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Isabelle Martin-Bridot : « la danse contemporaine est traversée par une pluralité d’écritures que les Hivernales cherchent à rendre visible ».

par Amélie Blaustein-Niddam
03.02.2026

A la tête des Hivernales, le festival de danse avignonais, Isabelle Martin-Bridot nous parle de cette édition exigeante dans les contraintes qui a ouvert ses portes le 3 avec sa section jeune public, les cultissimes Les HiverÔmomes

Vous dirigez les Hivernales depuis 2017, mais votre histoire avec le festival est bien antérieure. Comment ce parcours s’est-il construit ?

Je dirige les Hivernales depuis 2017, après une prise de fonction qui n’a pas été immédiate mais qui s’est progressivement stabilisée. Mon lien avec le festival remonte cependant à 2004 : j’y ai fait ma première édition en 2005, au sein de l’équipe d’Amélie Grand, Daniel Favier et Céline Bréant. J’étais alors en charge de la communication et j’ai notamment choisi l’image de l’affiche cette année-là.

Avant cela, j’avais travaillé pour le Festival d’Uzès, où j’ai acquis une première expérience professionnelle, notamment en relations presse. Par la suite, les opportunités se sont présentées aux Hivernales, que j’ai rejointes à un moment où la structure avait besoin de renforts. J’ai progressivement pris des responsabilités, avant de présenter ma candidature à la direction.

Les Hivernales comptent parmi les plus anciens festivals de danse en France. Quelle place occupent-elles aujourd’hui dans le paysage chorégraphique ?

Les Hivernales sont un festival historique, probablement l’un des plus anciens dédiés à la danse contemporaine en France. Depuis leur création en 1979, le paysage chorégraphique s’est évidemment considérablement transformé, avec l’émergence de nombreuses structures et festivals, notamment durant des périodes plus favorables à la création. Pour autant, les Hivernales conservent une place singulière, très clairement identifiée par les artistes comme par les professionnels.

Cette singularité tient aussi à leur ancrage territorial. Le festival est resté profondément lié à Avignon et au Vaucluse, conformément à la vision fondatrice d’Amélie Grand. Une étude des publics a d’ailleurs confirmé que les Hivernales s’adressent avant tout à un public local, même si les stages attirent des participants venus d’autres régions. Nous observons également une fidélité remarquable : certains spectateurs organisent chaque année leurs congés autour du festival, ce qui témoigne d’un attachement fort.

La pratique occupe une place importante dans le projet des Hivernales, notamment à travers les ateliers, les stages et les propositions en direction du jeune public. Quel rôle joue-t-elle dans la relation aux publics ?

La pratique est un levier essentiel. Elle permet une approche sensible et incarnée de la danse, qui transforme profondément le regard porté sur les œuvres. Nous le constatons au quotidien : pratiquer la danse ouvre des portes, suscite la curiosité et donne envie d’aller voir les spectacles autrement.

Les ateliers et les masterclasses créent également un lien direct entre les artistes et les publics. Cette proximité favorise une meilleure compréhension des démarches artistiques, y compris pour des formes qui peuvent sembler exigeantes. C’est un travail de fond, inscrit dans la durée, qui participe pleinement au renouvellement et à l’élargissement des publics.

Votre programmation revendique un équilibre entre figures reconnues et artistes émergents. Comment se construit cet équilibre ?

C’est l’une des missions fondamentales d’un centre de développement chorégraphique national. Il s’agit à la fois d’accompagner la création émergente et de proposer des œuvres capables de rassembler largement. Programmer un artiste comme Marco da Silva Ferreira sur la scène de l’Opéra permet de créer un point d’entrée fort : il s’agit aujourd’hui d’un chorégraphe emblématique, dont le travail fédère un public large.

La difficulté réside davantage dans l’accompagnement des artistes en début de parcours, et des formes plus modestes. Faire venir le public vers ces propositions implique un véritable travail de médiation et une prise de risque assumée. Mais cette diversité est essentielle : la danse contemporaine est traversée par une pluralité d’écritures, et c’est cette richesse que les Hivernales cherchent à rendre visible.

Ouvrir le festival avec une pièce fédératrice comme C A R C A Ç A permet d’impulser une dynamique. Le week-end d’ouverture, qui réunit près de neuf cents spectateurs à l’Opéra, joue un rôle structurant pour l’ensemble de la programmation. À partir de là, il devient possible d’accompagner des œuvres plus radicales, comme celle de Marion Blondeau, engagée sur la question des corps invisibilisés, ou d’affirmer la place de langages comme le hip-hop.

Vous ne définissez pas de thématique explicite, mais cette édition semble traversée par la question du lien. Est-ce un constat a posteriori ?

Je ne construis jamais une édition à partir d’une thématique imposée. Mon intention est plutôt de donner à voir ce que la danse contemporaine fabrique aujourd’hui. Cela étant, certains motifs émergent naturellement. Cette année, la question du lien apparaît de manière très nette : danser ensemble, faire corps collectivement.

Cette préoccupation traverse de nombreuses pièces, notamment à travers les références aux danses populaires, traditionnelles ou de couple. Marco da Silva Ferreira convoque des danses folkloriques, Madeleine Fournier explore la danse traditionnelle auvergnate avec Branle, Massimo Fusco interroge la danse à deux à travers ses bals. La danse contemporaine puise aujourd’hui largement dans ces formes collectives, posant la question de la manière de redanser ensemble et de reconstruire du commun.

Dans un contexte de fragilisation accrue du secteur culturel, comment les Hivernales sont-elles affectées par les restrictions budgétaires actuelles ?

Nous manquons encore de visibilité sur le plan financier, les budgets tardant à être notifiés. Mais ce qui est le plus frappant, ce sont les situations humaines. De nombreuses équipes artistiques sont aujourd’hui en grande difficulté et sollicitent de l’aide, que nous ne sommes pas en mesure d’apporter à tous.

Je pense que les effets les plus lourds de ces mesures se feront sentir dans les années à venir, en particulier sur la jeune création, mais aussi sur des artistes plus confirmés. La conditionnalité des aides à la diffusion place certaines équipes dans des situations extrêmement précaires. Le risque est réel : celui d’une perte massive d’emplois et d’une uniformisation progressive des plateaux, liée à l’autocensure de projets trop ambitieux.

Comment, malgré tout, maintenir une ambition artistique forte ?

Cela repose sur une gestion extrêmement rigoureuse. Nous rationalisons l’ensemble des dépenses afin de préserver, autant que possible, la part artistique. L’équilibre est fragile, et nous avançons avec prudence, d’autant que certains financements, notamment régionaux et étatiques, ne sont pas encore confirmés.

Nous avons néanmoins fait le choix de maintenir une édition ambitieuse. L’avenir demeure incertain, et il faudra sans doute procéder à des arbitrages plus contraints dans les années à venir. Pour l’heure, nous faisons le choix d’être pleinement engagés dans cette édition, d’en porter l’énergie et de continuer à défendre une programmation exigeante, ouverte et plurielle.

Du 3 au 21 février à Avignon

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