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« Survivre » : l’appel à l’aide de Marianne Chaillan à la philosophie

par Jean-Marie Chamouard
19.03.2026

Marianne Chaillan est professeure de philosophie à Marseille et autrice de plusieurs essais. Dans « Survivre » (L’observatoire) elle questionne la philosophie sur un point essentiel: peut elle atténuer notre angoisse de la mort et ainsi nous aider à mieux vivre.

Les réponses de la philosophie à notre finitude

« Il nous faudra tout perdre ». Très tôt dans sa vie Marianne Chaillan a été habitée par la peur de la mort en particulier pour ses proches, craignant d’être engloutie par le sentiment de l’absurde. Étudiante en philosophie, elle ne pourra pas terminer sa thèse sur la mort chez Spinoza. Elle partage l’avis de Simone de Beauvoir: la mort est un scandale, une violence indue.
Pour surmonter cette souffrance, elle décide d’interroger la philosophie, en commençant par la philosophie antique qui avait pour but d’aider à vivre.
Elle ne retient pas la sérénité socratique face à la mort, n’adhérant pas à son rejet du corps, à son dualisme corps-esprit. Les principes stoïciens lui paraissent trop austères, trop ascétiques, il ne faudrait pas passer à coté de la vie en voulant éviter de souffrir. Elle est plus sensible à la maxime d’Épicure : « Tant que je suis vivant la mort n’est pas là et quand la mort existe nous ne sommes plus ». Imparable ! Mais cela ne nous console guère des souffrances de la maladie ou de la mort d’un proche. Alors elle poursuit sa quête. Avec Montaigne, qui après son grave accident, nous conseille d’accepter la finitude et de nous concentrer sur le présent. De Nietzsche elle retiendra l’amour inconditionnel de la vie. Elle sera surtout inspirée par Spinoza. Le philosophe reconnaît que la mort est un mal mais en écartant la contingence, en relativisant le libre arbitre, il développe une philosophie de la nécessité. Elle va s’avérer apaisante pour l’autrice.

La libération de Marianne Chaillan

« Survivre » n’est pas seulement un essai philosophique. Marianne Chaillan part de sa vie personnelle, elle décrit ses émotions, ses objets fétiches, son chagrin après le décès de sa grand-mère. Professeur de philosophie elle nous parle de ses cours, elle fait un lien entre le livre et ses élèves ce qui rend le texte très ancré dans la vie réelle. Elle admire la dignité de l’amie de sa mère qui a choisi le suicide assisté et plaide en faveur de la loi sur la fin de vie. Le style de l’autrice est fluide d’accès facile avec un grand sens de la formule en particulier dans la longue introduction qui relate sa révolte face à la finitude. Outre la philosophie, ses références sont aussi littéraires, elle explore les œuvres d’Albert Cohen, Annie Ernaux, Marguerite Duras mais ne néglige pas les apports du cinéma et de la musique.
Ce livre est aussi une quête personnelle. Peu à peu le nœud d’angoisse se dénoue. Certains auteurs ont été ses thérapeutes : Camus lui a appris l’émerveillement face à la beauté du monde, Amélie Nothomb la nostalgie heureuse. Et surtout, il y a Spinoza : vingt ans plus tard elle est prête à recevoir la leçon de ce dernier. Ce livre très personnel se termine par un hymne à la vie. Sans nier les souffrances liées à la perte, Marianne Chaillan veut vivre plus intensément. Avec l’écriture de ce livre, grâce à la philosophie, elle est passée « de survivre à sur-vivre ». Le défi et la solution étaient bien dans le même mot et cet essai devrait encourager les lecteurs à « sur-vivre ».

Marianne Chaillan, Survivre, éditions de l’Observatoire, 180 pages, 21 Euros, sortie le 22 01 2026.