Deux albums bien différents mais tous deux drôles, sur notre rapport à la critique, et sur nos relations avec le vivant.
Si notre société est une société du spectacle, comme l’assène Guy Debord, alors la critique qui est fait de toutes ces représentations est tout aussi nécessaire. Pour autant, de critique, Vincent Ballot s’en serait bien passé. Dans la revue Affaire Critik, le critique littéraire Thibaut Lopez dit du deuxième roman de notre héros que « la vacuité des propos n’est que renforcée par des dialogues convenus et artificiels ». Coup dur en ce début d’été, alors que Vincent doit penser à organiser les vacances de sa fille tout en gérant sa nouvelle copine décidément bien autocentrée (« J’aime bien que ça se passe comme je veux tu comprends ? Sinon ça va pas marcher. Faut que je m’écoute. »). Se lançant dans une réflexion sur la critique, se plongeant dans Qu’est-ce que la critique ? de Michel Foucault ou dans la Critique de la faculté de juger de Kant, Vincent devient obsédé par Thibault Lopez, au point de le prendre en filature. Entre comédie et thriller d’espionnage, Criticopolis nous fait rire tout en nous questionnant sur la place que nous accordons à l’avis des autres.
Avec son compte Instagram avec plus de 44 000 abonnées, Popolitique aborde avec humour des questions politiques. Sous forme de strips (1 petite histoire par planche), Fables bucoliques autogérées s’intéresse au vivant dans sa globalité, et à son comportement si les végétaux et les animaux se comportaient comme des êtres humains. On rencontre donc un t-rex qui cherche à consommer en circuit court, une mante religieuse plutôt véhémente, un cerf bourgeois condamnant les violences des casseurs, des animaux de la forêt qui font la teuf dans un terrier, etc. Les gags s’enchaînent, plus ou moins réussis, puisqu’on a un peu l’impression parfois de tourner en rond. Là où Popolitique surprend, c’est en faisant référence à des études scientifiques et des grands concepts de sciences humaines (Guy Debord, Karl Marx, Philippe Descola…). Un album original dont certaines planches nous ont fait franchement rire.
Criticopolis, Marie BAUDET, Glénat, 120 pages, 19 €
Fables bucoliques autogérées, POPOLITIQUE, Delcourt, 60 pages, 13,50 €
Visuel : © Couvertures des albums