À peine entre nos mains, le nouvel album jeunesse d’Anjuna Boutan nous donne du baume au cœur. Sur la couverture, un doudou, fermement tenu par une propriétaire aux taches de rousseur, nous regarde avec douceur. Avec Zouki et moi, l’autrice-illustratrice fait germer nos imaginaires de couleurs chatoyantes. Par la main tendue et les mots simples de Zouki, cette histoire traverse le harcèlement scolaire d’une narratrice au ventre noué, et se transforme en une réelle ode à la douceur et à l’amour.
Dans cet album jeunesse, l’illustratrice a choisi de nous offrir un récit au travers des yeux d’une petite fille. Cette immersion nous plonge immédiatement dans le cœur de la petite fille au « ventre noué ». Ne pas voir son visage, mais ses genoux au pantalon côtelé, nous la fait imaginer la tête baissée, la tristesse et l’angoisse au corps.
Harcelée, insultée et écartée, la narratrice subit ses moments à l’école, et plus particulièrement celui de la récréation. Si l’on voit rarement son visage, ceux de ses camarades nous apparaissent en grand, sur un fond orangé oppressant.
Avec ses mots, elle nous explique ce qu’elle ressent et nous fait traverser à ses côtés des souvenirs d’enfance.
Tenir Zouki caché dans sa poche : voilà le secret tout doux de la petite fille. Grâce à lui, à son sourire qu’elle regarde pour se rassurer, une bulle d’air s’ouvre dans ce douloureux quotidien scolaire. Sur la planche, celui-ci est ajouté dans un carré, en plein milieu du dessin, telle une fenêtre vers laquelle s’évader.
Cette échappatoire se crée par l’alliage dans sa poche : les graines et Zouki provoquent l’éruption d’une forêt enchantée où ce dernier est un doudou géant qui parle.
Alors, ils se promènent ensemble dans un monde merveilleux qui occupent l’entièreté de plusieurs pages : les champignons ont des bouches en cœur, des joues rosées, tandis que la flore se conjugue aux couleurs fluorescentes de l’arc-en-ciel.
Le pas de côté et la main tendue que lui propose son doudou, aident la narratrice à revoir le bleu du ciel et à reprendre confiance en elle. Au travers ce voyage dans un imaginaire réconfortant, la petite fille découvre qu’elle n’est pas si seule…
En posant des mots simples et juste sur les sentiments que provoque le harcèlement scolaire, l’autrice-illustratrice sensibilise à cette souffrance, possiblement présente dès le plus jeune âge.
Alors, s’inventer des mondes où habiter, des paysages à peupler, des galaxies à construire, voilà ce que nous propose Anjuna Boutan et ses champs de fleurs infinis, qui sentent la quiétude, l’amitié et le soleil.
Véritable ode à l’amour de soi et à l’amitié, Zouki et moi, cultive un imaginaire qui aide à rendre plus belle la réalité et à s’offrir des horizons colorés.
En librairie depuis le 2 avril, cet album jeunesse offre un propos simple, intime et bouleversant.