Hey sista, go sista, soul sista, flow sista ! Elles sont partout !
À l’affiche et au pluriel chez Massoud Bakhshi qui suit pendant dix-huit ans la vie de trois sœurs à Téhéran au XXIᵉ siècle. Sur scène, le duo Sarah Julia transforme le lien sororal en matière folk. Au théâtre, Pascal Rambert célèbre avec Sœur·s : nos forêts aussi ont des épines les communautés affectives et politiques qui se construisent entre femmes, parfois de façon brutale. Un festival aussi, « Sœurs Jumelles », tisse les liens entre image et musique. Quant à l’exposition Simone Veil, mes sœurs et moi, elle rappelle que la sororité est parfois une question de survie.
Alors pourquoi les sœurs prennent-elles les devants de la culture maintenant ? L’amour, c’est surcoté, seuls les liens inamovibles sont valables dans nos sociétés instables. Peut-être parce que la figure de la sœur raconte mieux notre époque que celle du héros, trop ou pas assez.
Longtemps, la culture a préféré les histoires de couples. Romantiques, tragiques, passionnels, adultères ou fusionnels, ils constituaient le moteur idéal des récits. Aujourd’hui, quelque chose semble s’être déplacé. Face aux séparations, aux familles recomposées, à tous les hommes toxiques, la sœur apparaît comme la seule figure stable et de confiance, comme le dit Angelica Liddel « Jusqu’à la fin de la vie »
Depuis la révolution #MeToo, les récits des femmes se retournent, inversent la honte. La sororité dépasse les liens familiaux. Les sœurs débordent largement le cadre biologique. Peut-être est-ce finalement cela qui nous touche tant dans ces histoires. La sœur n’est ni un idéal inaccessible ni une passion fulgurante qui finit en naufrage. Elle est celle qui reste. Celle qui nous connait mieux que nous-mêmes. Une figure imparfaite, contradictoire, profondément humaine. Exactement ce dont notre époque a besoin.
En toute sororité, nous vous souhaitons une belle semaine !