Pour sa sixième édition, le festival Soeurs Jumelles se tiendra du 23 au 28 juin 2026 à Rochefort. Lieu de rencontres entre le monde de la musique et celui de l’image, les six jours de festival offrent une grande diversité d’événements, projections, concerts et rencontres artistiques. Rencontre avec Julie Gayet, réalisatrice et fondatrice du festival.
Tout le temps ! C’est bien sûr lors des rencontres professionnelles, débats, petits-déjeuners, déjeuners qui leur permettent de se retrouver. C’est aussi le soir, avec les concerts et les projections des un.es et des autres, puis lors de la troisième partie de soirée, où, comme à Cannes, les rencontres se font de manière un peu plus informelle. Tout est organisé pour les rencontres, pour pouvoir à la fois profiter et regarder le travail de tout le monde, mais aussi pour pouvoir échanger ensemble.
Oui, on retrouvera Camille Symphonique, qui a composé la musique du film Emilia Peréz de Jacques Audiard, l’idée étant que la première soirée d’ouverture du festival soit toujours dédiée aux grand.es compositeur.ices de musiques de films. L’année dernière, c’était Nick Cave, qui a lui-même beaucoup composé pour les séries et le cinéma. Cette année, on voulait aussi faire de la place pour de la musique symphonique. Pour la soirée du mercredi, Camille Symphonique viendra accompagnée de l’Orchestre National de Bordeaux pour présenter son travail artistique, pour Emilia Peréz mais pas seulement. On retrouvera la chanteuse Dom la Nena aussi.
Oui, car pour les professionnel.les, ce n’est pas un festival comme un autre, il y a des synergies qui se créent, ce qui est assez rare. Pour elleux, c’est une petite pause, un pas de côté où on vient raconter autre chose. Cristobal Tapia de Veer, qui est un grand compositeur de musique de films, est déjà venu l’année dernière et reviendra cette année avec une nouvelle musique pour le film Nuisance Bear. Je pense qu’il a aimé cette transversalité de notre festival, les échos entre le monde musical et le monde du cinéma.
Oui, complètement ! Avoir de la musique pour l’image et de l’image pour la musique, c’est vraiment la spécificité du festival. Mettre des films en inédit avant qu’ils ne paraissent en France, ou bien projeter des films en lien avec nos invité.es, c’était vraiment notre objectif. La captation est très importante aussi, la manière de filmer les musicien.nes, de présenter son travail. Le cinéma et la musique sont soeurs jumelles, l’idée est donc de mettre à l’honneur l’un aussi bien que l’autre.
On a envie de tout voir, c’est très frustrant ! Mais c’est comme ça dans tous les festivals, et ça nous permet aussi d’offrir des liens, de la transversalité, et très important pour nous, d’avoir une programmation qui parle au grand public. Tout le travail qu’on fait, c’est avant tout pour permettre aux gens de se rassembler, de vivre une expérience commune. On vit tellement dans une société où chacun.e vit dans son coin que ça nous semblait important de créer un festival un peu nouveau et différent.
Ça dépend tellement de la sensibilité du sujet ! J’aime bien l’idée d’un lieu où l’on puisse découvrir des musicien.nes, des propositions différentes pour voir ce qui se fait dans d’autres œuvres pour amener encore plus d’originalité. C’est pour ça que je suis très fière que Cristobal Tapia de Veer aime ce festival, car je crois qu’il y a eu un avant et un après de la musique de The White Lotus ou de Utopia. Il a complètement bouleversé la musique à l’image. Dans notre festival, on cherche toujours à ce que la musique corresponde aux goûts des réalisateur.ices présent.es, mais ça reste toujours très varié.
Propos recueillis par Yaël HIRSCH
Retranscription réalisée par Marilou COGNEE
Visuel principal © extrait de l’affiche du festival