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Je(s) : Emmanuelle Laborit, hypnotique au cœur d’une performance militante ne pas publier

par Anne Verdaguer
02.04.2026

Avec Je(s), la metteuse en scène Jennifer Lesage-David et la comédienne Emmanuelle Laborit, toutes deux co-directrices de l’International Visual Theatre proposent bien plus qu’une expérience sensorielle en chansigne : la pièce prend la forme du théâtre militant avec un message fort sur la différence. C’est une véritable immersion dans le monde et la culture sourde, où le corps est en lui-même un langage, et un moteur de la création.

Dès l’arrivée dans la salle, une vibration parcourt les rangs, avant même que tout ne commence. Dans ce lieu pensé pour et par les personnes sourdes, jusqu’au plan de salle qui définit l’intensité de l’expérience selon la place choisie, entendants et malentendants se côtoient sans distinction. Dans les travées, on distribue des ballons noirs : ils captent, amplifient et transmettent les vibrations. Nous voilà donc réunis pour une expérience qui brouille les repères, au-delà des mots.

La musique comme matière vivante

Celle qui incarne ce langage parallèle, c’est Emmanuel Laborit, révélée au grand public dans Les Enfants du silence, pièce montée en 1993 pour laquelle elle a reçu un Molière et dont la présence sur scène a marqué les esprits. La comédienne surgit de la pénombre telle une silhouette sombre, à l’allure rock, presque gothique. Dès les premières notes, elle vibre au caractère répétitif des sons. Littéralement. Ses bras tournent, dessinent des arabesques. Par moments, les sons semblent exploser dans ses gestes. Elle malaxe la matière qui l’entoure. Elle l’étire avec ses doigts, la retient, puis la laisse s’échapper. C’est une performance en soi. Elle donne une forme visible à ce qui, d’ordinaire, nous échappe.

Son arme, c’est le « chansigne », qui transpose la musique en langue des signes. Accompagnée d’un musicien sur scène (Patrice Rabille), Emmanuelle Laborit nous invite à découvrir ce “rythme sourd”, organique, né du geste, du souffle, de l’impact. Et cela nous transporte, comme une danse hypnotique.

Rendre visible les invisibles

Le spectacle s’articule en une série de chapitres musicaux qui sont à la fois des reprises, des adaptations, ou des créations originales. Tout est retravaillé : les rythmes, les structures, les durées. Certaines chansons sont déconstruites, étirées, et recomposées pour épouser le geste de l’artiste. D’autres conservent leur ossature, mais basculent dans une autre dimension dès lors qu’elles ne sont plus chantées. Ces chansons sont accompagnées de vidéos, d’images et de textes projetés sur écran.

Mais Je(s) ne se contente pas d’être une expérience sensorielle. C’est aussi un geste politique fort. Sur le plateau, Emmanuelle Laborit porte des inscriptions sur ses habits, comme des manifestes : singulières, libres et visibles. Tout est dit. Le spectacle est une ode à la différence. Aux “freaks”. À celles et ceux qui ne rentrent pas dans les normes. À tous ceux qu’on ne voit pas, ou qu’on préfère ignorer. Dans une société saturée par le paraître, Je(s) revendique l’authenticité, la frontalité. Sans filtre.

Une question traverse alors le spectacle : les sourds disent-ils plus, parce qu’ils disent autrement ? Parce qu’ils échappent aux détours, aux sous-entendus, à ces couches de langage qui parfois dissimulent la vérité ?

Une expérience partagée, au-delà des mots

Ce qui bouleverse, au fond, c’est la sincérité dans cette pièce conçue à 4 mains. Il y a une telle force, une telle grâce dans ce que donne Emmanuelle Laborit, que sa vérité devient contagieuse. Son combat devient le nôtre. Les frontières entre entendants et sourds, entre compréhension et sensation, se dissolvent peu à peu. On ne regarde plus simplement un spectacle. On le vit.

Quand les lumières se rallument, quelque chose persiste. Une résonance, presque physique. Comme si les gestes continuaient de vibrer dans l’air.

Je(s) à l’International Visual Théâtre jusqu’au 4 Avril, à 19h en semaine et à 18h le samedi, durée : 1h30.

Visuel (c) Mathilde Monier