600 représentations
Le Off d’Avignon permet de découvrir des créations comme de voir de grands succès dont l’efficacité n’est plus à prouver. C’est dans cette deuxième optique que nous sommes allés voir
Bigre, dont le dimanche 12 juillet 2026 marquait la 601ᵉ représentation ! Lauréat du Molière de la Comédie en 2017, la pièce met en scène trois personnages voisins sous les combles d’un immeuble dont on ne voit que le dernier étage. Le premier locataire, un homme bedonnant, habite un appartement au blanc clinique et à la propreté irréprochable. Le deuxième, doyen des trois compères, maigre et échevelé, semble mener une vie de bohème dans un appartement surchargé d’objets. Le dernier appartement du palier est occupé par une jeune femme, blonde pulpeuse, convoitée par les deux autres personnages, dont l’occupation principale semble être de tester le maximum de professions (coiffeuse, infirmière…). De ces personnages, on saura finalement bien peu de choses, pas une seule parole intelligible n’étant échangée au cours de l’heure et demie de spectacle.
Bursleque
Difficile de ne pas penser au burlesque de
Jacques Tati devant
Bigre. Toute la poésie de l’auteur de
Mon oncle est là, notamment lors d’une scène musicale qui voit deux locataires se mettent en couple. Saupoudré d’une bonne dose d’humour scato (notamment cette scène finale !), le spectacle sait aussi prendre des chemins graveleux, sans jamais tomber dans un vulgaire gratuit. Les trois personnages enchaînent les situations cocasses : incendies, murs mitoyens pas si étanches, tempêtes, problèmes d’évacuation… Joies et tracas de la vie en appartement. Si l’enfer, c’est les autres, ces trois-là ont finalement l’air de bien s’entendre. Et nous font grandement rire.
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