C’est reparti !
Le grand rendez-vous de l’été fait son retour : Drag Race France a entamé ce mercredi 8 juillet 2026 sa quatrième saison, diffusée à 19h sur france.tv puis à 22h45 sur France 2. Passé ce lancement exceptionnel un mercredi, l’émission retrouvera son rythme habituel : rendez-vous chaque jeudi à partir du 16 juillet, toujours à 19h sur france.tv puis en deuxième partie de soirée sur France 2.
Né de l’influence des scènes ballroom américaines et de la tradition française du cabaret, le drag est une performance scénique bâtie autour d’un personnage fort. Véritable moteur de renouvellement esthétique, il opère une hybridation des arts en faisant dialoguer sur scène la mode, l’humour, la danse et la musique. Drag Race maîtrise à la perfection cet univers à la fois comique et théâtral.
Diffusée sur le service public depuis 2022, l’émission en est devenue année après année la vitrine incontournable. Portée par cette exposition médiatique croissante, la culture drag gagne en visibilité et voit sa diffusion s’accélérer bien au-delà de ses cercles d’origine. Un engouement qui se traduit aussi dans les chiffres : Drag Race France réunit en moyenne un million de téléspectateurs.
Pour cette quatrième édition, la compétition s’installe dans un tout nouveau décor : une boulangerie. « La boulangerie est ouverte » devient la signature visuelle et thématique de la saison.
Autre grande nouveauté : la baguette d’or. Le principe rappelle un peu le jeu de société Loup-Garou : la dernière reine éliminée transmet la baguette à une candidate encore en lice, de son choix. Celle qui la reçoit peut alors sauver l’une des trois reines en bas du classement, voire se sauver elle-même si elle y figure. Une mécanique qui promet son lot de stratégies, d’alliances et de tensions.
Les défilés, grands rendez-vous mode de la compétition, restent au cœur du programme, avec la promesse de nombreuses surprises dans les épreuves emblématiques de l’émission.
Les dix candidates de cette saison sont : Azemylia, Creatine Price, Daisy Superbitch, Fluffy Bidule, Holly White, La Harpie, Lana Cotta, Malawitte, Margarette et Sublyme. Venues des quatre coins de la France, chacune défend son propre archétype de féminité.
Deux profils ont particulièrement attiré notre attention. Malawitte est la première femme cisgenre et racisée à avoir été sélectionnée pour concourir dans l’émission. Sa collaboration avec Theodora, pour qui elle a réalisé deux tenues, témoigne déjà de son talent créatif. Sa participation à Drag Race France revêt également une dimension militante. Elle souhaite offrir de la visibilité à une communauté encore peu représentée à l’écran, qui est celle des femmes cisgenres qui pratiquent le drag, qu’il s’agisse de drag queens, de drag kings ou encore de drag créature.
« C’est pas qu’une transformation de genre, c’est plus que ça », explique-t-elle, rappelant que le drag est avant tout un art de la performance, de la création et de l’expression de soi.
Avant d’intégrer la compétition, Malawitte confie avoir longtemps souffert du syndrome de l’imposteur, avec le sentiment de ne pas avoir sa place dans ce programme. Sa présence dans cette saison marque ainsi une évolution des représentations du drag à la télévision et contribue à élargir les profils que le public peut découvrir.
Holly White, elle, s’est reconvertie dans le drag après avoir été un grand espoir du trampoline. On a hâte de découvrir ses prouesses sur la scène de Drag Race !
Ces reines succèdent à Paloma, Keiona et Le Filip, gagnantes des trois premières saisons, ainsi qu’à Mami Watta, sacrée l’année dernière lors de l’édition All Stars.
À la présentation, on retrouve Nicky Doll, drag queen française révélée sur la scène américaine du programme. Elle est épaulée par l’animatrice Daphné Bürki et le journaliste mode Loïc Prigent, désormais membre du jury permanent après avoir marqué les esprits lors du All Stars 2025.
Autre nouveauté, la chanteuse Anggun fait son entrée parmi ce panel de personnalités. Et pour ouvrir les festivités en beauté dès le premier épisode, Drag Race France a fait appel à une marraine de prestige : l’actrice Isabelle Adjani.

Le premier épisode a été marqué par l’hymne officiel de la saison 4, « On est born to be belles et fières », chanté et dansé par l’ensemble des concurrentes. C’est finalement la danseuse acrobatique Azemylia qui remporte cet épisode inaugural.
En bas de classement, deux reines se sont affrontées pour rester en course : Margarette et Creatine Price, toutes deux impressionnantes lors du lipsync final. Cette épreuve, très courte, consiste en une forme de playback sur une chanson célèbre, où la synchronisation parfaite des lèvres et des attitudes avec les paroles et la chorégraphie prime avant tout.
Au terme de ce duel, Margarette remporte l’épreuve et rejoint les autres reines dans la compétition, tandis que Creatine Price doit quitter l’aventure dès ce premier épisode.
Malgré sa dimension fédératrice, l’avenir de la compétition sur le service public reste incertain. Le programme s’impose comme un véritable espace d’expression, une safe place où les drag queens partagent leurs parcours et abordent librement de grands sujets de société. Cette dimension profondément humaine et engagée est précieuse, mais menacée.
Ce statut au sein du service public est pourtant de plus en plus contesté politiquement. En février dernier, une commission d’enquête parlementaire s’est penchée sur la légitimité de l’émission, un député (UDR) mettant en cause son coût et ses audiences. Une partie de la communauté LGBT+ adresse elle aussi des critiques, notamment sur le manque de diversité du casting. D’anciennes performances de certaines candidates sont par ailleurs jugées comme relevant de l’appropriation culturelle, et le recours à l’intelligence artificielle pour certains visuels a lui aussi suscité la polémique.
Autant de débats qui rappellent à quel point Drag Race France reste éminemment politique. Sa place au sein du service public est un statut à protéger, aujourd’hui plus que jamais, pour l’art du drag comme pour la représentation des communautés queer.
Dix reines, une couronne, et déjà des étincelles : cette saison 4 s’annonce lé-gen-daire.
À jeudi pour la suite !