Ambre Kahan et Tristan Rothhut imaginent avec Santa Park un spectacle jeune public pour apprivoiser la mort dans un Luna Park. Une création qui flirte avec l’horreur de manière drôle et attachante.
Par une nuit d’orage… Hécate et Arthur se demandent si Gardien, leur figure d’autorité officiellement dans le coma, a fini son grand speech. Entre le panneau clignotant qui indique Santa Park comme si c’était un motel et leur cabane grinçante, où le frigo fait figure de cabine d’essayage, cette famille Addams clairsemée s’ennuie un peu.
Jusqu’au moment où arrive, comme un dieu ex machina, avec des ailes de chauve-souris, le flamboyant Pépé. La routine reprend, plus joyeuse : du bol du petit déjeuner où l’on crache, aux numéros de danse et de chant, en passant par de grands débats philosophiques en argot sur le monde.
Hécate en perd les cheveux et la voix… Et puis une nuit — ou on ne sait plus trop, à cause de la neige — Gardien disparaît…
Avec une jolie scénographie qui fait penser à Tim Burton aussi bien qu’au Duo Hecq-Lesort, et une lumière absolument géniale, cette création dédiée à un jeune public un peu punk propose des moments esthétiques singuliers.
Les comédiens et comédiennes sont excellent·e·s, capables de danser, chanter et jouer en anglais comme en français. C’est une langue à la fois commune, presque argotique, qu’on nous propose dans ce conte où le phrasé suit le visuel.
C’est un brin décousu et pas mal Deschiens. On rit souvent. On s’émeut parfois. On suit les deux cousins sur un chemin de deuil en pointillés que les jeunes spectateur.ices de la salle semblent parcourir facilement.
Le plus beau ? Le son et la lumière du tonnerre, qui donnent la note juste à ce Santa Park : horrifique, mais aussi esthétique et tendre.
Santa Park, conception et mise en scène : Ambre Kahan ; dramaturgie : Tristan Rothhut ; assistant à la mise en scène : Romain Tamisier ; collaboration visuelle, masques et marionnettes : Louise Digard ; lumières : Léa Maris ; musique et son : Orane Duclos ; décor et régie générale : Jean-Luc Malavasi ; peinture : Marine Antoine ; diaporama : Léa Thuong-Soo ; régie lumières : Gaëlle Courcier et Anthony Lampin ; direction de production : Nathalie Untersinger et Olivier Talpaert ; chargé de production : Simon Gelin. Avec : Hicham Boutahar, George Cizeron, Élise Martin et Tristan Rothhut. Durée : 1h20. À partir de 8 ans. Avec le soutien des ateliers costumes du Théâtre des Célestins.
visuel : Christophe Raynaud de Lage