Depuis des années, les sondages et les statistiques nous alertaient sur l’abstention des « Jeunes » (18-24 ans) (+ de 40 % au premier tour de la Présidentielle de 2022 et près de 55 % au premier tour des municipales de 2026), ce sont les juniors de la « Gen Z» qui manifestent pour réclamer de meilleures conditions d’études : des professeurs présents ou remplacés (iels en ont obtenu 3000), des salles rénovées et chauffées et des emplois du temps humains. Et le mouvement social qu’ils ont initié s’installe, avec selon les sources entre 350 et 450 000 personnes dans la rue, mardi dernier.
Par de-là les violences inacceptable que la police fait subir aux lycéen.e.s qui nous interpellent et nous inquiètent, évidemment, et peut-être pour nous prémunir des récupérations, nous puisons abondamment, ces dernières semaines dans les productions culturelles pour comprendre ce que « les jeunes » ont à transmettre à leurs sociétés en termes d’engagement : nous avons, pèle mêle adoré la série Camarades sur Arte, nous apprêtons à semer et célébrer « nos résistances » au MAIF social Club, interviewé les deux jeunes créatrices de l’association Culturate, qui œuvre à l’accessibilité de la culture aux jeunes, nous sommes rappelées que le mythe Théodora a explosé à la fête de l’humanité.
Toute la culture numérique devient politique. La jeunesse détourne ses propres codes pour mener la bataille des récits : les fameuses « batailles d’aura » qui font fureur sur les réseaux s’invitent au cœur du mouvement social. Une vidéo montrant un élève gardant son calme face à une ligne de CRS surarmés gagne « +10 000 d’aura », tandis que l’absurdité des réponses ministérielles se retrouve tournée en dérision dans des trends virales et des mèmes décapants. Les slogans rivalisent d’inventivité , par exemple « La génération 6 7 fait son Mai 68 ».
Loin d’étouffer la contestation, la brutalité subie agit comme un catalyseur. Les parents d’élèves rejoignent les coalitions de lycéé.n.es et les lieux culturel également, tel La Friche à Marseille le 6 octobre dernier.
Et si « Sois jeune et tais-toi » c’était vraiment terminé ?
Nous avons bien des choses à apprendre aussi de tous les jeunes de l’Histoire… Et une entrée dans le week-end pour commencer à rouvrir toutes et tous nos Cahiers d’écoliers.
Bon week-end de culture et de transmission.
Amélie et Yaël