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Rencontre avec Jocelyn Bellue, sculpteur ornemaniste sur bois à Marseille

par Cloé Assire
19.03.2024

De passage pour quelques mois à Marseille, la rédaction en a profité pour aller à la rencontre de ses artisan.e.s. Derrière les portes des ateliers phocéens, des savoir-faire, des gestes, des parcours, des hommes et des femmes qui se sont exprimés librement sur leur métier d’art respectif et leurs enjeux. Cult.

C’est au fond d’une cour du 6e arrondissement de Marseille que nous accueillent Jean, ébéniste à la retraite, et Jocelyn, sculpteur ornemaniste sur bois, qui nous feront le plaisir d’une double interview. Accolé à son atelier, celui de Lucile, son épouse et joaillière. À leurs pieds, Jackpot, un adorable cocker noir qui, comme nos hôtes, nous met tout de suite à l’aise. Entre des têtes de rhinocéros, des ours, des planches de skateboard, des compas et couteaux à bois en tout genre attisant notre curiosité, nous dégustons un café tous ensemble, lovés dans cet atelier aux allures de caverne d’Alibaba, pour échanger sur le travail du bois.

Ça consiste en quoi exactement le métier d’ébéniste ?

 

Jocelyn : Si on prend une maison et qu’on la retourne, tout ce qui tombe, c’est l’ébéniste qui l’a fait (tables de chevets, lits…) et tout ce qui reste, c’est le menuisier qui le crée (portes, fenêtres…).

 

Jean : Et il ne faut jamais perdre de vue que les métiers se chevauchent, comme pour ce qu’on appelle les petites et grandes cognées. Si le menuisier est amené à faire des escaliers, cela peut également être du ressort du charpentier par exemple.

 

Et vous, Jocelyn, vous êtes sculpteur-ornemaniste sur bois. Comment en êtes-vous arrivé à faire ce métier ?

 

Jocelyn : À la base, j’ai une formation de menuisier auprès des Compagnons du Devoir de Saint-Barnabé. J’ai effectué mon Tour de France, je suis monté à Pairs, mais des problèmes de dos y ont mis un terme provisoirement. Avec l’accord de la corporation des menuisiers-ébénistes, j’ai alors effectué une formation de sculpteur ornemaniste à l’Ecole Supérieure d’Ébénisterie d’Avignon (ESEA), non loin d’Avignon, puisque cette spécialité n’existe pas au sein du compagnonnage. J’ai par la suite repris mon Tour de France en tant que sculpteur, toujours sous la tutelle de la corporation des menuisiers-ébénistes et je fus donc reçu Compagnon sur un travail de sculpture.

 

 

Quel âge aviez-vous ?

 

J’avais 20 ans lorsque j’ai découvert les Compagnons, j’étais déjà trop vieux. Aujourd’hui, je constate que les autres sculpteurs que je connais étaient déjà à l’établi dès leur 14-16 ans et je pense que c’est mieux d’apprendre les gestes quand on est adolescent, car cela prend du temps d’acquérir le mouvement, il faut dix ans pour être sculpteur. C’est une amie de ma mère qui m’a dit qu’elle me verrait bien travailler le bois ou la pierre. J’ai alors décidé de me réorienter : on n’entend pas assez parler de l’artisanat, du compagnonnage. En France, même si les choses sont doucement en train de changer, on pousse les jeunes à passer le Bac puis à aller à la Fac même si on ne sait pas trop vers quoi cela va déboucher.

 

Il y a de plus en plus de réorientations non ?

 

Tout à fait. Dans ma promotion, nous étions seulement trois à avoir le Baccalauréat. Aujourd’hui, il y a des classes entières de postbac aux Compagnons du Devoir où je suis d’ailleurs encore actif en tant que bénévole.

 

Vous avez l’air d’avoir plein de cordes à votre arc (en montrant une planche de skateboard ornée d’un « Thrasher » enflammé sur la table) ?

 

Jocelyn (rires) : Oui ! Ce qui me fait vivre principalement, ce sont les commandes, avec de l’ornementation pure donc, en général fournies par des menuisiers qui sous-traitent la partie de sculpture. Le compagnonnage m’a d’ailleurs aidé à créer ce réseau. Ces menuisiers ont des chantiers dans toute la France, de Paris à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Ce sont donc eux qui me fournissent la matière première. Je travaille majoritairement depuis cet atelier de Marseille, dont je suis originaire. Je sculpte des éléments rapportés que les menuisiers assemblent ensuite sur leurs pièces, ou bien, je sculpte dans la masse directement, par exemple sur des portes. Il arrive que je doive me déplacer lorsque des raccords sont nécessaires, mais cela est relativement rare. J’ai également des commandes mandatées par des institutions, comme des églises ou des synagogues. En plus des commandes, je donne également des cours ici, à l’étage.

C’est vous qui avez construit la mezzanine ?

 

Jocelyn : Oui, ils sont en général quatre ou cinq élèves variés à s’y retrouver une fois par semaine. Il y a des jeunes, des personnes âgées. Je fais aussi un peu de restauration, notamment avec Jean et, entre deux commandes, je travaille sur des créations. Et en ce moment, sur des planches de skateboard donc.

