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Un Requiem Allemand: le chef d’œuvre de Brahms actualisé par David Bobée

par Jean-Marie Chamouard
19.01.2026

Les 15, 17 et 18 janvier 2026, à la Seine Musicale, Insula Orchestra et le chœur Accentus interprètent, sous la direction de Laurence Equilbey « Un Requiem Allemand » de Johannes Brahms, dans une mise en scène de David Bobée.

Un requiem humaniste

Ce soir l’humanité s’est crashée : la scène de la Seine Musicale est occupée par une carlingue brisée en deux, encore fumante. Des restes de l’avion sortent des rescapés hagards. David Bobée s’est approprié « Un Requiem Allemand » de Johannes Brahms. Pourquoi ce choix ? Pour la beauté de la musique bien sûr, mais aussi pour la vision humaniste de cette œuvre sacrée mais non liturgique. Elle a été composée entre 1857 et 1868, après la disparition de son ami Robert Schumann en 1856 puis la mort de la mère du compositeur. Le livret a été écrit par Brahms lui même à partir de la bible de Martin Luther qu’il lisait quotidiennement. Ce requiem est de style romantique mais l’influence baroque est nette, Brahms admirait Heinrich Schütz et surtout Jean Sébastien Bach. Il prend son origine dans « la cantate funèbre baroque » et va rendre Brahms célèbre. Cette prière humble et confiante, cette méditation devant la mort ne pouvait que séduire le metteur en scène par sa dimension œcuménique, universelle. Son humanisme plaît à notre sensibilité contemporaine. Ce soir il est joué en totalité, mais des œuvres additionnelles de J.S. Bach et de J. Brahms s’intercalent, en toute harmonie, entre les six tableaux du Requiem.

La performance d’Accentus

Un Requiem Allemand est d’abord un chef d’œuvre musical. L’orchestre est dans la fosse. Il accompagne le chœur, paraissant presque fusionner avec lui. Au tout début du Requiem, l’auditeur admirera le murmure sourd des contrebasses et le thème limpide exposé aux violons, une magnifique préparation à l’entrée des choristes. Il notera au début du deuxième tableau, la marche funèbre de l’orchestre, lente, solennelle, ponctuée par les timbales mais aussi tout au long de l’œuvre la douceur des flûtes dans leurs dialogues avec les chanteurs.
Le requiem de Brahms est avant tout une musique pour chœur. La beauté des chants du Chœur Accentus est un ravissement pour l’auditeur pendant toute la soirée. Ils sont 36 chanteurs devenus aussi acteurs sur scène, habillés avec des vêtements du quotidien. Ils chantent sans partition, dans les positions les plus diverses souvent inconfortables, debout sur la carlingue, couchés, à genoux. Leur interprétation nous fait vibrer. Les émotions se succèdent, la tristesse, la douceur, la consolation mais aussi l’allégresse, la puissance. Figure maternelle et protectrice, la soprano Eleanor Lyons apparaît dans une longue robe blanche. Accompagnée des cordes en sourdine et des flûtes, elle chante « Vous êtes maintenant dans l’affliction ». C’est une tendre consolation, un moment très émouvant grâce à la beauté de la mélodie et la chaleur de sa voix. « Seigneur apprend moi que mes jours sont comptés » : pour cet avertissement, les accents de l’orchestre se font pressants puis nous découvrons la voix profonde et puissante du baryton John Brancy. Il chante seul à la fin du concert, accompagné de l’ accordéon une cantate de J.S.Bach ( O Monde je dois te laisser), une douce et superbe prière. Une mention doit être faite à Franck Krawczyk l’accordéoniste auteur de la transcription de plusieurs œuvres additionnelles. Son accordéon accompagne parfois le chœur et achève seul le concert comme en écho de la voix de John Brancy. Une grande réussite.

Le message de David Bobée

« La musique qui se donne à voir, on l’entend mieux », nous dit David Bobée. Et il y a beaucoup à voir, le spectacle est total ! Le metteur en scène joue sur les contrastes : alors que nous pouvons lire les textes bibliques du requiem, sur l’écran s’affichent simultanément des images inquiétantes de l’enfer, des morts après la bataille, des ruines après des bombardements, d’incendies aussi. Mais il s’agit avant tout d’un ballet moderne comme l’attestent les déplacements des chanteurs. Ils sont stylisés, savamment étudiés, parfois lents et solennels parfois erratiques. Le deuxième tableau « Car toute chair est comme l’herbe » déplore les souffrances humaines. Une danseuse, Yingyu Lyu apparaît. Fragile, en déséquilibre, elle ébauche une danse. Ses mouvements, élégants expriment la douleur. Elle semble vouloir arracher le mal de son cœur avant de tomber inanimée. Nous découvrons aussi un comédien « chansigneur », Jules Turlet. Ses gestes épousent les phrases musicales, il traduit en langage des signes les phrases musicales. Autre surprise, l’apparition d’un acrobate. Suspendu à un fil, ses contorsions témoignent de la dure condition humaine .
La mise en scène de David Bodée nous fait vivre des situations diverses. Elle évoque l’appel au secours et la volonté de paix lorsque les chanteurs implorent le ciel les mains levées et qu’un homme monte avec un drapeau blanc sur la carlingue. Elle nous fait toucher du doigt la précarité lorsque les rescapés improvisent un camp de fortune et l’errance lorsqu’ils arpentent la scène tels des spectres. Mais il nous transmet aussi l’espoir comme dans la deuxième partie du Requiem de Brahms qui est une acceptation, une consolation. Les hommes marchent maintenant vers l’avant, ils démontent le camp de fortune, rangent leurs effets alors que la musique devient éclatante, triomphante. « Je vous confie un secret : nous ne mourrons pas tous mais serons transformés ».  Si la consolation, la rédemption ne sont plus réservées seulement dans l’au delà, elles nous sont accessibles ici, mais impliquent une profonde transformation de notre humanité. Tel pourrait être le message conjugué de Brahms et de David Bodée au terme d’une soirée illuminée par la beauté de la musique. Une soirée mémorable grâce à une mise en scène audacieuse, peut être dérangeante, mais émotionnellement très forte.

Visuel © :JMC