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Avec « Faire le beau », Bérangère Vantusso renouvelle le topos du theatrum mundi

par Julia Wahl
17.03.2026

Avec Faire le beau, Bérangère Vantusso (Rhinocéros) se lance dans une conférence théâtralisée pleine d’humour.

De Bérangère Vantusso, on connaît sa collaboration avec Paul Cox pour la création de Longueur d’ondes, histoire d’une radio libre, spectacle hommage à Radio-Lorraine Cœur d’acier, ou son adaptation de Rhinocéros. C’est donc peu que de dire qu’elle explore, par le prisme de son théâtre de marionnette et d’objet, le monde et ses enjeux politiques. Faire le beau, qui analyse notre rapport au vêtement, n’échappe pas à la règle.

 

Elle retrouve pour ce faire, à l’écriture et à la dramaturgie, Nicolas Doutey, avec lequel elle avait collaboré pour créer Bouger les lignes, une exploration vivante de la cartographie. Pour l’heure, c’est l’habit sous toutes ses formes et, surtout, tous ses enjeux, qu’elle décortique.

 

La radio, élément phare de Longueur d’ondes, se voit à nouveau accorder une place de choix : le spectacle commence par un historique, sonorisé, du phénomène de la mode, qu’il situe aux alentours de 1340, à un moment où les classes dominantes commencent à distinguer costumes masculin et féminin. La source de ce rappel, située à proximité de la musicienne Tatiana Paris, l’inscrit dans l’univers sonore du spectacle : autant que les paroles elles-mêmes, le médium utilisé fait sens.

 

Mode et théâtralité

 

Faire assumer le propos intellectuel par une bande libère les acteur·rices de cette contrainte et permet à la metteuse en scène de jouer avec leurs corps comme avec celui de poupées. La comédienne Joséphine Calliès est ainsi habillée, déshabillée, ré-habillée par ses acolytes pour illustrer les descriptions sonores des costumes médiévaux et renaissants. Elle joue avec, se tordant au moment où l’on lace son corset, mais reste dans l’ensemble cet être de porcelaine soumis à la loi de la mode.

 

Car Bérangère Vantusso fait de l’univers du vêtement non seulement le thème, mais aussi la forme de sa pièce. Le défilé de mode régit ainsi une bonne part des tableaux qui se succèdent en musique, toujours, ou presque, sous cette voix sonorisée qui semble décrire une robe de grand couturier faisant son entrée sur un podium de la fashion week. Malgré l’érudition du texte (avec des références à Bourdieu ou à Barthes), rien de tout cela n’est pris au sérieux, les acteur·rices-mannequins, toustes issu·es de la Jeune Troupe du Théâtre Olympia – CDN de Tours (outre Joséphine Calliès, Félix Amard, Claire Freyermuth, Camille Grillères et Luka Mavaetau), jouant avec les textes jusqu’à l’absurde.

 

Le tout fait de Faire le beau un spectacle enjoué, où le propos – pas toujours, il est vrai, très original – sert surtout cette belle démonstration de théâtralité : interroger la mode, n’est-ce pas interroger le costume de théâtre lui-même ? Le départ entre vêtement et costume devient difficile à cerner, Bérangère Vantusso renouvelant le topos du theatrum mundi.

Faire le beau, de Bérangère Vantusso. Au Théâtre public de Montreuil jusqu’au 20 mars.

 

Visuel : Ivan Boccara