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« L’Infiltré », la douce leçon d’Océan aux Plateaux Sauvages

par Amélie Blaustein-Niddam
10.03.2026

Jusqu’au 20 mars, Ocean occupe l’espace en jouant les parfaits conférenciers dans un show de stand-up queer qui dézingue tout ce qui fait du mal à l’humanité : le patriarcat, le capitalisme, la colonisation et la famille, le tout avec une belle dose d’humour et une écriture fine.

« Mesdames, messieurs et les autres »

Il arrive en presque costume, la nuque et les épaules souples, très sérieux ; derrière lui se tiennent de grands panneaux aux allures de portes. Il y a un tout petit pupitre, comme si la parole devait être enfermée dans ce minuscule espace perdu sur la grande scène. Et effectivement. Pour nous dire que les mots peuvent faire du mal, parfois plus que les actes mêmes, il prend la symbolique des petites boîtes Tupperware qu’on entasse, souvent en perdant les couvercles correspondants, car il est super dur de bien tout fermer de façon optimale. Un peu trop chaud et ça gonfle, ça peut fondre même ; c’est dingue, ces choses qui ne veulent pas rester bien sagement coincées à leur place. À leur place ? Vraiment ? Tout le spectacle vient exploser cette idée que la place, justement, ça n’existe pas.

« J’ai cherché, cherché, cherché et j’ai trouvé »

En trois parties, le spectacle commence par une conférence sur la croyance dans les catégories, qui se prolonge sur le sport puis le monde animal. À la façon d’un Pierre Misfund ou d’une Hortense Belhôte, il montre par l’exemple que la binarité est un leurre, tout comme la domination masculine, et comment la puissance blanche européenne a voulu faire taire les fluidités présentes dans les corps humains et animaux. Alors, on se marre devant des poisson(e)s badass qui gèrent les mâles alpha comme personne.

« Le poisson-clown, ça transitionne grave »

L’Infiltré manque de structure, c’est évident : les parties ne sont pas esthétiquement liées entre elles. Mais cela n’enlève rien à la puissance de cette proposition, qui est valable parce qu’elle existe. À plusieurs reprises, Ocean fait preuve d’un dogmatisme un peu simple, notamment quand il attaque le PS à plusieurs reprises, alors que c’est le parti qui a le plus fait pour l’avancée des droits homosexuels : dépénalisation en 1982 et mariage en 2013. Il ne faut pas toujours tout jeter avec l’eau du bain.

« 96 % des violences sexistes et sexuelles sont commises par des hommes »

Mais, quand la pièce avance, donnant au passage une belle place aux mouvements (guidés par Marlène Rostaing), le propos se fait plus sensible, plus intime. Et l’on comprend, en filigrane, qu’Ocean vient de la bourgeoisie qu’il dénonce, qu’il sait ce que cela veut dire d’avoir des domestiques racisés à son service. On comprend alors les différentes couches qui le constituent. Plus L’Infiltré dévoile son projet — c’est vrai, ça : qui veut-il infiltrer, au fait ? Les hommes, tous les hommes… enfin non, seulement 96 % d’entre eux, plus la proposition s’affirme. C’est dans cette dernière partie qu’elle opère le plus, en démontrant par l’image la construction de la misogynie et l’apport de #MeToo dans la déconstruction de cette machine à démolir les femmes, oui, toutes les femmes.

Attachant en diable, on ne peut qu’aimer fort Ocean et se dire que, si tous les hommes lui ressemblaient, le monde serait plus calme.

Du 9 au 20 mars 2026

Du lundi au vendredi à 19h30, le samedi à 16h30

(relâche le dimanche)

Les Plateaux Sauvages

5 rue des Plâtrières, 75020 Paris

Métro 2 • Ménilmontant / Métro 3 • Père Lachaise

Visuel :  © Pauline Le Goff.j