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« Où vont les âmes », entre tendresse et (trop) de retenue

par Arthur Cormerais
05.10.2026
Capture d’écran 2026-10-05 161326

Le prochain film de Brigitte Poupart sort en salle mi-octobre. Si l’audace de traiter du houleux sujet de l’aide à mourir est saluable, on peut regretter que le film passe un peu à côté de son sujet. Une critique Cult.

Un sujet brûlant

 

Votée cet été en France, l’aide à mourir  suscite et suscitera toujours moultes commentaires et débats. Loi inhumaine et anti-chrétienne pour les uns, loi validiste pour les autres, il est certain qu’on est soulagé de pouvoir proposer un départ plus doux aux personnes que l’on aime. Mais tout autant qu’un malaise monte quand cette aide à mourir concerne des personnes malades, mais jeunes. Brigitte Poupart prend ce sujet à bras le corps en filmant les derniers instants en famille d’Anna. Sara Montpetit incarne cette jeune adulte à peine majeure atteinte d’un cancer incurable. Monia Chokri, Sylvie Testud et Julianne Côté nous épaulent dans cette triste histoire, qui cherche à montrer que la vie continuera toujours.

 

 

Un décalage assez adroit

 

En poussant le décalage de certaines scènes, le film semble soutenir l’isolement d’Anna et la violence de la situation. S’enchaînent alors des scènes assez intéressantes avec des écarts de style musicaux particuliers qui appuient la colère des soeurs d’Anna. L’étrange ambivalence entre l’immense solitude d’Anna et son usage intensif des réseaux sociaux est au final assez censé et moderne.

 

Capture d’écran 2026-10-05 160702

 

Le fait est que…

Brigitte Poupart se sert de la maladie pour dérouler une histoire de famille sordide qui interroge la sororité et explique une distance jusqu’alors maintenue entre Anna et ses soeurs. Si bien que le film semble utiliser l’histoire d’Anna comme un prétexte dramatique pour provoquer des retrouvailles. L’idée peut être intéressante, mais Où vont les âmes finit par être pauvre dans son traitement de l’aide à mourir. Au fur et à mesure que le film avance, les interactions entre les soeurs ne concernent plus tant ce que veut dire une telle décision. Peut-être parce que les personnages normalisent et respectent la décision d’Anna ? Oui, mais pas tellement. Le pathos appuyé sur la fin du film ne semble pas tendre vers cette conclusion. Si bien qu’à la fin, nous n’avons pas tant le sentiment d’avoir vu un film sur l’aide à mourir.

 

Néanmoins, Sara Montpetit est touchante, confirmant sa révélation dans Vampire Humaniste cherche Suicidaire Consentant. Il faut aussi souligner le travail de mise en scène et la lumière, assez impressionnante et dont le rayonnement apporte vraiment quelque chose à l’ambiance du film. Au final, Où vont les âmes parvient à saisir une certaine intimité et une vraie alchimie entre les femmes. L’équipe de réalisation majoritairement féminine n’y est sûrement pas pour rien.

Où vont les âmes de Brigitte Poupart. En salle à partir du 14 octobre.