 

 

Quelle est l’idée derrière ces planches ?

 

Jocelyn : Je me suis remis au skate il y a quelque temps et j’ai commencé à récupérer des planches qui sont fabriquées en contreplaqué moulé. Ce n’est pas un matériau qui se prête facilement à la sculpture, mais les différentes épaisseurs sont teintées et je joue donc avec ça en creusant mes motifs et ornements. Les planches ne sont ensuite donc plus destinées à être utilisées, mais deviennent des sculptures à part entière, des œuvres. C’est littéralement de l’upcycling.

Qu’est-ce que vous préférez faire alors dans tout cela ?

 

Jocelyn : Justement, j’aime beaucoup cette pluralité d’activités. De passer d’un objet à un autre puis à des enjeux de transmission. Cela me fait travailler différents matériaux de différentes façons, ce qui me plaît beaucoup.

 

Pouvez-vous nous parler un peu du matériel utilisé ? Il y a tellement d’outils ici !

 

Jocelyn : J’ai effectivement entre 300 et 400 outils dans cet atelier. Il en faut en général 60 à 80, mais il en manque toujours ! J’ai surtout des gouges, des couteaux à bois et des compas, mais aussi cette machine qu’on appelle un combiné et qui fait office de raboteuse, de dégauchisseuse, de corroyeuse. Elle dispose aussi d’une toupie pour la mouluration et d’une scie circulaire. Pour les mortaises, j’ai un amortisseur et pour les tenons, j’utilise une scie à rubans.

Quels sont les bois que vous aimez travailler ? (Jocelyn nous donne des bois à peser, à toucher, pour voir les différentes densités et illustrer ses propos)

 

Jocelyn : Récemment, j’ai fait de la statuaire en chêne et en tilleul, ici, j’ai un peu de noyer et de châtaignier. Le tilleul est un bois très agréable à travailler, tendre avec un grain fin. Mais ce que j’adore, c’est être confronté à la matière, alors j’alterne. D’autant qu’on attribue un bois à un projet en fonction de ses spécificités. Chaque bois a d’ailleurs son odeur. Il n’y a pas de classification officielle des bois, mais dans les métiers, on sait que certains sont plus nocifs que d’autres. Les outils de boucherie par exemple pour des questions d’hygiène sont en général fait en hêtre ou en platane. Le chêne, tanique, va donner du goût et être utilisé pour les tonneaux. L’outillage des menuisiers qui doit quant à lui être très résistant nécessite des bois très durs à l’image de l’acacia ou du frêne. Les transports facilitent aujourd’hui énormément les échanges de bois, notamment exotiques, mais personnellement j’utilise le plus possible des bois locaux.

Et comment voyez-vous l’avenir de ces professions ?

 

Jean : Le meuble est devenu jetable alors qu’à une époque le meuble était fabriqué par des artisans. Il n’y avait pas Ikea ou les grandes surfaces. Avant, les métiers rayonnaient, il y en avait partout, on marchait dans la rue, et il y avait des ébénistes, des sculpteurs, des marbriers, des bronziers, des tourneurs sur bois, la vie était faite de ça. J’ai appris à tourner non pas en tournant, mais en observant. J’allais, je regardais, j’apprenais. On apprenait parce qu’il y avait de cette capacité d’apprentissage vraiment très marquée. C’était très social finalement. Aujourd’hui, c’est un peu différent, on est davantage embêtés pour trouver des gens compétents.

 

Jocelyn : Rien que pour faire un meuble, il y avait plein de métiers qui intervenaient, les ébénistes bien sûr, mais aussi les tourneurs, les vernisseurs, qui étaient des métiers à part entière et effectivement les sculpteurs, marbriers et bronziers. Par exemple, je me suis mis au tour à bois parce qu’il n’y a plus de tourneurs. Aujourd’hui, ce rayonnement de métiers existe encore pour des projets comme Notre-Dame de Paris, mais impossible d’imaginer cela pour une ville entière par exemple. Cela coûterait bien trop cher, entre les matériaux et la main-d’œuvre. Alors aujourd’hui, notre travail s’adresse aux administrations et à une élite. C’est à Paris que tout se passe.

 

Qu’est-ce qui pourrait permettre de rendre ces métiers plus compétitifs pour élargir la clientèle ?

 

Jocelyn : Je pense que la commande numérique peut révolutionner nos métiers. C’est un investissement pouvant aller de 100 à 200 000 euros, mais cela permet par exemple de scanner une pièce, comme un pied sculpté, pour ensuite le reproduire. La charpenterie utilise déjà cette technique et quelques menuisiers commencent à investir. Cela peut aussi permettre de préparer tous les perçages pour un dressing par exemple. Peut-être qu’en alliant l’artisanat à de telles technologies, on pourrait permettre d’augmenter les quantités et de réduire les coûts tout en poursuivant le travail de la main.

Photos & Vidéos : Cloé Assire & Claire Bonnem