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Menuhin Festival Gstaad lance les « Randonnées du Président » : une idée qui marche !

par Hannah Starman
28.08.2026

Ce 27 août, une vingtaine de participants à la troisième Randonnée du Président se retrouvent pour une balade musicale, guidée par Richard Müller, président du festival, qui associe les paysages alpins à la musique en plein air, dans l’esprit de Yehudi Menuhin.

Richard Müller accueille les participants sur le parking devant le cinéma de Gstaad et présente sa sœur ainsi que les membres de l’équipe du festival qui l’accompagnent, parmi lesquels la responsable marketing, Larissa Davidson, et Alexander Ponet, l’assistant exécutif de Daniel Hope, Brigitte, bénévole du festival depuis 20 ans, ainsi que deux frères musiciens que nous entendrons plus tard : les percussionnistes Peter et Sascha Meisel. On reconnaît aussi quelques amis du festival. Avant de nous diriger vers les navettes qui nous emmèneront au point de départ de la balade près de Feutersoey, le président nous distribue des feuilles sur lesquelles figurent des mots ou des chiffres. « Ce qui est sur la feuille est la réponse. Vous allez devoir trouver la question. » Une ambiance ludique et conviviale s’installe, les premières discussions s’engagent et les animaux participants font connaissance.

 

Le sentier longe la Sarine (Saanen) pendant environ deux kilomètres, puis traverse les champs et les prairies sur environ trois kilomètres jusqu’à Gsteig bei Gstaad. Pratiquement sans dénivelé, la troisième Randonnée du Président offre d’excellentes occasions de faire connaissance et d’échanger sur la musique, le festival et plein d’autres sujets, tout en admirant les vues imprenables sur le massif des Diablerets et les sommets escarpés de la région du Sanetsch. Sascha, le cadet des frères percussionnistes, nous raconte, avec un sourire engageant, sa jeunesse auprès de son père, musicien et propriétaire d’un magasin de cloches à Berlin, les études de musique qu’il entamera à Leipzig à partir de la rentrée, et l’avantage des percussions : « La batterie est encombrante, alors qu’avec mes percussions, je peux jouer n’importe où. Je peux faire de la musique même avec un sac de poubelles. »

 

 

Une dame d’un certain âge nous parle des années Menuhin et des changements qu’a introduits le nouveau directeur artistique, Daniel Hope. « Tout est très bien, je regrette juste l’absence de Sol Gabetta, qui venait chaque année. » Baissant un peu la voix, elle nous confie : « Vous savez, elle était pendant longtemps la campagne de Christoph Müller, l’ancien directeur du festival, c’est peut-être pour cela. »  Nous avons échangé avec Larissa Davidson sur les chats, mais surtout sur son travail avec Daniel Hope dans le cadre du Savannah Music Festival. Davidson y a travaillé comme directrice de marketing pendant presque quinze ans avant de revenir en Suisse, d’où elle est originaire, après son recrutement par le Menuhin Festival Gstaad comme directrice du marketing, des communications et des ventes. « L’édition 2026 est très réussie ; nous sommes très contents. »

 

Robert Müller a prévu deux pauses, pendant lesquelles nous avons cherché ensemble les questions aux réponses écrites sur nos papiers. Brochures à l’appui, Müller nous a présenté les deux nouveaux projets du festival : Discovery et Summit ; nous avons appris que Daniel Hope a 52 ans, que le festival a été créé en 1957, qu’il se déroule dans sept lieux, qu’il y a trois orchestres et que nous en sommes à sa 70e édition. « L’idée est née l’année dernière, comme souvent, autour d’une bière. J’ai dit à Daniel Hope : « Je pourrais faire une randonnée. » Il a tout de suite mordu. « Et on l’appellera la Randonnée du Président », a-t-il tranché. Voilà ! »  Müller nous a également raconté, avec beaucoup de candeur, sa jeunesse au sein d’une famille musicale – « Mon père jouait du piano, du violon et du violoncelle. Nous sommes trois enfants : mon frère jouait du violon, ma sœur du piano et moi du violoncelle », ses débuts au Menuhin Festival – « Comme je savais à peu près lire les notes, j’ai commencé par tourner les pages » et sa rencontre avec Yehudi Menuhin. Débarquant fraîchement à Gstaad, le grand violoniste cherchait un piano. « L’office du tourisme l’a envoyé chez nous. »

 

 

Arrivés à l’aire de barbecue, le grand et filiforme père de Sascha et de Peter Meisel, Michael Metzler, nous accueille en jouant de la cornemuse. Le feu est allumé et différentes percussions, notamment des gongs, sont suspendues aux arbres. Les participants, qui se connaissent désormais bien, s’installent autour d’une table de pique-nique et déballent leurs goûters. La petite fille de Michael et sa maman viennent dire bonjour aux chiens et au chat. Konstantin Stehli, consultant en communication, nous parle avec animation du projet Amazonia, avec la musique de Villa-Lobos et de Philip Glass, et les photos de Sebastião Salgado, dans lequel chante son épouse, la soprano Camila Provenzale Titinger, sous la direction de Simone Menezes. Robert Müller et l’équipe du festival distribuent de l’eau et des raisins. Tout est pensé pour le bien-être et la convivialité. Et ça fonctionne ; on échange des numéros de téléphone, et de nouvelles amitiés se tissent.

 

Les participants échangent entre eux et avec les musiciens, le père et les deux fils, qui improvisent des dialogues musicaux sur des rythmes venus des quatre coins du monde : indiens, sud-américains, asiatiques, africains. À la question concernant le nombre de percussions qu’ils possèdent, Sascha Meisel – qui a enregistré le CD Dance ! avec Daniel Hope et l’Orchestre de chambre de Zurich – lève les yeux au ciel dans un geste feignant le désespoir : « Beaucoup, beaucoup, beaucoup. » Les promeneurs peuvent déjà en essayer une bonne douzaine, dont les castagnettes indiennes, le chau-gong ou encore le handpan. Quelque temps après, les navettes nous ont récupérés devant le fabuleux hôtel-restaurant Bären de 1756 à Gsteig. Certains se sont retrouvés à la ravissante église de Rougement, au concert de Leonkoro. Une journée parfaite de rencontres, de nature et de musique !

Visuels : © Menuhin Festival Gstaad / Bailey Davidson