Les 10 et 11 juillet, Artcena, la Maison Jean Vilar et le Festival d’Avignon réunissent une dizaine de propositions qui reflètent une diversité politique et ludique de l’écriture en temps de coupes budgétaires sévères.
Depuis ce matin, la crème de la crème des autrices grouille dans la calade de la Maison Jean Vilar. C’est Stanislas Nordey qui a ouvert le bal à 11 heures et, depuis, s’enchaînent lectures, rencontres et ateliers. De passage en cette journée caniculaire, nous avons pu assister à une performance littéraire et sonore d’une grande qualité : Fruit d’un arbre, de Kouam Tawa. Cette performance est donnée dans le très chic salon de la Mouette. On y accède par l’exposition permanente de la BNF sur l’histoire du Festival d’Avignon.
Il s’agit en réalité d’une lecture mise en son en direct par l’entremise des câbles et des boutons manipulés par Iurii Kuznetsov. Sur scène, devant cette table de fabrication, il y a deux micros, l’un à cour et l’autre à jardin. Kouam Tawa, l’auteur, et le rappeur Vîrus. C’est lui qui attaque par une bonne question : « Pourquoi je suis ici ? » Il parle comme l’image que l’on se fait d’un taulard et, pour cause, lui, le prince, est bien derrière les barreaux. Pourquoi ? Spoiler alert, on ne le saura pas !
Dans le contexte avignonnais, ce qui occupe toutes les discussions est la casse dogmatique du secteur. Il représente 0,7 % du budget total de l’État. La volonté de faire descendre ce chiffre à zéro tout pile ne permet aucune économie : c’est minime, et cela a pour conséquence une baisse drastique de la création et des fermetures de salles de plus en plus nombreuses. Nous l’avons écrit, même Nanterre-Amandiers est menacé.
Du côté de Fruit d’un arbre, on avance aussi sur une terre où l’incompréhension règne. Avec une plume fine, l’auteur, ici lecteur, nous invite dans les couloirs de décisions qui nous dépassent. Vîrus dit : « L’esprit me fait prendre des cons pour des gens. »
Ne ratez pas, en fin de journée, à 18 heures, la grande lecture-rencontre, puis, à 20 heures, le Banquet des auteurs et des autrices, avant le cultissime Cabaret à 22 heures.
Le 11 juillet, Les Belles Heures se poursuivent à la Maison Jean Vilar dès 11 heures avec une rencontre Du côté des éditeurs et une présentation de la revue Contxto. Après le Partage de midi à 12 heures, l’après-midi se déploie à partir de 14 heures entre rencontres, lectures et découvertes des écritures contemporaines. À 15 heures, les traditionnelles Lectures mystères précèdent La Couleur jaune a le goût de l’enfance de Hugo Fréjabise à 16 h 30, avant une présentation, à l’université, de KiLLT – Oiseau (guide de survie) en fin d’après-midi. La journée s’achève à 18 heures par une grande lecture-rencontre, avant un Cabaret des Belles Heures à 22 heures, qui clôt cette journée placée sous le signe de la création théâtrale contemporaine.
Les 10 et 11 juillet, entrée libre et gratuite, attention, certains ateliers sont sur réservations
Visuel : Les Belles Heures, Artcena, 2025 © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon