Tout feu tout flamme au Théâtre des Béliers : Jeanne, au secours
Au OFF d’Avignon, la collision de spectacles autour d’un même thème surprend souvent. S’il n’est pas rare de voir plusieurs
Tartuffe ou
Les Bonnes mis en scène, cette année voit la coexistence de deux spectacles centrés sur la Pucelle d’Orléans. D’un côté,
Jeanne d’Arc : un procès brûlant, de l’autre,
Tout feu tout flamme, toutes deux des comédies.
Si vous souhaitez un théâtre documentaire et rigoureux, avide de faits, passez votre chemin. Mais si l’idée d’une comédie musicale sur la figure de Jeanne d’Arc vous réjouit, courez voir Tout feu tout flamme au Théâtre des Béliers à 15h15. En 1h20, Arthur Jugnot déroule grossièrement l’histoire de Jeanne, de son enfance à Domrémy à son procès. On y voit une Jeanne confrontée à la bêtise des hommes, qui peine à faire entendre sa voix, notamment face au puissant et répugnant Charles VII. Avec son message politique en sourdine, Tout feu tout flamme met en avant l’isolement de Jeanne et sa volonté proche de la folie de bouter les Anglais.
Du spectacle se dégage une énergie folle, bien portée par les cinq comédiens à la fois acteurs, chanteurs et danseurs. Les tableaux s’enchaînent rapidement, rappelant
Les Producteurs de Michalik ou
Spamalot, la comédie musicale d’Eric Idle. Car oui, une grande partie du spectacle est chantée, mise en musique par Romain Trouillet. Et on vous assure que dans les coups de blues, vous repenserez sûrement au homard du Titanic… Un chouette moment du OFF, drôle et enlevé.
Zaï Zaï au Tiers-Lieu LaScierie : foutue carte de fidélité
Présente-t-on encore la bande dessinée de Fabcaro,
Zaï Zaï Zaï Zaï ? La célèbre BD met en scène le parcours d’un pauvre Monsieur Tout Le Monde qui, arrivé à la caisse du supermarché, se rend compte qu’il a oublié sa carte de fidélité. Le vigile le somme de le suivre mais, pris d’un élan de liberté, l’homme s’enfuit, laissant derrière lui vigile, caissière, vie de famille et activité professionnelle (Monsieur est dramaturge). A partir de là, avec la loufoquerie qu’on lui connaît désormais, Fabcaro déroule situations absurdes d’une société française qui prend position pour ou contre cet homme qui n’a fait qu’oublier sa carte de fidélité. En 2020, François Desagnat en tirait un film sympathique avec Jean-Paul Rouve. A Avignon, le Collectif Mensuel propose une adaptation bien originale.
La forme même de Zaï Zaï, que vous pouvez voir à LaScierie à 17h30 jusqu’au 25 juillet, mérite le déplacement. Les Belges ont choisi de créer un roman-photo projeté et entièrement sonorisé au plateau. Sur un grand écran au-dessus des comédiens défilent des photos au