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2026, l’été des Babies

par Yaël Hirsch
09.06.2026

Cet été, en ville, on ne montre plus le bout de ses pieds. Un air de sixties plane dans les rues et dans les vitrines avec la démultiplication des babies shoes, qu’on appelle aussi des « Mary-Jane ». Ces souliers classiques, qui ont longtemps été l’apanage des rois anciens et des petites filles de bonne famille, se portent évidemment avec une bride, mais aussi ronds, en cuir souple et surtout plats. Petite généalogie gourmande d’une mode qui va nous accompagner pendant des kilomètres.

Cet été, en ville, on ne montre plus le bout de ses pieds. Un air de sixties plane dans les rues et dans les vitrines avec la démultiplication des babies shoes, qu’on appelle aussi des « Mary-Jane ». Ces souliers classiques, qui ont longtemps été l’apanage des rois anciens et des petites filles de bonne famille, se portent évidemment avec une bride, mais aussi ronds, en cuir souple et surtout plats. Petite généalogie gourmande d’une mode qui va nous accompagner pendant des kilomètres.

Ne pas lâcher la bride : le mot d’ordre des podiums

On n’a vu qu’elle dans les défilés printemps-été 2026 avant de la voir dans nos rues : Miu Miu l’a posée sur des chaussettes montantes. The Row l’a chaussée sur un pantalon tailleur coupé court. Et Chloé l’a glissée sous une robe en voile. Son bout rond accentue une tendance déjà bien engagée, mais on n’avait jamais autant caché ses pieds depuis de nombreux étés. Et surtout quel bonheur d’être à plat pour sillonner les rues, courir après son bus, arpenter les musées ou même danser en plein air lors d’un festival. Chaussure mutante entre les souliers preppy des années 1960 et les ballerines d’entraînement, la baby version 2026 est à la fois confortable, pudique et fine, avec sa bride qui redessine le cou-de-pied.

Carel, retour d’une icône

La maison à l’origine des babies, alias les « Chaussures Charles IX » au début des années 1960, est la maison Carel. Avec son modèle « Kina », trotteur et élégant, elle a donné une forme canonique aux babies : trois brides et un talon carré. Un vent de fraîcheur soufflait alors derrière les franges des baby dolls et des yéyés qui posaient avec désinvolture sur les quais des métros de Paris ou de Londres. Un peu oubliée, cette marque « Cult » revient sur le devant de la scène. Et c’est au Musée des Arts Décoratifs que Carel a marqué les esprits et l’air du temps avec un hommage à Paul Poiret et une troisième collaboration libre, « kawaii » et déjantée, avec le designer Alphonse Maître Pierre. La boucle est bouclée : ce que Carel avait compris bien avant tout le monde, c’est que la baby n’est pas un soulier d’enfant ni un soulier de cérémonie, mais c’est un soulier d’adulte pour la vie de tous les jours. 2026 démocratise une bonne fois pour toute ce soulier porté par les têtes couronnées de France, de Chine ou la famille Kennedy et la déclinant dans des matières agréables et des couleurs et motifs variés.

La déferlante Babies

Ce qui distingue la baby de 2026, c’est en effet la souplesse de sa forme et la liberté de son interprétation. Alaïa la fond dans ses ballerines et la décline en résille de toutes les couleurs pour produire le « tube » de l’été. Cloutée, c’est un « must » qui pourrait bien remplacer les Repettos à lacet sur les scènes et dans les fosses de Rock en Seine. Imposante et solide comme un roc, elle est déclinée avec à-propos par Doc Martens, couleur noire ou marron, en mat ou en vernis — et renoue au passage avec le côté petite fille assumé en s’accommodant à merveille de collants de couleurs en dentelle, preuve que la baby sait aussi jouer la carte de l’enfance sans jamais tomber dans la mièvrerie. Et il faut ajouter que si l’on voit des babies partout, c’est souvent le modèle d’Alaïa qui nous hante, puisque c’est celui-là et ses déclinaisons de matières et de couleurs qui inspirent Zara, H&M et l’ensemble de la fast-fashion dans les versions très grand public de ce soulier. Loewe la décline dans une peau de mouton assez structurée qui entoure le pied comme une caresse et qui s’accorde parfaitement au style urban chic de ses cabas et sacs au cuir impeccable. Et Céline pousse la souplesse jusqu’au bout en déclinant la baby dans du velours qui fait penser aux chaussons chics vénitiens qu’on ose porter en extérieur. Bally reste dans l’épure des années 1960. The Row la dessine dans une épure minimaliste. Bottega Veneta accorde le modèle à son savoir-faire pour la proposer en cuir entrelacé. Et Chloé fait exception et préfère jouer sur le côté structuré et élégant du talon carré, dans un cuir nappa qui épouse le pied comme un chausson de répétition, avec la tenue en plus qu’assure la bride.

Sur 24S, la plateforme parisienne de référence pour la mode de luxe, les sélections de la saison incluent des babies signées Loewe et Céline, deux propositions qui incarnent cette tension entre rigueur et fluidité, disponibles en exclusivité sur le site. Une chaussure qui traverse la saison avec élégance et simplicité : des pavés parisiens aux pelouses conviviales des festivals d’été.

Article partenaire

visuel : Loewe