Dans le cadre du Rainbow Day&Night au Théâtre du Train bleu qui offre de la visibilité aux artistes LGBTQIA+, nous avons découvert l’univers du drag-king Charlie d’Emilio. C’est envoûtant !
Charlie d’Emilio nous embarque dans son voyage intérieur qui commence dans la cour de récré — on entend les échos d’une enfance mal genrée, placée sous le signe de la différence — pour finir sur les planches, dans la lumière. Ce qui nous frappe d’emblée, c’est son talent de danseur : les gestes sont précis, ciselés comme les mots qui les accompagnent. Charlie d’Emilio s’affirme alors comme « drag king maître de <son> propre cheminement ». Soulignons aussi son phrasé, un peu queer lui aussi, il étonne avec bonheur : il y a là une voix qui nous parle et nous trouve. Le spectacle avance grâce à la force de cette renvendication : être pleinement soi quitte à ce que cela déborde et échappe au regard straight ; le Drag King signe son genre par la transgression du théâtre social.
Il y a une certaine poésie drolatique dans ce voyage intérieur qui nous ramène à l’enfance, à la solitude et à l’amour. C’est peut-être cette sincérité de l’artiste qui sauve de l’écueil de l’ego trip ; son récit fait écho à notre désir d’éclaircir les fantômes, les alter egos, bref, tous ces autres qui dansent en nous. Pour la bizarrerie grimée, on pensera à Klaus Nomi mais aussi, pour la voix et la chorégraphie, à Rahim Redcar (ex Christine and the Queens). Le Drag King semble nous poser ces questions : quelle(s) réponse(s) un corps peut-il offrir à la société qui l’oblige ? que se passe-t-il lorsqu’un être décide de sa liberté ? Charlie d’Emilio interroge finalement la forme même du seul en scène en y croisant théâtre, danse, chanson et cabaret électro. Comme si la queerness — cet autre nom de l’air du temps — était venue nommer cette inquiétante étrangeté qui nous taraude toutes et tous.
Notre dossier Festival d’Avignon
Soirée événement
Rainbow Day&Night 17&18 juillet
au Théâtre du Train bleu