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12.03.2026 → 21.03.2026

La « Gouineraie » joyeuse et enthousiasmante de Rébecca Chaillon et Sandra Calderan

par Julia Wahl
11.03.2026

La Gouineraie de Rébecca Chaillon et Sandra Calderan revient au T2G jusqu’au 21 mars. Une performance joyeuse et enthousiasmante.

Des bouts de bois un peu partout, aux allures de jeux de construction pour enfants. Ici et là, l’on devine la forme d’une maisonnette. Armée d’une perceuse, Sandra Calderan nous prévient : ce n’est pas par conviction féministe, pour se prouver qu’elle en est capable, qu’elle s’est lancée dans le bricolage de haut niveau. D’ailleurs, elle n’aime vraiment pas ça. Seulement, la dèche se fout de vos plaisirs et de vos dégoûts : le « do-it-yourself », c’est encore ce qu’elle a trouvé de moins cher pour construire sa « gouineraie ».

 

Une « gouineraie »

 

Oui, une « gouineraie » : la constitution, par la réunion de toutes ses amours, d’un espace safe où se retrouveraient ami∙es, ex et amant∙es. Un lieu qui n’a rien d’une communauté hippie ou new age, seulement un petit village dans le village. Ça prend du temps, ça prend de la place, alors pendant qu’elle parle, elle continue à bricoler.

 

En fait de « petit village dans le village », elle a décidé de s’implanter à la campagne. Peut-être l’amour de la nature, mais surtout une question de coût, là aussi. Il s’agit de créer, avec sa compagne Rébecca Chaillon, une « petite maison dans la prairie » moderne, dont les relations lesbiennes sont le cœur. Seulement voilà, Rébecca, la Montreuilloise, la campagne, le bricolage, ce n’est vraiment, mais alors VRAIMENT pas son truc.

 

La mise à bas de la « Sainte Famille »

 

La Gouineraie est donc la rencontre en action de ces femmes que tout semble opposer et, qui, pourtant, s’aiment au point de développer un projet de vie commun. C’est aussi, à travers cette rencontre, la mise à bas de ce qu’Engels nommait « Sainte famille », le papa, la maman, et les enfants (les ballons bleu et rose… Vous avez compris).

 

Les deux femmes se saisissent pour cela des oripeaux du patriarcat, tel qu’il existe dans la culture populaire. Au premier rang desquels, bien sûr, les Ingalls et tout un catalogue de feuilletons et séries TV, des plus anciens au plus contemporains. Spoiler : la place des femmes y a peu changé, comme le montre la mère de Malcolm dans la série du même nom.

 

Une destruction joyeuse

 

Cette destruction de millénaires de domination masculine est avant tout une destruction joyeuse, et c’est sans doute en partie à cette joie partagée que l’on reconnaît la patte de Rébecca Chaillon. Les « gouines » sont plantées et arrosées par de l’eau issue de gourdes en forme de Vierge Marie, héritages d’un séjour à Lourdes, Rébecca s’enveloppe dans du papier peint à fleurs et, surtout, nous plonge grâce à un vinyle dans l’univers de Joe Dassin, la bande originale de toutes nos vies.

 

Cette joie communicative est aussi celle de l’autodérision, avec la présence incongrue de cette langue de bœuf – dont on ne révèlera pas ici l’usage – parce que « ça fait performance » ou les confidences de Sandra Calderan, qui nous apprend qu’aimer une femme aussi célèbre que Rébecca Chaillon, c’est apprendre sur France Culture que celle-ci veut peut-être des enfants. Où comment l’intime devient, non seulement politique, mais aussi public. Quand on est performeuse, les frontières de la vie privée et de la professionnelle sont, par essence, abolies.

 

Dans La Gouineraie, Sandra Calderan et Rébecca Chaillon se livrent donc à un rêve utopique en actes, celui d’une communauté où chacun peut vivre avec chacune, comme iel l’entend. Mais, surtout, elles édifient un monde joyeux, où l’on se surprend à chantonner « Les Petits Pains au chocolat » et à voir avec plaisir les gourdes de Lourdes détournées de leur fonction première ! Sainte Marie, mère de Dieu, un personnage queer ?

La Gouineraie, de Rébecca Chaillon et Sandra Calderan. Au T2G jusqu’au 21 mars. Durée : 1h15.

Texte, mise en scène et interprétation : Rébecca Chaillon et Sandra Calderan – collaboration artistique et aide à la dramaturgie : Céline Champinot – régies : Suzanne Péchenart.