Pour célébrer le bicentenaire de la naissance de la photographie, LE BAL expose 120 tirages de la collection privée de Michael et Jane Wilson jusqu’à janvier 2027.
L’espace entre nous, imagine un lieu fait d’objectifs croisés et d’images reflets. S’invitent alors entre ces murs Weegee, Shoji Ueda, Dorothea Lange, André Kertesz, Francesca Woodman, ou encore Tomoko Sawada.
Quel espace se forme lorsque la photographie intervient entre nous ? De chaque côté de l’appareil, le/la photographe et son sujet, se font face. Seul l’objectif délimite les rôles de chacun.es. Sur des générations de photographes et des années de clichés, les mêmes questions se posent. Où se situent les frontières du voyeurisme ? Jusqu’où le photographe peut-il aller, entre observation indiscrète et immersion concernée ? Le regardeur et le regardé sont-ils complices ou distanciés ?
Le parcours d’exposition instaure un mouvement réflexif et un dialogue entre ces récits photographiés et les visiteur.ices. De la prise sur le vif au modèle ou de l’instantané à la mise en scène, la centaine de tirages rend hommage aux multiples manières de photographier.
Ensemble, la collection et la scénographie permettent des rencontres exceptionnelles. Par exemple, un trio entre Graciela Iturbide, Frida Kahlo et Tina Modotti émerge. Chacune se regarde.
Dès qu’elle se constitue, une collection est imprégnée de la subjectivité de son ou sa créateur.ice. De regards en regards se dessine l’espace entre nous : qu’il s’agisse de celui des artistes ell.eux mêmes, des collectionneur.euses, des acteur.ices de l’exposition, ou des visiteur.ices. L’exposition est ponctuée de textes signés par l’écrivain Bertrand Schefer, transformant l’expérience en balade subjective.
C’est en cela que se déploie la particularité de l’exposition. Elle nous guide entre la subjectivité des un.e et des autres et raconte l’histoire(s) qui se cache(nt) derrière un instant capturé.