Près de quarante ans après sa mort, Greta Garbo apparaît de nouveau à l’écran. La star hollywoodienne a été recréée grâce à l’intelligence artificielle dans une publicité du groupe industriel SKF. Une prouesse qui fascine, mais qui soulève aussi des questions sur les droits liés à l’image d’une actrice disparue.
Grande star hollywoodienne, Greta Garbo est notamment connue pour ses rôles dans Ninotchka, La Reine Christine et Le Roman de Marguerite Gautier.
Dans la publicité de SKF, diffusée mercredi 30 septembre 2026, on retrouve son visage en gros plan, ses expressions, ses gestes et même quelques répliques. Le résultat est aussi fascinant que troublant.
Craig Reisfield, son petit-neveu, s’est lui-même dit impressionné par le résultat : « J’ai été bluffé par la gestuelle qu’ils ont pu exploiter, ses habits, les images de son visage et même sa voix ».
Pour recréer Greta Garbo, les équipes ont utilisé des prompts textuels sur des outils d’IA générative comme Seedream et Nano Banana Pro. Une véritable actrice a d’abord incarné le personnage, avant que son apparence ne soit transformée par l’IA.
Sa voix, elle, a été reconstituée à partir d’un enregistrement d’un ancien film. Les créateurs assurent ne pas avoir fourni directement de photos ou de vidéos de Garbo à l’IA, ces éléments étant protégés par le droit d’auteur.
Mais derrière la prouesse technologique, une question se pose : peut-on vraiment ressusciter une actrice, même avec l’accord de ses héritiers ?
Dans ce cas, les héritiers ont autorisé l’utilisation de son identité. Mais pour Claire Poirson, avocate spécialisée dans le numérique, le problème est plus complexe. Greta Garbo n’est pas seulement une personne, elle est aussi une icône construite par le cinéma, à travers les studios, les réalisateurs et les films.
« Les héritiers ont le droit d’autoriser la résurrection numérique d’une star, mais est-ce qu’ils ont le droit d’autoriser la résurrection d’une icône cinématographique ? », interroge l’avocate.
Le débat reste encore flou en France. Aux Etats-Unis, l’acteur Val Kilmer, mort en 2025, doit lui aussi apparaître prochainement dans un film grâce à l’IA, avec l’accord de ses enfants. Une pratique qui alimente déjà les discussions autour de la « ghostploitation ».
Visuel : © Greta Garbo