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« Hamlet (te) », le coup de théâtre de Clémence Coullon

par Amélie Blaustein-Niddam
28.03.2026

Présentée à l’Idéal de Tourcoing, l’autre salle du Théâtre du Nord à Lille, la metteuse en scène offre sa pièce de sortie du Conservatoire national de Paris, en 2024 : sa version d’Hamlet, entre grand théâtre classique et bouffonnerie, et signe ainsi un geste neuf d’une grande maîtrise.

« Brise-toi, mon cœur, car je dois tenir ma langue »

Tout commence comme dans un théâtre qui ne serait pas le Théâtre du Nord ou le Théâtre 13, où elle va jouer une belle partie du mois d’avril. Sur le proscenium, rideau baissé, un chasseur armé d’un fusil tient fébrilement une lanterne. Il s’agit de Francisco, bientôt rejoint par des camarades, Bernardo, puis Horatio et Marcellus. Ils se demandent qui est là, il y a une chose qui erre et les inquiète. En résumé, nous voici face, mot pour mot, exactement, au texte de Shakespeare. Mais ça sonne volontairement faux. D’abord, on se marre, alors que la scène n’est pas écrite sur un mode humoristique, et puis, très vite, Clémence Coullon manipule les niveaux de langage et de regard. Elle injecte une image, celle du spectre du père sur des échasses, visage masqué, immense. Un vrai effet « wahou » de théâtre. Puis le rideau s’ouvre dans un autre « wahou » : on découvre un escalier assez majestueux, et un mur du fond tout en miroir pour apporter de la profondeur à la profondeur. Les personnages sont affalés sur les marches, et en haut traînent la reine et son nouveau mari, l’oncle d’Hamlet. Hamlet, lui, est arrivé, furieux, lui aussi en surjeu trop faux pour être vrai ; il agite sa douleur de voir sa mère en deuil déjà remariée, de plus au frère de son père. On a la sensation étrange que quelque chose va basculer, et effectivement, cela arrive.

« L’amour et le devoir l’exigent »

L’objectif de Clémence Coullon, au-delà de sérieusement nous amuser et de s’emparer de ce mythe tant de fois joué depuis sa création, est de le passer à la moulinette Pirandello. Ici, ce ne sont pas les personnages qui sont en quête d’auteur, mais l’histoire qui est en recherche d’une version qui sonne juste à nos oreilles du XXIᵉ siècle. Sans vous raconter le point de bascule qui justifie que le titre de la pièce pose un féminin entre parenthèses, « Hamlet( te) », nous pouvons vous dire que la transition de genre se fait via le théâtre, uniquement le théâtre. Tous les codes sont malaxés ici : on trouve des micros, du clown, du cabaret, de la tragédie, et même de la neige qui tombe (nous aussi, on adore quand il neige pour de faux au théâtre), et tout le temps une maîtrise de l’espace et de la lumière qui rappelle qu’elle sait ce qu’elle fait.

« Vous avez entendu parler de la transformation d’Hamlet ? »

Hamlet (te) vient nous placer face à nos contradictions : pendant combien de temps encore peut-on laisser un personnage se suicider à cause d’un jeune mec un peu fou et que cela soit romantisé en diable, « un lit de fleurs » ? Il est temps de demander aux personnages ce qu’ils en pensent, et comment, eux, ils voudraient jouer tout ça. Tout garder ? Tout couper ? Que faire des punchlines iconiques, des scènes « préférées » ? Car oui, « to be or not to be », Hamlet reste Hamlet, il y a bien quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Alors, le jouer, le jouer encore, mais autrement, pour qu’au bout du compte cela ressemble vraiment à un geste shakespearien, avec un coup de théâtre à faire pâlir le maître de jalousie dans sa tombe.

« Pourquoi personne ne respecte le texte ? »

Alexandre Auvergne, Rita Benmannana, Louis Battistelli, Chloé Besson, Olivier David, Lomane de Dietrich, Hermine Dos Santos, Neil-Adam Mohammedi, Tom Menanteau, Hugo Merck, Guillaume Morel, Hélène Rimenaid, Basile Sommermeyer, Léna Tournier Bernard sont tous et toutes parfait·e·s dans leur double jeu jubilatoire. En s’autorisant à prendre un monument pour en faire un exercice de style, Clémence Coullon signe un geste audacieux.

Et ne vous inquiétez pas, au bout du compte, il ne reste que le silence, mais juste avant, quelques petites choses auront changé : Hamlet aura arrêté de tout mettre sur le dos de la folie, Ophélie vivra, et la magie du théâtre s’en sortira grandie.

À voir,  le 2 avril au Théâtre cinéma de Choisy-le-Roi et du 7 au 17 avril 2026 au  T13 / Bibliothèque

Informations et réservations

Visuel :© Christophe Raynaud de Lage