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« Miss camping », Laureline Le Bris-Cep tue le père

par Amélie Blaustein-Niddam
18.02.2026

Pour la première fois de sa carrière, cette comédienne, qui a fait ses armes en co-dirigeant le Grand Cerf Bleu jusqu’en 2022, s’attaque à l’autofiction pour un récit glaçant, qui fait cruellement résonner les grands récits des conséquences des dominations masculines

« Moi aussi j’ai demandé à mon père de m’acheter de la lingerie »

Tout commence comme dans un spectacle de Laureline Le Bris-Cep. C’est drôle, avec une pointe d’acidité décalée. Mais très rapidement, en quelques secondes, elle nous entraîne ailleurs, dans un espace de sidération. Nous la retrouvons sur scène en jean, baskets et veste zippée ; elle installe minutieusement, pour le moment, des objets sur une grande et longue structure blanche : un ordinateur, un album photo, un livre, une bouteille de pastis, des gobelets, un sac de terre, un appareil photo, un maillot de bain, un paréo, deux frites de piscine et une banderole « Miss Camping ». Une fois ce rituel fini, elle se met à nous parler de ses parents, et puis uniquement de son père. Elle nous raconte leur rencontre, leur mariage et surtout l’obsession de cet homme pour les très jeunes filles ; et il se trouve qu’elle aussi, à ce moment-là, était une très jeune fille. On comprend vite que cette pièce-là sera différente et que ce ne sera ni drôle, ni acide, ni décalé : ce sera un énorme choc devant ces révélations.

« Ma fiction noie le poisson »

Laureline Le Bris-Cep a donc décidé de ne plus se taire et de dire ce qu’a fait celui qui était son père. Cet homme collectionnait des photos de jeunes femmes. Il en tapissait tous les murs de sa maison et les rangeait par noms de mannequins, mensurations comprises, dans des dizaines de classeurs de collégien (de collégiennes, plutôt). Puis, quand les ordinateurs ont fait leur entrée dans les foyers, il a rangé encore plus de photos dans des fichiers très bien organisés. Elle montre, et nous, on sombre face à l’horreur ; notre cœur se serre et la nausée monte dans « un volcan de chiasse ». Le mec était un monstre qui jetait son dévolu sur ses copines, qui sexualisait toutes les adolescentes. Une fois qu’on a écrit ça, on se rappelle qu’il s’agit d’un spectacle et qu’il s’agit de son père à elle. Tout l’enjeu de Miss Camping est moins de faire son procès — il est mort en 2019 — que de l’accompagner dans sa réparation.

« Quand je rêve au loup, c’est Lola qui saigne »

Alors pour s’en sortir, l’artiste s’empare de la scène, accompagnée par la musicienne Laurie Barthélémy. Sa version à la guitare et au clavier de monuments pop tels que Papa Was a Rollin’ Stone et Moi… Lolita fait un peu redescendre la pression. Les mots des chansons viennent, comme une respiration, se calquer sur la réalité. Elle avance dans son récit et arrive à y donner du souffle, malgré la colère qui monte jusqu’à l’explosion. Encore une fois, c’est le kitsch qui sauve de l’horreur, qui permet d’alléger les souffrances. Ah oui, au départ, Miss Camping devait nous raconter une histoire, une histoire drôle, avec une pointe d’acidité décalée. Miss Camping n’a rien d’une blague : c’est un spectacle urgent, qui ose se confronter à l’horreur et qui pose la question de s’en libérer d’une façon extrêmement pertinente.

À voir ce soir, le 18 février à 20H au Théâtre de Vanves, salle Panopée

Informations et réservations

Crédit photos : ©Luc Jacquin