→   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena  →   01.10.2026 : Prix Joséphine 2026 : Camille Yembe doublement récompensée  →   01.10.2026 : Live Nation officialise le rachat de la Plenitude Arena
Agenda
Scènes
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact

« Drill Baby Drill », Khouloud Yassine, rampe, se lève et danse au Théâtre de la Bastille

par Amélie Blaustein-Niddam
06.10.2026
Drill-Baby-Drill-–-Théâtre-de-la-Bastille-–-Paris-10-06-2026_12_58_PM
La Saison Méditerranée bat son plein et nous donne l’occasion de nous rencontrer via des maillages de collaboration et de partages de coûts. C’est dans ce cadre que nous avons pu découvrir Khouloud Yassine et sa quête de verticalité en mouvement.

« Fore, chéri, fore »

Avant de vous parler de danse, revenons à ce slogan politique qui sonne comme une punchline de rap : « Drill, baby, drill ». Il est apparu pour la première fois en 2008 lors de la convention républicaine aux États-Unis, lancé par Michael Steele, et il a été popularisé par Sarah Palin. Ce slogan a ensuite été largement repris par Donald Trump pour justifier sa politique sur la production massive d’énergie fossile. « Fore, chéri, fore » en français. Du côté de la danse, cette idée que les méchant.e.s dirigent (presque) tous les pays du monde. Elle apparaît sur scène en rampant, comme un lézard. Si vous faites un peu de yoga, cela ressemble à un vinyasa coincé. Elle pousse sur ses avant-bras, en pantalon jaune et tee-shirt noir. Un peu comme chez Gourfink, la lenteur est de mise et la traversée de cour à jardin semble se faire à la fois pendant un temps très court et très lent.

S’écraser

Le mouvement évolue, les pieds glissent et crissent et, sur un écran en fond de scène, Khouloud Yassine est décidée à tenir debout encore, à re-tenir encore debout. Spoiler alert, elle y arrive. Mais l’affaire n’est pas si simple : Donald Trump élu et réélu, putain. C’est pas si simple de mettre un pied devant l’autre. Cela donne des voûtes plantaires ultra-plates qui percutent le sol avec la légèreté d’un éléphant. La danseuse va dans ce chemin semé d’embûches pour s’écraser à nouveau, face contre terre. Avant, elle aura, allongée, relevé les deux genoux, elle essaiera même de marcher les chevilles dans le vide.

Nous danserons encore

Parfois, quand la vie vous accule, il faut tout de même aller bosser. Et son travail à elle est de danser ; alors, elle caricature l’image coloniale de la danseuse orientale en en déconstruisant totalement l’allure. Elle devient une statue embourbée dans une grande jupe informe bleue et un pull noir bien strict. Mais les bras, eux, ondulent juste ce qu’il faut pour que les bracelets de grelots tintent et provoquent, dans une légère ouverture de hanche, une ondulation des avant-bras, des coudes jusqu’aux poignets. La musique, importante dans Drill, baby, drill, voyage du son des bombes à une mélodie plus envoûtante. Khouloud Yassine est libanaise, elle vit au rythme de la guerre depuis de longs mois. La pièce a des allures de manifeste qui passe par le corps. Parler n’est pas vraiment une option ; de toute façon, qui écouterait ? Elle, elle diffracte tout : les hanches, les genoux, tout ce qu’elle possède dans une technique et une écriture maîtrisées. Ce geste radical et pertinent se donne en écho à un autre solo, dans la petite salle du Théâtre de la Bastille : SaHO de Nivine Kallas, un petit bijou. La soirée est conçue pour pouvoir enchaîner les deux, allez-y !

Depuis le 5 jusqu’au 7 octobre, au Théâtre de la Bastille

Informations et réservations

Visuel : ©Greg Demarque