Projeté en ouverture du 79e Festival de Cannes et en salles dès aujourd’hui, La Vénus électrique de Pierre Salvadori est une histoire d’amour et de peinture. Une comédie portée par un très chouette casting, mais qui peine à trouver son rythme.
Les peintres et la vie de Bohême ont la côte dans le cinéma français. Après La Venue de l’Avenir de Cédric Klapisch et À pied d’œuvre de Valérie Donzelli, c’est Pierre Salvadori qui propose un peintre en lutte. Pour cet artiste incarné par Pio Marmaï, la lutte est intérieure, et faut suite au décès accidentel de sa compagne. Nous sommes en 1928, et ce veuf éploré vient chercher du réconfort auprès d’une médium. Il tombe alors par méprise sur « La Vénus électrique » (Anaïs Demoustier), une jeune femme également bête de foire qui fait des baisers arrosés de philtre d’amour made in Edison à la foire de Saint-Ouen. Une histoire un peu gourou, mais toujours tendre s’ensuit, où la Vénus fait croire à l’artiste, avec l’aide du galeriste du peintre (Gilles Lelouche, excellent en personnage proustien), qu’elle permet à sa femme de le contacter depuis le monde des morts…
Située en 1928 depuis l’autre versant de la butte Montmartre, cette comédie aux dialogues ciselés porte la mélancolie qui fait le sel des films de Pierre Salvadori. Les costumes et les reconstitutions historiques donnent le « la » d’un Festival de Cannes qui n’en finira pas de proposer des films et des personnages historiques. Mais autant dire qu’après l’électrochoc Theodora en cérémonie d’ouverture, au Palais du Festival cela a gentiment roupillé devant les quiproquos et les bonnes volontés des quatre personnages. Les marivaudages d’outre-tombe s’éternisent, Gustave Kerven s’efforce d’être fellinien, Demoustier change de perruque, mais ce qui est bien et mal ne cesse d’être interrogé et même Vimala Pons en audacieuse pygmalionne rousse ne parvient pas à nous remettre en selle pour un petit coup d’électricité statique.
Les comédiens sont canons, les personnages sympathiques, alors quand il leur arrive un truc chouette on sourit, mais la tension dramatique est vraiment au point ort. Fort heureusement, la chanson des Schocking Blue vient nous réveiller avant le générique et elle sera le premier titre de notre playlist Cannes 2026. Bref : un peu raté, en costumes et avec une chanson phare, La Vénus électrique est en fait peut-être le parfait film d’ouverture…
Retrouvez la chronique de Yaël Hirsch sur le film sur TSF Jazz.
La Vénus électrique, de Pierre Salvadori, avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons, France, comédie, 2h02, Film d’ouverture du 79e Festival de Cannes, Sortie le 12 mai 2026.
Visuels : Diaphana
Retrouvez tous nos articles sur le 79e Festival de Cannes dans notre dossier.