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18.04.2026 → 02.05.2026

Festival de Pâques de Deauville : la Russie entre grincements et éclat

par Yaël Hirsch
21.04.2026

Rachmaninov, Schnittke, Tchaïkovski : trois manières d’être russe, trois manières d’habiter la musique de chambre. Le 19 avril, dans la salle Arqana encore baignée de lumière normande, Gabriel Durliat, Kojiro Okada et leurs complices du Festival ont proposé un programme d’une cohérence redoutable — de la décadence postromantique à la valse déglinguée, jusqu’à l’éclat solaire du Souvenir de Florence.

Yves Petit de Voize, le directeur du Festival, nous prévient : le programme du 19 avril est original. Et Philippe Hattat d’ajouter que ce programme est long et généreux. ce concert de dimanche après-midi où les parents et grands-parents les plus audacieux ont amené de jeunes auditeurs pour voir un trio de compositeurs russes de trois moments de l’histoire très divers : Rachmaninov, Schnittke et Tchaïkovski.

Rachmaninov, deux pianos et une renaissance

Du côté du post-romantisme, Rachmaninov, et sa Suite pour deux pianos n° 2 op. 17,  une œuvre de renaissance et l’occasion d’entendre comment réagit la salle lorsque deux pianos l’habitent en majesté. Composée en 1901 après la dépression provoquée par l’échec de sa Première Symphonie, elle porte encore la lumière de l’Italie où Rachmaninov s’est refait. Les solistes Gabriel Durliat et Kojiro Okada l’abordent comme un organisme vivant avec deux pianos qui évoquent tout un orchestre qui s’élancerait dans quatre danses.

Le premier mouvement « Alla Marcia » nous élance dans une marche hyper rapide, avant qu’un moment plus léger et romantique ne vienne aérer la salle. La valse tourbillonne avec une clarté et une joie croissantes : Okada, d’une sensibilité très romantique, et Durliat qui claironne, construisent quelque chose qui monte, qui s’illumine. Et l’on pense en soi-même au Concerto n°2. Le troisième mouvement de « Romance » nous replonge dans Chopin, avec ses motifs qui avancent par petites touches et ses rêveries qui nous parviennent en vagues graves. La «Tarentelle» finale commence dans les graves, il y a de la vendetta et du drame dans le dialogue des instruments, et une bouffée d’énergie galvanisante.

Schnittke, ou la valse du deuil

De l’énergie, il nous en faut, car la pièce suivante est terrible. Composé en 1976, après la mort de sa mère, le Quintette pour piano et cordes d’Alfred Schnittke est l’œuvre la plus contemporaine et la plus désespérée du programme. Né en 1934 en URSS dans une famille juive d’origine allemande, mort à Hambourg en 1998, Schnittke est à la fois disciple de Mahler et du grotesque soviétique, compositeur contemporain et aussi de musique de films. Le public de Deauville commence à le connaître — et à l’apprivoiser. Philippe Hattat au piano, Vassily Chmykov et Emmanuel Coppey aux violons, Caroline Sypniewski au violoncelle et Paul Zientar à l’alto, nous emmènent jusqu’au bout de cette pièce lugubre et grimaçante. Le premier mouvement, Moderato, tranche avec le début de la soirée et avec le concert de la veille par sa lenteur maîtrisée. Le piano semble désolé, les cordes grincent et dialoguent dans une atmosphère de fin du monde. Le temps passe, menaçant, bourdon sourd jusqu’au silence. Le deuxième mouvement est une valse, certes, mais cauchemardesque. On s’imagine dans une fête foraine après une hécatombe dans un film des années 1970 à la Jean-Pierre Mocky. Le premier violon vibre comme une alarme, le piano est un métronome sourd et menaçant, les cordes montent en criant quand le piano s’emballe, puis tout se désagrège : le vent dans les arbres d’hiver, et le piano qui semble sonner les vêpres, dans l’Andante ; chaque touché est perçu comme un coup.  La dissonance arrive à son comble au quatrième mouvement, puis les cordes bourdonnent… Et dans le final, le premier violon devient peu à peu plus lyrique, un peu d’espoir filtre, à peine, avant que le silence ne se referme sur cette pièce qui semble plus parler de la mort du monde que de celle d’une mère.

Tchaïkovski, ou l’éclat

Après l’obscurité de Schnittke, un peu de lumière de fin de week-end nous redonne le sourire, pour retrouver tous les vents de ce concert réunis pour un sextuor magique. Le Souvenir de Florence op. 70 fait l’effet d’un contrepoint lumineux, presque insolent, à l’angoisse qui précède. Coppey et Chmykov échangent leur place et le premier mène ce bal, parfaitement dansant. L’Allegro con spirito initial est tonique, avec ses jeux d’échos et une structure à la fois complexe et solide. L’intensité et la vitesse ne cessent de croître. Le deuxième mouvement offre à Emmanuel Coppey un solo romantique impressionnant, qui contient la juste dose de « schmalz » viennois, et auquel répond magnifiquement Quennesson. La lumière croît par grands dialogues verticaux et joyeux d’archets. Les silences qui séparent les mouvements sont maîtrisés, la douceur caractérise le troisième et le quatrième et dernier mouvement est carrément éclatant.

De quoi nous donner très envie de revenir – et si possible souvent ! – d’ici le 2 mai.

visuel : YH