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« Veiller sur le sommeil des villes » : la poésie contre le vide

par Sarah Lakhal
12.03.2026

Dans Veiller sur le sommeil des villes, Louis Albertosi mêle théâtre, poésie et musique, jouant son propre rôle pour interroger le pouvoir des mots face au silence des villes.

Écrire ? Quelle utilité, quel intérêt ? Louis Albertosi transforme son ouvrage Veiller sur le sommeil des villes en pièce de théâtre et multiplie les casquettes, auteur, poète, comédien, metteur en scène et chanteur, pour tenter de répondre à cette question.

 

« Un vide ange »

 

Louis Albertosi nous apparaît d’abord brièvement sur scène comme le Désespéré de Courbet, dans un jet de lumière d’une seconde. Le ton est donné. Nous allons bien rigoler.

 

Dans cette comédie tirée d’un épisode biographique orchestré par son auteur, les sons, la musique, le décor et les mots viennent investir la scène. L’espace est largement occupé, celui du plateau mais aussi celui du temps. Un générique projeté, composé de différentes photos et vidéos du Nord-Pas-de-Calais de 2020 et accompagné des notes de piano de la talentueuse Anna Krempp, ouvre la pièce. Place ensuite à une émission de radio avec une intervieweuse déroutante.

 

L’écrivain tente, avec autodérision, de défendre son œuvre et de suivre le rythme effréné de celle qui est interprétée par Mathilde Auneveux. Louis Albertosi nous emporte alors dans sa folle épopée et le studio radio se transforme en rues du Nord-Pas-de-Calais. Entre Berck, Calais et Arras, l’écrivain décide de porter une nouvelle casquette, celle d’un « vide ange », à défaut d’être un « vide homme », pour aider ces villes et leurs habitants.

 

« Penser c’est agir, parler c’est agir, écrire c’est agir »

 

Les décors se succèdent avec humour et Mathilde Auneveux enchaîne les rôles brillamment, transformant sa voix, sa posture et sa gestuelle à volonté. Le voyage se déroule durant une période marquante : celle du Covid, ou du « co-vide », puisque le protagoniste peine à trouver du monde à aider mais aussi à combattre le silence.

 

Une effusion de mots borde la scène comme pour y retrouver sa place, comme un acte de résistance face à la solitude et au vide. L’ange désorienté est porté par l’auteur qui valorise l’importance de la parole sous toutes ses formes. Le tout ressemble à un rêve : rencontres improbables, paysages inattendus et mélange de réalités et de temporalités. L’auteur place au centre de l’intrigue l’importance des mots, leur nécessité et le plaisir de jouer avec eux.

 

« L’encre, c’est notre sueur : transpire ta vie sur la page »

 

L’ange perd des plumes mais jamais celle qui lui permet d’écrire. À la fois belle et comique, elle nous guide tout au long de la pièce comme pour nous rappeler sa puissance. Le piano d’Anna Krempp accompagne certaines scènes et ajoute une dimension dramatique à ces paroles joliment formées.

 

La versatilité des deux comédiens impressionne, oscillant entre chant et comédie. Louis Albertosi, écrivain, fait le pari de la comédie et du théâtre et il est réussi. Il emporte le public dans cette aventure rocambolesque, nous donnant presque envie, à notre tour, de découvrir ou redécouvrir les paysages du Nord-Pas-de-Calais.

 

Jeux de lumières, sons, musique, mise en scène : chacun de ces ingrédients contribue aux sourires qui se dessinent sur nos lèvres. Avec Veiller sur le sommeil des villes, Louis Albertosi remet joliment l’écriture au centre et rappelle, plus largement, la nécessité de l’art quand il ne reste plus rien.

Veiller sur le sommeil des villes 

  • au Théâtre Ouvert Centre National des Dramaturgies Contemporaines jusqu’au 13 mars
  • au Théâtre Nanterre Amandier du 18 au 28 mars
  • à La Barcarolle (St-Omer) le 10 avril

Informations et réservation

Visuels : © Christophe Raynaud de Lage