Nous avons assisté aux premières journées pendant lesquels ont eu lieu les auditions des 24 candidats sélectionnés (sur plus de 500 candidatures) pour conquérir les 3 premiers prix. L’occasion de découvrir de bien belles jeunes pousses.
Se retrouver immergé dans un concours de chant lyrique, c’est avant tout se rendre compte à quel point l’art lyrique est encore vivace tant de nombreux candidats (et on l’espère futurs grands talents) se bousculent au portillon pour accéder aux scènes lyriques qui – l’espèrent-ils – consacreront prochainement leur art.
Un tel concours c’est, nécessairement, pour les candidats une période de stress ; cela peu même être une épreuve. Les conditions dans lesquelles se font l’accueil, l’hébergement, l’alimentation, et enfin les auditions ne sont donc pas neutres pour cet exercice qui consiste à se faire juger selon plusieurs critères sur son talent, avec des conséquences qui peuvent être importantes pour la suite des carrières. Et donc que, avant même l’arrivée sur le site, les organisateurs du concours Sumi Jo (2ème édition) se soient préoccupés du bien-être et de la cohésion d’un groupe de jeunes artistes venant de tous les coins du monde n’était pas sans importance. Comme nous l’ont confirmé certains des postulants, insuffler une part de camaraderie dans l’esprit de compétition contribue à éviter toute pression inutile. Alors, bien sûr, à cet égard, que le château de la Ferté-Imbault (situé en Sologne) soit un endroit hors du temps, propice à une préparation et à un travail dans d’excellentes conditions, ainsi qu’à l’aménagement de moments salvateurs de repos et de convivialité s’est avéré être une évidence. Et que les transports entre le château et les lieux d’hébergement aient été assurés par des véhicules de luxe signé Hyundai (l’un des sponsors) a été l’une des luxueuses cerises sur ce gâteau d’excellence.

Les auditions, les concerts réunissant des lauréats de la précédente édition 2024 qui ont eu lieu les soirs, ainsi que et les masterclasses de Sumi Jo en journée avaient lieu dans les grands communs rebaptisés « grande galerie des miroirs », un bâtiment attenant au château et fort bien aménagée grâce aux talents artistiques de Geoffroy Medinger, le copropriétaire du lieu avec son compagnon (et président du jury) Olivier Ojzerowicz-Medinger . La chaleur étouffante qui touchait toute la France était, évidemment, perceptible, mais, globalement, ni les artistes, ni les membres du jury et spectateurs n’en ont trop souffert. Le public était invité à pouvoir se joindre à la compétition comme aux concerts moyennant des forfaits à la journée vendus à sommes modestes.
Assister à l’audition de chanteurs qui ont une expérience variable et, parfois, limitée, c’est nécessairement, pour nous qui sommes habitués des artistes des grandes salles, un exercice qui doit combiner critique bienveillante et humilité, ce qui n’exclut parfois pas l’enthousiasme de la découverte d’une voix que l’on a hâte de voir en action dans un beau rôle.L’on ne dira évidemment pas que l’on a été conquis par tous les candidats (c’est la règle du jeu !), mais, parmi les 24, figuraient de belles découvertes ; et alors même que nous ne faisions pas partie du jury, la tentation était grande de faire nos propres pronostics, question de voir au moins s’ils recoupaient les choix des professionnels triés sur le volet (voir notre précèdent article). Et chut ! Mais déjà émergeait pour nous une gagnante incontestable (dont nous garderons le secret jusqu’à la proclamation des résultats).

Très intéressants (et parfois révélateurs de la personnalité du ou de la candidat.e) étaient également l’aisance scénique ou le choix des répertoires pour les deux airs donnés par chaque candidat.e, entre prise de risque ou maintien prudent dans la zone de confort, entre airs de grands opéras et lieder, entre baroque et romantique…
À notre départ, le troisième jour, huit candidates et candidats avaient été sélectionné.e.s. Il s’agissait d’Alejandro Baliñas Vieites (basse espagnole, 28 ans, ex-membre de l’Académie de l’Opéra de Paris), de Iana Diakova (mezzo-soprano russe, 30 ans), de Paul Germanaz (ténor français, 22 ans), de Paula Iancic (soprano roumaine, 32 ans), de Hyerim Kim (soprano sud-coréenne, 28 ans), d’Eric Jongyoung Kim (ténor sud-coréen, 31 ans), de David Pogana (baryton roumain, 29 ans), de Seungho Yoo (basse sud-coréenne, 26 ans).
La soprano ukrainienne Evelina Liubonko (29 ans) a ensuite été « sauvée » par le vote du public lors de la petite finale qui a eu lieu jeudi 9 juillet, ce qui n’était que justice. Le baryton américain Trevor Haumschilt-Rocha (27 ans) et la mezzo-soprano chinoise Fei Sun (26 ans)
À notre goût, ne manquait à cette sélection que l’excellente mezzo-soprano néerlandaise Jessica Stakenburg (30 ans).

Enfin, l’exercice a été complété, lors de deux concerts, par la confirmation des talents révélés lors de l’édition du concours 2024, l’un avec Fanny Valentin et Alexandre Baldo le lundi soir, l’autre avec Lina Tsiklauri et George Virban le mardi soir.
Les résultats seront dévoilés ce samedi soir. Ce qui entrainera forcément un update de cet article pour célébrer les gagnants.
Visuels : © concours Sumi Jo 2026 et © Paul Fourier