Il y a presque 30 ans, le couturier star né en Calabre était assassiné à l’âge de 50 ans à Miami. La rétrospective Gianni Versace, de passage à Paris, est constituée de pièces appartenant à ces collectionneur·euse·s et, dans une mise en scène flamboyante, elle rend hommage aux imprimés, aux stars et aux audaces d’un passionné d’Antiquité et de beauté.
Mise en scène par Nathalie Crinière, qui exploite au maximum les espaces du musée Maillol, cette rétrospective (qui s’adapte selon la ville où elle s’expose) commence par l’ouverture de l’Atelier Versace, lancé en 1989 lors de la Fashion Week de Paris. Une photo avec le couturier, Isabelle Huppert, Joan Collins et Arielle Dombasle marque le moment. On retrouve aussi parmi les mannequins Carla Bruni… Ce n’est qu’après qu’apparaissent ses autres inspirations : l’Antiquité gréco-romaine et Miami.
Entre-temps, ce sont plus de 120 silhouettes et 450 pièces qui sont données à voir. « Ceux qui ont peur de la couleur ont peur de la vie », disait le couturier, fier de ses origines et qui a repris tout le soleil de l’Antiquité dans ses soieries extravagantes. Byzance côtoie le pop art dans les pièces des années 1980 où les hommes ont aussi la part belle. Versace s’entoure et s’inspire aussi d’artistes, à commencer par Picasso, Warhol et Schnabel. On adore aussi (re)découvrir son travail avec l’illustrateur suisse Joseph Werner et les photographes qui l’ont sublimé : Avedon, Newton, Demarchelier, Penn… Mais la vraie garde rapprochée de Versace, avec qui nous revivons tou·te·s une époque sur une musique de George Michael, ce sont les « top models » : Naomi Campbell, Cindy Crawford, Claudia Schiffer, Stephanie Seymour et Linda Evangelista. Des femmes sublimes et puissantes jusque dans sa fameuse collection « choc » et bandage de la saison automne-hiver 1992-1993 : « Miss S&M ».
Madonna, Lady Di, Elizabeth Hurley, mais aussi Elton John ou Tupac Shakur, telles sont les stars qui ont confié leur image et leur extravagance à Versace. L’exposition nous permet de revivre cette époque avec elles et eux et de retrouver le panthéon international, finalement semble-t-il assez insouciant, qui régnait sur la fin du siècle dernier. Une rétrospective pleine de lumière et de nostalgie, où le show et le jeu règnent en maîtres.
Visuels : vues de l’exposition YH