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« L’Incandescente et le Gang des cracheuses de sang », la merveilleuse réussite de Louise Chevillotte

par Julia Wahl
15.02.2026

La comédienne Louise Chevillotte adapte à la scène le roman de Claudie Hunzinger L’incandescente, qu’elle s’approprie avec une grande justesse et une grande sensibilité.

De Louise Chevillotte,l’ on connaît surtout le visage au teint clair, qui irradiait notamment de ses taches de rousseur les films Synonymes de Nadav Lapid ou A mon seul désir de Lucie Borleteau. L’on connaît aussi sa voix fine et limpide, semblant toujours suspendue dans un entre-deux entre l’air et la terre, que l’on avait pu entendre dans Thérèse et Isabelle au Théâtre de la Ville. Cette grâce délicate infuse avec merveille son adaptation du roman L’Incandescente.

Un roman d’amour et de mort

 

L’Incandescente, chez Claudie Hunzinger, c’est Marcelle, une très jeune femme pas tout à fait sortie de l’enfance, que la mère de la narratrice, Emma, aurait rencontrée à l’École normale d’institutrices. Au contraire d’Emma, toutefois, Marcelle ne put poursuivre ses études et se retrouva, à seize ans, à faire classe pendant que son amie se plongeait dans Nietzche, Bergson ou Maeterlinck. Une carrière d’enseignante bien vite interrompue par une tuberculose qui la condamna à un sanatorium où elle découvrit d’autres jeunes filles, toutes plus malades les unes que les autres, mais aussi toutes plus déterminées à vivre ensemble leurs derniers instants.

 

Le roman accorde une très large part à la voix de la narratrice, qui aurait découvert les lettres envoyées, plusieurs années durant, par Marcelle à son ancienne compagne de l’École normale. Sous la plume de l’autrice, cette narratrice anonyme imagine, à partir de cette correspondance, le quotidien des jeunes filles. Quant au contenu même des lettres, il est intégré à la narration, par le truchement d’un discours direct libre : aucun signe formel du passage de l’une à l’autre, si bien que le lecteur ou la lectrice peut fort bien intervertir les pensées et propos, voire s’interroger sur l’autrice véritable de ces lettres supposées.

 

Une pièce d’une grande finesse

 

Rien de tel dans la pièce. Avec ses doigts dignes de la tisseuse mythique Arachné, Louise Chevillotte a décousu une large part de la trame première, pour n’en conserver que les lettres. A la manière d’un moineau, elle est donc venue picorer dans le texte, graine après graine, ce qui permettait de reconstituer l’intégralité de cette correspondance.

 

A première vue, dans le roman comme dans la pièce, L’Incandescente paraît donc relater une histoire d’amour entre deux jeunes filles que la maladie et les études risqueront un temps d’éloigner. Mais, dans l’adaptation théâtrale, l’important est ailleurs. Le tissage des extraits de lettres entre elles rend certes compte des premiers émois amoureux, mais recentre surtout l’action sur le sanatorium, lieu hybride, havre et prison tout à la fois. Il accorde surtout une très large part à l’imagination que déploieront ces jeunes institutrices qui, grâce à la magie des tables tournantes et autres phénomènes, tenteront d’entrer en contact avec les morts.

 

Cet intérêt adolescent pour l’au-delà ou l’en-deça ne leur est pas spécifique. Mais l’imminence de leur propre mort lui confère une tonalité particulière, qui leur permet d’apprivoiser cette fin. Celle-ci n’est plus un danger, mais un horizon attendu, sinon voulu. Quant à ce corps maladif des jeunes filles, il est décrit avec le lexique de la pâleur et de la légèreté, si bien que la découverte de la chair revêt elle aussi des atours aussi léger qu’une mantille de batiste, paradoxalement incarnée dans des corps en voie de disparition.

 

Une esthétique symboliste

 

Cette découverte paradoxale d’une chair qui n’est déjà plus chair est magnifiquement mise en scène. Les comédiennes Lucie Grunstein et Mathilde-Édith Mennetrier, notamment, font entendre leur voix aussi claire que l’eau et semblent se mouvoir sans cesse sur la pointe des pieds, à quelques centimètres du sol, à la manière de Sylphides modernes. Leurs tenues blanches, que revêtent aussi leurs compagnes Juliette Gharbi et Élodie Gandy, symbolisent autant l’imminence de la mort et leur devenir-fantômes qu’elles représentent les blouses des patientes.

 

Le blanc, dans L’Incandescente, est partout, des visages des jeunes filles au rideau de scène. Ce dernier viendra progressivement envahir la plateau à la manière d’une cabane d’enfants comme d’un immense linceul englobant tout et tout le monde. Le geste artistique de la metteuse en scène qui n’est pas sans rappeler les réflexions de Maeterlinck, dont La Mort de Tintagiles est souvent évoqué dans l’œuvre de Claudie Hunzinger. C’est là l’une des grandes qualités du travail scénique de Louise Chevillotte : rendre visible, sans en avoir l’air, les allusions littéraires de l’autrice autant que son atmosphère. D’autres éléments scénographiques convergent vers cette esthétique symboliste, comme l’usage, à la manière de tulles, de ces mêmes draps blancs, aux allures de fantômes de Pepper.

 

Cette Incandescente crée un espace à part, pas tout à fait limbes et pas tout à fait vie, à l’image de ce moment de passage qu’est l’adolescence. Elle montre chez sa metteuse en scène de vraies qualités artistiques, grâce auxquelles ce spectacle rayonne, du rai blanc et froid d’un soleil d’hiver, certes, mais avec cette finesse qu’ont les adaptations qui surpassent l’œuvre source. Un spectacle à voir et à entendre absolument.

L’Incandescente et le Gang des cracheuses de sang, de Louise Chevillotte, d’après le roman de Claudie Hunzinger, le documentaire Ultraviolette et le gang des cracheuses de sang de Robin Hunzinger et les lettres de Marcelle B.. Au Théâtre de la Commune jusqu’au 20 février.

 

Visuel : © Marie Gioanni