En ce Mois des Fiertés, Summerboy est sûrement LA bande dessinée LGBT+ drôle et originale qu’il faut lire.
A Paris, Abel suit des études de psychologie sans grand enthousiasme. Bien inséré dans le milieu gay de la capitale, le jeune homme drague et sait plaire. Alors lorsque ses parents lui intiment de revenir à Merville pour plusieurs semaines de job d’été, c’est la douche froide. Embauché à l’aquarium de la ville en piteux état, Abel fait la connaissance du fils du propriétaire, Paul. Et à l’inverse d’Abel, Paul, lui-même homosexuel, n’a pas fait son coming out… Alors que la bande dessinée pourrait se diriger tranquillement vers un classique coming of age doublé d’une comédie romantique gay, Félix Auvard choisit d’introduire une touche de fantastique. Après avoir passé la nuit ensemble, les deux héros se rendent compte que la ville a été engloutie par la mer. Seuls sur leur îlot constitué de l’aquarium, Paul et Abel vont devoir apprendre à se connaître et à cohabiter.
A la croisée de Robinson Crusoé et d’Un jour sans fin (Harold Ramis, 1993), Summerboy se sert du fantastique pour questionner l’amour et la construction de soi. Félix Auvard crée une tension entre le calme d’une charmante ville balnéaire et la situation incroyable que vivent Paul et Abel. On rit beaucoup tout au long de l’album, notamment grâce à des personnages secondaires (un groupe de douze enfants, un trio de vieilles Bretonnes) qui remettent en question les certitudes des deux héros. Par son dessin rond à la croisée de la bande dessinée, du manga et même de la culture meme, Summerboy réjouit.
Summerboy, Félix AUVARD, Dargaud, 176 pages, 23,50 €
Visuel : © Couverture de l’album