14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans    14.03.2026 : Le philosophe allemand Jürgen Habermas, figure de la pensée politique, est mort à 96 ans
Agenda
Scènes
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact

Le Printemps d’Yngvild Aspeli

par Julia Wahl
16.03.2026

Yngvild Aspeli est sans doute l’une de ces metteuses en scène et marionnettistes que l’on ne présente plus. Très repérée pour son Moby Dick, elle est de retour dans le sud de Paris pour trois propositions, Une maison de poupée, Dracula (Lucy’s Dream) et Trust Me For A While.

Trois formes différentes au thème pourtant commun, celui de la manipulation. Comment, quand on est marionnettiste, faire autrement ?

 

Revoir Ibsen

 

Ainsi en est-il, bien sûr, d’Une maison de poupée, qui lie avec précision technique et réflexion sur le sujet. La distribution des personnages, entre marionnettes et marionnettistes, évolue ainsi à mesure que Nora se libère de la prison dorée dans laquelle son époux Torvald l’avait enfermée.

 

Le travail scénographique, fortement symbolique, avec son immense tarentule à la Louise Bourgeois qui vient enserrer la jeune femme, subjugue et horrifie conjointement (voir ici notre article). Un spectacle dense, qui donne un nouvel éclairage à une pièce que l’on pensait connaître du bout des doigts.

 

Rêves et illusions

 

Quittons les fjords pour les montagnes des Carpates et les araignées pour les chauves-souris suceuses de sang. Aspeli a choisi de se concentrer, pour son Dracula, sur un rêve qui ressemble, par bien des aspects, à un étrange fantasme érotique sur lequel Lucy n’aurait aucune maîtrise.

 

On y reconnaît, bien que la metteuse en scène s’en défende, l’univers esthétique d’un Coppola dans cette représentation du désir charnel tout droit sortie des songes de Jonathan Harker. L’intérêt de la proposition n’est toutefois pas là, mais bien plutôt dans son travail sur la profondeur de la scène, avec un jeu de miroir, de dédoublement, voire de détriplement, qui n’est pas sans évoquer l’univers de Das Plateau.

 

Les avatars de Lucy se démultiplient ainsi à l’infini et le public, avec elle, ne sait plus guère démêler le vrai du faux. Ce jeu avec l’illusion est soutenu par l’absence complète de dialogue, à la seule exception du tout dernier tableau. Spectateurs et spectatrices sont donc seul.es avec la jeune femme, qui les manipule autant qu’elle est elle-même manipulée par la chauve-souris qui volette dans les airs.

 

Ventriloquie et théâtralité

 

Last, but not least, Yngvild Aspeli accompagne de jeunes diplômé.es de l’Esnam, Pedro Hermelin Vélez, Melody Shanty Mahe. Dans la salle du Beffroi de Montrouge, ornée d’un tréteau et de rideaux dorés, Pedro, apprenti ventriloque, nous présente sa marionnette. Comme il est de circonstance, celle-ci se rebiffe régulièrement, mécontente de ce que son maître veut lui faire dire et vocifère injures et insultes à tout va.

 

Fidèle en cela aux codes du spectacle de ventriloquie, Aspeli joue sur la ressemblance entre le personnage et son interprète, qui portent le même prénom. Ce faisant, elle met en miettes l’illusion théâtrale et interroge, de manière générale, son public sur la foi qu’il accorde à ses sens. Enjoué et enlevé, Trust Me For A While est un faux spectacle pour enfants et un vrai plaisir pour adultes.

Une maison de poupée, texte de Henrik Ibsen et mise en scène de Yngvild Aspeli, au Théâtre Monfort du 19 au 29 mars.

 

Dracula (Lucy’s Dream), de Yngvild Aspeli, au Théâtre Monfort du 11 au 15 mars.

 

Trust Me For A While, de Yngvild Aspeli  au Beffroi de Montrouge le 14 mars.

 

 

Visuel : Christophe Raynaud de Lage