoir si oui ou non elle va survivre. Ce sont ses mots crus et directs qui captent l’attention, décrivant sans fard et en peu de mots une vie pas si extraordinaires que cela, au moment même où la maladie frappe. Est-ce la méchanceté supputée ? En tout cas l’apitoiement n’est jamais présent et c’est une jolie respiration.
« Chante, méchante », de Guillaume Sire, Calmann-Lévy, 160p., Sortie le 19/08/2026, 12,99 euros.
Visuel : couverture du livre.
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