Le film de Ira Sachs nous replonge dans le New York des années SIDA. Rien de nouveau en soi… mais des acteurs magnifiques.
Jimmy George (Rami Malek) est un acteur de théâtre qui s’apprête à reprendre sur scène la performance d’une artiste canadienne. Mais lorsque l’on est atteint de la terrible maladie et que l’on survit à coups de tonnes de médicaments, tout n’est plus si simple, même pour une « diva ». Et, pourtant, toujours flamboyant, il reste The man (everybody) loves, parfois jusqu’à la déraison, parfois en mettant en jeu sa propre vie. Et lorsqu’un voisin sexy en diable (Luther Ford) rencontre pour la première fois Jimmy, ça sent furieusement le coup de foudre. Mais, finalement, Jimmy peut-il encore se préoccuper d’amour quand ses forces (notamment artistiques) le lâchent ?
Les films sur la maladie (et notamment sur le SIDA) ont toujours eu pour caractéristiques de devoir s’appuyer sur des acteurs exceptionnels capables d’aller, littéralement, au bout leur vie. Et Rami Malek l’est (et il peut prétendre à un prix d’interprétation). Il incarne cette soif de vivre et de continuer à jouer ; il incarne ce refus de refuser à faire l’amour, mais aussi l’égoïsme de celui qui n’a plus rien à perdre et privilégie sa jouissance à la vie de ses partenaires. Luther Ford et Tom Sturridge sont « concurrents » dans la quête de son amour. L’un est inconscient, l’autre en a trop vécu pour ne pas être raisonnable. Ils incarnent en miroir, magnifiquement, deux façons d’aimer. L’amour fou, l’amour compagnon… comme dans la vraie vie.
The man I love de Ira Sachs, avec Rami Malek (Jimmy), Tom Sturridge (Dennis), Luther Ford (Vincent), Rebecca Hall (Brenda), Ebon Moss-Bachrach (Gene).
Visuel : © Ira Sachs.
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