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16.05.2026 → 16.05.2026

Cannes, jour 4 & 5 : James Gray en mode mafia, Sorogoyen puissant et le rendez-vous raté avec l’horreur coréenne

par La redaction
17.05.2026

La compétition bat son plein, ce week-end-end des 16 mai  et 17 sur la Croisette au comble de l’affluence. On ne circule plus et il y a tout à voir, et même si Scarlett Johansson n’a pas monté les fameuses marches du Palais des Festivals (elle était en tournage), Adam Driver accompagnait James Gray. Mais notre chouchou de la compétition est El ser Querido de Rodrigo Sorogoyen, où Javier Bardem brille de mille feux violents.

Par Paul Fourier, Amber Kinui, Rachel Rudloff, Yaël Hirsch et David Hanau.

Colony de Yeon Sang-ho en séance spéciale

Il faut bien commencer une journée à Cannes avec un film même quand il est… mauvais. Colony du Coréen Yeon Sang-ho se présente comme Die Hard au pays des zombies, avec un soupçon d’Alien. Mais en réalité, on peine presque à le classer dans le genre horreur tant il réutilise des recettes déjà vues. Mettant en scène une prof de biotechnologies qui se retrouve témoin, à une conférence, d’un virus qui contamine tout l’immeuble au cœur de Séoul avant que les infectés ne se mettent à ramper… On ne sursaute pas plus de deux fois devant le grand écran et on en sort un peu navré.

Sorogoyen ou la difficile reconstruction d’une relation père-fille

Un réalisateur célèbre propose un rôle en or à sa fille qu’il a abandonnée treize ans plus tôt. Elle saisit l’opportunité, bien consciente que ce rôle va rouvrir des blessures et des non-dits passés… Avec El ser Querido, Rodrigo Sorogoyen nous offre un film âpre et même violent. Javier Bardem y est superbement inquiétant.

Lire notre critique.

James Gray et le retour dans les eighties

Dans les années 1980, dans le Queens, deux frères très différents s’unissent pour une affaire douteuse liée à la mafia russe, une initiative qui les entraîne dans un engrenage qui remet tout en cause. Avec Paper Tiger, James Gray signe un film virtuose de mafia. Le problème, c’est que Little Odessa était bien plus fin et déjà très nostalgique, et que le scénario fait penser à des dizaines de films du genre vus depuis quarante ans, De Palma et Scorsese compris. C’est très bien joué, c’est haletant, Scarlett Johansson et Adam Driver sont convaincants, mais cela n’apporte malheureusement pas grand-chose au genre ni au cinéma américain.

 

Soudain ou la possibilité d’une Palme

Nous avons rattrapé en projection Soudain, le nouveau film de Ryūsuke Hamaguchi, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les 3h16 ne se sont pas senties. Ou plutôt si : Hamaguchi assume délibérément l’étirement du temps, ces longues discussions qui reviennent en boucle, ces scènes qui se répètent comme pour mieux creuser leur sillon, jusqu’à donner l’impression de passer une nuit entière aux côtés des personnages. Un pari risqué, tenu. Virginie Efira y est une fois de plus magnétique, toute en passion contenue, en professionnalisme habité, tandis que Tao Okamoto lui offre un contrepoint d’une douceur et d’une humilité rares, dans un jeu tout en retenue qui n’en est que plus bouleversant. Entre les deux, quelque chose se noue qui tient autant du coup de foudre que de la philosophie de soin. Un film en compétition officielle qui parle de la dignité des aînés, de la folie comme résistance et de l’humanitude comme pratique, et peut-être l’un des grands films de cette compétition.

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Virages, une virée dans le Genève underground à l’ACID

À 20h30 aux Arcades, l’ACID nous conviait à un voyage dans l’underground genevois. Virages, de Céline Carridroit et Aline Suter, est un premier long-métrage qui bouge les lignes tout en douceur. L’héroïne du film, Johanna, reste travailler en ville dans la chaleur de l’été tandis que sa femme est au Mexique. Elle a opéré sa transition à la veille de la trentaine, elle travaille comme ouvrière avec précision dans une horlogerie de luxe et un flyer posé sur sa moto lui rappelle qu’elle a une vieille coccinelle des « années septante » conservée dans un garage. Le début d’une quête où les virages s’enchaînent et où elle-même change de rythme et de tempo. Alors que les réalisatrices connaissent le personnage principal de leur film depuis une dizaine d’années, elles l’invitent à prendre les rênes de ce docu-fiction en 16mm où elle réinvente sa vie et nous permet aussi de rencontrer les personnes qui font « son » Genève. Une ville beaucoup moins guindée que celle qu’on l’habitude de le voir dans des films, entre banques et ONU.

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Dora fait ses débuts à la Quinzaine des Cinéastes

Alors que le premier long-métrage de July Jung, A Girl at my door, avait été sélectionné par Un Certain regard, son nouveau film, Dora, a été présenté en première à la Quinzaine des Cinéastes lors d’une projection dimanche 18 mai à 8h45 et la séance a ouvert sur des questions et réponses. Librement inspiré par le cas d’hystérie que Freud décrit dans ses 5 psychanalyses, le film suit Dora (Doyeon Kim), une jeune-fille renfermée qui quitte Séoul avec ses parents pour s’installer dans la première maison conçue par son père, au bord de la mer, dans l’espoir de surmonter les difficultés familiales. Un film juste et étonnant sur la maladie et l’isolement, vus de Séoul.

A demain pour une nouvelle journée cannoise !