Au festival Wet à Tours, la pièce performative d’Alessandro Businaro, se déroulait des caves de l’Hôtel Gouïn à ses combles. Interrogeant le concept de foyer, de maison, cette œuvre hybride, mêlant performance et théâtre traditionnel, propose une expérience collective et participative.
35040, c’est le code postal de la ville d’Essaone en Italie d’où est originaire Alessandro Businaro, le metteur en scène de la pièce. Mais dans cette pièce, 35040 devient bien plus qu’un simple numéro géographique : il incarne le concept de la maison, symbole du lieu où se forge le foyer. Entre performance et théâtre, la pièce se transforme en une réflexion collective sur ce que signifie la maison en explorant la mémoire personnelle et partagée.
L’expérience commence avec un plan remis aux spectateur.ices. Dessus, sont délimités les espaces fictifs de la maison : « le déclencheur : entrer dans la maison », « l’espace avant la maison », « la maison partagée », « espace personnel » et « ma maison maintenant ». Puis, plusieurs groupes sont emmenés pour écouter un enregistrement, en fonction de ce qu’ils ont pioché : la mère, le père, la fille, le fils. Chacun raconte ses sentiments, ses expériences, ses souvenirs liés à ces cinq espaces.
Suite à cette introduction ludique, chaque groupe se réunit, sans réelle transition, sous les combles de l’hôtel. Autour du comédien, les spectateur.ices écoutent ce que la maison signifie pour lui. A son tour, il raconte sa propre histoire. D’anecdotes en anecdotes, le comédien invite le public à partager avec lui des souvenirs et à participer à l’élaboration d’une maison collective. La performance s’adresse à un large public, s’appuyant sur des éléments identifiables. De l’individu au collectif, la scène se transforme habilement en espace collectif, réunissant les symboles de la maison de chacun.
La pièce active les mémoires et ainsi les émotions et les ressentis. Utilisant des souvenirs transposables de familles en familles, le pouvoir de la mémoire apparaît indéniable. Mais malgré la difficulté de l’exercice de la performance, une certaine légèreté semble persister dans la performance. La profondeur émotionnelle du sujet, bien que présente en filigrane, peine parfois à se matérialiser pleinement. Faut-il y voir une limite dans l’interprétation du comédien, dans la traduction de la pièce de l’Italien au français ou bien dans l’implication variable du public ? La pièce, bien qu’elle suggère des interrogations sur ce que signifie le foyer, semble se contenter de frôler ces thèmes, laissant les spectateur.ices sur une note d’incertitude.
Visuel : ©Elisa Vettori
De Alessandro Businaro
Avec Édouard Penaud
Collaborateur à la dramaturgie Stefano Fortin
Assistante à la mise en scène Chiara Businaro