Cult News a pu s’entretenir avec Christophe Ghristi, directeur artistique de l’Opéra national du Capitole, pour une saison 2026-2027 placée sous le signe de l’audace. Entre retours de légendes, créations baroques et engagement envers la jeunesse, la programmation met l’accent sur le génie français tout en ouvrant les portes à l’international.
Oui, c’est une réalité, même si c’est souvent quelque chose dont on ne prend pleinement conscience qu’après coup. Cette saison est marquée par la présence de quatre piliers du chant français, Sophie Koch, Stéphane Degout, Karine Deshayes et Roberto Alagna, qui abordent tous de nouveaux rôles majeurs. Il s’agit en plus de personnages mythiques, ce qui rend l’ensemble vraiment exceptionnel. Par ailleurs, il y a une forte présence de jeunes chanteurs français dans toute la programmation, y compris dans des œuvres internationales comme Peter Grimes, Rusalka ou Le Barbier de Séville. C’est un point auquel je tiens beaucoup : ne pas cantonner les artistes français au seul répertoire français.
Avec l’ensemble I Gemelli dirigé par Emiliano Gonzalez Toro, nous avions déjà travaillé sur Orfeo et Le Retour d’Ulysse en version semi-scénique. Mais Poppea est pour moi un chef-d’œuvre absolu, d’une puissance théâtrale comparable à Shakespeare. Il méritait une véritable mise en scène. L’idée s’est donc imposée naturellement : créer une production complète, avec le même ensemble instrumental. C’est une œuvre fondatrice du répertoire, au même titre qu’une Traviata.
Oui, et c’est un choix assumé. Ces artistes ont tous une solide formation dans le répertoire baroque, souvent acquise en France auprès de chefs comme William Christie, Christophe Rousset ou Vincent Dumestre. Ils sont donc parfaitement légitimes pour interpréter Monteverdi. J’ai constitué une distribution qui me semblait évidente : Adèle Charvet, Victoire Bunel, Marie Perbost… chacun apporte une couleur spécifique, mais tous partagent cette culture stylistique.
Absolument. Nous recevrons notamment Asmik Grigorian, Nadine Sierra ou Rachel Willis-Sørensen, ce qui se fait de mieux aujourd’hui. Et surtout, ces récitals sont proposés à des tarifs accessibles à Toulouse. C’est une vraie mission de service public : permettre à tous d’entendre les plus grandes voix dans des conditions accessibles.
Pas tant que ça. Il s’est déjà consacré au répertoire wagnérien au Capitole avec Le Vaisseau fantôme. Wagner est une passion pour lui. Ce que j’apprécie particulièrement dans son travail, c’est son rapport très rigoureux au texte : il part toujours du livret et des didascalies, comme un metteur en scène de théâtre.
Michel Fau imagine un univers à la fois gothique et onirique, épique et abstrait, le Moyen Âge vu comme à travers le songe d’Elsa. Il travaille avec le peintre Lilian Euzéby, qui conçoit une scénographie aux confins du mythe et du cosmos.
Parce que Stéphane Degout souhaitait chanter le rôle-titre. C’est un rôle écrasant, et il fallait un interprète à la hauteur. Il connaît parfaitement l’univers de Chausson, notamment ses mélodies, et peut apporter une lecture unique de l’œuvre.
Oui, avec plusieurs créations importantes. D’abord Les Trois Mousquetaires, chorégraphié par Benjamin Pech, sur une musique de Camille Saint-Saëns. Il a construit la dramaturgie à partir de ces pages en mettant notamment en valeur les figures féminines. Nous proposerons aussi Le Petit Chaperon rouge, un ballet dans une chorégraphie d’Andreas Heise, sur une musique de Benoît Menut, destiné à tourner largement.
Certaines sont des coproductions, d’autres issues de notre propre stock. Lohengrin est coproduit avec l’Opéra Orchestre National Montpellier Occitanie, Rusalka avec l’Israeli Opera de Tel-Aviv-Yafo, tandis que Poppea est une production maison pensée pour tourner facilement.
Il existe plusieurs formules : abonnement opéra, abonnement ballet, ou abonnements libres à la carte. Mais nous développons surtout une politique active envers les jeunes publics.
Nous proposons des formats pédagogiques variés : des concerts du chœur, des cours publics du ballet, des répétitions ouvertes dès 8 ans. Les jeunes peuvent ainsi découvrir les coulisses des productions en cours, qu’il s’agisse des ballets ou des opéras.
Nous organisons aussi des rencontres avec des artistes pour les classes de CM1 et 2, autour de productions comme Peter Grimes, Le Barbier de Séville ou Le Couronnement de Poppée. Ces venues s’inscrivent dans un projet pédagogique préparé en amont avec les enseignants.
©Affiche2026-2027