La Maison de l’Amérique latine fait vivre depuis des décennies les échanges entre la France et l’Amérique latine. Mais alors qu’elle s’apprête à fêter son 80e anniversaire, le 15 octobre prochain, son avenir s’annonce incertain : la Banque de France, propriétaire du bâtiment depuis 60 ans, a annoncé sa vente. Et derrière cette vente, c’est l’avenir de la MAL et de ses missions qui se joue.
Depuis sa création par le général de Gaulle, la Maison d’Amérique latine se veut un lieu de dialogue entre les pays d’Amérique latine et la France. En plein cœur de Paris, boulevard Saint-Germain, 50 000 visiteurs s’y retrouvent chaque année : écrivains, diplomates, universitaires, chercheurs, à travers expositions et rencontres. Car la MAL est un lieu où les liens diplomatiques mais aussi artistiques et culturels se créent et se soignent. Et pour ses 80 ans, on aurait voulu imaginer un anniversaire moins sombre que celui qui s’annonce. Gérée par l’association Affal, la MAL occupe depuis 1965 deux hôtels particuliers, aujourd’hui mis en vente pour 100 millions d’euros. Une maison, peut-être bientôt sans bâtiment.
Une pétition a été lancée par la MAL, inquiète pour son avenir. En effet, la Banque de France, en mettant en vente le bâtiment, ne prévoit aucune obligation pour l’acheteur de maintenir l’institution. Les offres d’achat seront présentées fin octobre, et pour l’instant, on y voit défiler des potentiels acquéreurs, parmi lesquels la famille Arnault ou Xavier Niel. Et l’enjeu dans la vente est de savoir si l’acquéreur saura continuer à faire vivre les missions de la maison. La pétition rappelle une période « d’extrême fragilité de l’écosystème institutionnel artistique » et en appelle au Président de la République ainsi qu’au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Il faut espérer que la suite de l’histoire vienne réaffirmer les liens essentiels entre l’Amérique latine et la France et n’y marque pas de fin.
La Maison de l’Amérique latine est un lieu important dans les échanges entre les deux continents. Les nombreux messages laissés sous la pétition, qui compte pour l’instant 10 700 signataires (et le nombre augmente rapidement), rappellent l’importance internationale de cette institution indépendante. Et même si elle est rattrapée par une réalité économique, il faut espérer que la Maison de l’Amérique latine sera défendue.
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