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18.06.2026 → 21.06.2026

Art Basel 2026 : multiples, digital et matières surprenantes à l’honneur

par Yaël Hirsch
17.06.2026

Miami, Hong Kong, Paris et Doha… Désormais quand Art Basel a lieu sur la Messeplatz de Bâle, on parle du « flagship » du mastodonte des foires internationales. Dans le sillage de la Biennale de Venise et désormais sous la houlette de Ruba Katrib, Chief Curator et Director of Curatorial Affairs au MoMA PS1, Art Basel fait converger tous les aspects de l’art contemporain et du design au cœur de l’Europe du 18 au 21 juin. Cult.news était en Suisse, donc, pour assister à la preview de ce moment intense, joyeux et tentaculaire.

En juin, le monde de l’art est à Bâle

290 galeries venues de 43 pays participent à ce Grand événement qu’est Art Basel. Et avant l’ouverture, les visiteuses et visiteurs de ce grand événement sont ceux et celles qui collectionnent ! Avec cette spécificité désormais instauré à Bâle : le label « Basel Exclusive », qui exige de la part des galeries participantes de montrer en primeur au moins trois oeuvres sur place.

Art Basel, ce sont sont deux étages où les galeries se réunissent en Hall 2, avec une offre aussi pléthorique que muséale au rez-de-chaussée (avec des galeries comme Gladstone, Nahmad, Hyundai, Haas, Christian Stein, Acquavella, Anthony Meier, Tornabuoni Levy Gorvy Dayan, Ortuzar) et de grandes galeries (dont Obadia, Vielmetter, Perrotin, Thumm, Continua) avec des propositions plus osées au premier étage.

Si vous cherchez des vidéos : visez l’étage du haut. Des Picasso à des Hodler : direction le rez-de-chaussée.

Mais Art Basel ce sont aussi des sections supplémentaires au coeur de la Messeplatz : le désormais incontournable Unlimited où les galeries proposent des installations plus grandes que nature et, cette année, en lieu et place du Design, la troisième édition de la section numérique de la foire, Zero 10, placée pour l’occasion sous la direction de l’artiste Trevor Paglen et du spécialiste de l’art numérique Eli Scheinman.

Art Basel ce sont aussi 59 projets, des Cabinets de curiosités qui permettent aux galeries de mettre à l’honneur un ou une artiste, des Statements qui permettent au coeur de chaque étage de découvrir un ou une artiste par galerie, des conversations, un espace d’art pour les enfants et aussi, au-delà de la foire, des parcours dans toute la ville.

Et les stars de cette édition sont … des femmes !

Les artistes mises en avant dans Unlimited ou dans les grandes expositions qui marquent le temps de la foire se retrouvent dans les stands : ainsi de Helen Frankenthaler qui est le sujet d’une merveilleuse exposition au Kunstmuseum et qu’on retrouve chez Yaresart.

L’artiste américaine disparue en 2011 marque bien une tendance de marché qui va vers des artistes femmes peintres de la couleur qu’elles soient pop ou expressionnistes abstraites : ainsi de Barbara Kruger chez Lévy Gorvy Dayan, Wangechi Mutu chez Victoria Miro, Isa Genzken chez Buchholz, Isabelle Ducrot chez Sadie Cole, Jacqueline Humphries chez Matthew Marks.

On remarque aussi Sabine Moritz chez Pilar Corrias ou Marcelle Cahn chez Jocelyn Wolff.

Et côté girlpower, on adore absolument les oeuvres conjointes de Tracey Emin et Louise Bourgeois chez Carolina Nitsch. On adore retrouver Vanessa Beecroft et Eva Jospin à Unlimited.

De la couleur, des matières surprenantes et des additions

Regardons aussi un peu du côté des artistes masculins… Présent à Unlimited  et remarque dans la foire, Edouard Arroyo marque bien une tendance : celle de la couleur.  En effet, même si Unlimited commence sur une note menaçante avec une installation d’habits noirs de police de Los Angeles signée Chris Burden (1993), le minimalisme ne passe pas par Bâle cette année.

Et il y a lieux, les 2 et 3D savent nous bercer de matières et/ou d’illusions. Ainsi, ce n’est pas un hasard si El Anatsui est présent dans plusieurs galeries.

On aime cette année les grands paravents qui font penser à des icônes orthodoxes (Mimmo Paladino chez Christian Stein) et encore mieux : la matière précieuse et dure qui semble douce comme du taffetas (Kathleen Ryan chez Karma) ou molle comme du caoutchouc (la grecque Andreas Lolis chez The Breeders).

Mais la grande tendance la plus marquante de cette édition 2026 est peut-être celle d’empiler et d’ordonner les oeuvres. Ainsi Julian Charrière qu’on trouve au Musée Tinguely et chez Sies + Höke… Et la question est : Pourquoi s’encombrer d’un mastodonte quand on peut former toute une collection et la classer pour un effet boeuf ? Ça marche avec des clichés de photographes (Gordon Parks chez Jenkins Johnson, 20 ans de travail Peter Hujar réuni à Unlimited…) mais aussi avec des œuvres de April Bey chez Vielmetter ou des panneaux de diverses taille peints par Atsushi Kaga réunis chez mother’s tankstation.

Une fois les oeuvres encadrées, il est en plus possible de changer leur disposition, et ça c’est très joueur !

Des offs surprenants et généreux

De manière générale, si le marché est hyper sérieux et les prix se comptent souvent en centaine de milliers d’euros, le jeu est très présent dans la découverte de la foire et de ses offs.

C’est dans une église que la magnifique foire de Design Maze a élu domicile cette année.

C’est au-dessus d’une cour et dégringolant vers une scène de théâtre que la foire de photo de Bâle s’expose en centre-ville.

Liste, le of n°1 de Art Basel, continue de s’exposer à deux pas, en Hall 1, dans un espace somptueux où les enfants ont aussi leur terrain de jeu.

Et surtout Bâle a désormais son Basel Social Club. Ouvert de 16 h à 3h du matin dans d’anciens bureaux près du marché et de la gare, le Club propose de la gastronomie, des concerts et de performances non stop sur plusieurs étages, tout en réfléchissant sur la question du labeur.

Pour Cult.news, il est temps de retourner au bureau pour écrire, mais à Bâle; la fête commence.