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« Le projet Barthès », le professeur parfait de Sylvain Maurice

par Amélie Blaustein-Niddam
17.03.2026

Le metteur en scène retrouve sa muse, Vincent Dissez, pour un nouveau seul en scène. Cette fois, il devient professeur au Collège de France, dans la peau de l’un des principaux animateurs du post-structuralisme et de la sémiologie linguistique en France, pour un cours animé et délicieux sur « La préparation du roman ». Une déclaration d’amour folle à l’acte d’écriture.

 

« Je vais faire comme si j’allais faire un roman »

Dans la vraie vie, nous sommes entre 1979 et 1980. Barthes ne le sait pas, mais ses jours sont comptés. Il mourra à la suite d’un accident : il est renversé par un camion le 25 février 1980, et il s’éteint un mois après, le 25 mars. Et juste avant cela, il aura, un samedi matin de deux hivers successifs, professé auprès du public du Collège de France sur « La préparation du roman », qui est un cours sur le pourquoi de l’écriture. Sur scène, dans l’espace de la représentation, Sylvain Maurice laisse la lumière allumée. On voit une table, LA table de l’écrivain, sur laquelle trônent de l’eau, un verre, des olives, un carnet… Le comédien attaque debout son monologue d’une heure ; il s’adresse à nous en nous disant : « D’abord, une question pratique. » L’élégant professeur est attentif à ses étudiant·e·s et s’assure qu’un absent puisse récupérer le cours. Ensuite, il se lance, et nous voici, toutes et tous, en position d’écoute, tout ouïe face à la parole brillante de Barthes, « comme si » nous étions installé·e·s dans l’amphi.

« Tant que la langue vivra »

Le prétexte de « La préparation du roman » est l’occasion de dresser un panel précis et vivant sur la façon de faire des écrivains (seuls des hommes sont cités), sur le métier d’écrivain donc. Et nous avançons dans les obsessions et les manies qui fabriquent des textes devenus mythiques. « Sans se comparer mais en s’identifiant », répète-t-il ; il se regarde agir, ou plutôt ne pas agir, face à ses pairs. Car Barthes est à un moment de bascule : il a vécu un deuil qui l’a sidéré, il ne « peut plus ». Pour pouvoir encore, il se colle aux méthodes des autres ; mais voilà, ce que l’on apprend, c’est que le pluriel est réel : à chaque auteur ses trucs, mais ces trucs peuvent se rassembler dans des typologies. Par exemple, il insiste sur la table de l’écrivain, et la rend symbolique. La table, c’est peut-être un thé que vous posez avant de vous lancer ; cela peut être un bijou que vous enlevez, ou bien une montre. Chacun son truc.

« Le lien entre la littérature et la vie »

Vincent Dissez est de plus en plus habité par les mots puissants qui le traversent ; cette sensation est renforcée par le jeu de lumière qui se resserre en un découpage bleu sur le visage de l’acteur. Les mots et les noms des personnages deviennent des alliés du maintenant. Ils sont réels et vivants. Il faut se représenter le moment où Julien Sorel naît, le moment où le titre « Madame Bovary » naît : ce sont des évidences évidentes pour lui, et pour nous. La pièce nous rappelle que la littérature est l’art le plus libre. On écrit seul·e, à l’heure que l’on veut, dans le rythme que l’on veut. Ce sont des décisions. Le projet Barthes, qui nous avoue : « Au fait, il n’est même pas sûr que j’écrive encore », est de chercher sa Vita nova, ce point de bascule qui vous oblige à écrire, dans une urgence vitale.

 

Notre dossier Avignon 2026

À voir jusqu’au 21 mars, à l’Echangeur de Bagnolet, puis au Off d’Avignon au Train Bleu ( horaire à venir )

Informations et réservations

Visuel : (c) Christophe Raynaud de Lage