La 61e Biennale d’art de Venise a commencé, transformant la lagune en grand jeu immersif de choc avec l’art contemporain jusqu’au 22 novembre prochain. Sur place, Cult.news vous donne des échos de l’Arsenal et des pavillons mais aussi des Musées, institutions et galeries qui se sont mis au diapason de « Accords mineurs » qui sont le thème de cet événement international.
De Palazzo en lieu secret, tout semble résonner résonne non seulement avec les eaux de Venise, telles les oeuvres de femmes puissantes et aquatiques réunies par la Galerie des Filles du Calvaire dans un appartement du Campo Dan Stefano. Les notes mineures et sacrées de Clara Rivault campent un éternel féminin fait de cordes et de larmes qui résonne avec la biennale. De même, du côté des deux grands Musées de collection Pinault : les grandes formes et les jeux d’archives de Lorna Simpsons, les performance à même la fracture du brésilien Paulo Nazareth (Punta Della Dogana) et les puissantes huiles du britannico-kenyan Michael Armitage sur tissu (Palazzo Grassi, ne manquez pas également les performances de son théâtre) analysent à vif des rapports de force majeurs. De même, les immenses les grandes figures couleur chewing-gum envahissant les cabinets des curiosités et les architectures renaissance du Palazzo Fortuny gagner quelques notes et dépassent leurs accord pop et mineur quand les photos de Erwin Wurm interrogent qui était le fameux Martino Fortuny.
Du côté du Centre d’Art de San Marco (SMAC) on aurait aussi pensé que les grandes cartes de Boetti et les installation minérales de Lee Ufan seraient intemporelles, mais l’immersion joue son rôle : on en sort transformés par des accords aussi mineur que le crissement du sable sous nos pieds. A l’Académie, Marina Abramovic nous fait recevoir par des laborantins en blouse qui nous proposent de se laisser manipuler dans des minéraux et caresser par une queue de cheval. Cela reste mineur, au vu du reste de son oeuvre, un brin manipulateur et un peu nostalgique au vu des nombreuses photos d’elle d’il y a quarante ans, quand elle était vraiment chaman. Et à la fondation AMA, les. artistes rassemblés opposent corps et âme dans un accord qui résonne avec le thème de la Biennale. Quant au 4e volet du projet vidéo DOKU de l’artiste chinois Lu Yang, il reflète avec beaucoup d’humour (et son avatar) les dangers des mondes parallèles à l’Espace Culturel Louis Vuitton.
Certaines expériences demeurent néanmoins dans des tonalités majeures plus classiques : Pour les 150 ans de la naissance de Constantin Brancusi, la Galerie Negropontes présente des sculptures et des photographies de Dan Er. Grigorescu dans le cadre art déco (signé Carlo Scarpa) du Palazzina Masieri. Jan Fabre, lui emmène toute sa famille avec lui pour quelques sculptures qui ont son visage et une posture plutôt humble en dialogue avec le Tintoret à la Scuola Grande di San Rocco.
Et du coté des toutes premières fois, nous avons poussé la porte de la première exposition d’art contemporain de la Scuola Grande dei Carmini et découvert le travail à la fois abstrait et habité de Anna Peter Breton. En dialogue avec Tiepolo The Seven Celestial Spheres est une ode aromatique à la lumière.
A bientôt pour d’autres reportages au coeur de la Biennale de Venise !
Visuels : DH et YH