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Une nouvelle production de « Faust » un peu trop « dark » à l’Opéra de Munich

par Paul Fourier
24.02.2026

L’utilisation excessive du plateau tournant et l’accumulation des mises en situation sombres, voire sinistres, ont fait naître un sentiment de lassitude lors de la représentation de la nouvelle production du Bayerische Staatsoper.Son principal atout réside dans l’Orchestre magnifiquement dirigé par Nathalie Stutzmann et dans le Chœur.

Faust, de Goethe à Gounod, pas forcément pour le meilleur…

Certes, Faust est loin d’être une gaudriole tant la descente aux enfers de l’infortunée Marguerite est le sujet principal de l’adaptation du drame théâtral de Goethe par Gounod et ses librettistes, Jules Barbier et Michel Carré. Mais, en prétextant de revoir l’opéra à la source des écrits de l’auteur allemand, Lotte de Beer a pris le parti d’aller au-delà en tuant la voisine (devenue la mère de Marguerite, empoisonnée par erreur chez Goethe), et en forçant le trait sur l’infanticide. Les quelques pages d’humour contenues dans l’œuvre de Gounod ont ainsi disparu et, dans la scène où normalement a lieu le jeu entre le diable et la voisine, celle-ci devient donc une femme malade qui mourra à la fin de la scène.

Par ailleurs, dans une mise en scène parfois très réaliste, les personnages (surtout les femmes) sont, en permanence, malmené.e.s. ; même Siebel est fréquemment bousculé par la foule et Marguerite finit par être tondue dans la scène où meurt Valentin.

Les costumes sont indéfinissables et l’on n’hésite entre l’époque de l’auteur allemand et celle du compositeur français. La populace et les soldats sont dépenaillés en soutien de la violence sous-jacente de chaque scène.

Quant aux décors, ils sont soit inexistants, soit limités à leur plus simple expression tels la maison de Marguerite et l’église, les deux en modèles réduits.

 

Plusieurs espaces sont aménagés grâce à un plateau tournant utilisé pour exposer deux ambiances lors d’une même scène. Ainsi, par moments, les paroles des protagonistes sont illustrées par ce qui va ensuite se passer : lorsque Valentin dit qu’il va à l’armée, la rotation du plateau donne à voir concomitamment les cadavres à venir… Par ailleurs, comme sorties de l’esprit (ou des fantasmes ?) de Faust des taches d’encre nous renvoient l’image de Marguerite. C’est un bel effet tout comme l’est, par instants, la manipulation par le diable des personnages rendus à l’état de marionnettes.

Dans le programme, Lotte de Beer explique qu’elle a pris le parti de coller aux deux pièces de Goethe pour l’opéra de Gounod, en l’actualisant à la lumière des « lumières » revues par le romantisme. Mais les deux œuvres sont loin d’être équivalentes et baignées par la même atmosphère, et finalement, ce décalage pervertit l’opéra. Dans la production munichoise, l’exacerbation du drame nous renvoie bien loin des choix bien plus contrastés, voire joueurs, qui sont ceux de la mise en scène de Tobias Kratzer à Paris.

 

De surcroît, de Beer gomme au maximum les éléments religieux ou surnaturels et met surtout les personnages aux prises avec les réactions de leur collectivité.

Au final, cette production a la couleur du gris, la couleur des fonds de scène (sauf pour la scène de Walpurgis où il devient alors baroquement fleuri ou lorsqu’apparaît, quelques instants, l’image d’une mer), et de la mort.

Un plateau vocal de bon niveau sans être exceptionnel

Avouons que le Bayerische Staatsoper a fait un choix audacieux en n’employant aucun francophone – hormis Florian Sempey – dans ce chef-d’œuvre de l’opéra français. Mais le travail de répétition a payé, car, globalement, la prononciation est satisfaisante.

En revanche, ce qui n’atteint jamais l’exceptionnel, c’est l’adéquation vocale des chanteurs dans ces rôles qui ont été marqués par des artistes remarquables. Cela dit, durant toute la représentation, on se demande  si le manque de brillance des voix qui semblent assourdies ne serait pas aussi dû au plateau tournant et aux décors souvent inexistants.

 

En s’emparant du rôle de Faust, Jonathan Tetelman a fait le choix de monter d’une marche importante dans sa carrière. Il s’était déjà attaqué à Werther, un rôle dans lequel il a fait bien des étincelles, notamment à Baden-Baden. Mais son Faust, s’il est loin d’être indigne et nous offre de beaux moments, manque de brillance. Bizarrement (est-ce la faute au décor ?), et notamment dans la première scène, la voix n’offre pas une grande projection et l’émission s’avère un peu nasale. Le français est globalement correct et la voix, avec son léger vibratello, n’en reste pas moins belle. Certains effets et aigus longuement tenus sont parfaitement réussis, notamment un superbe diminuendo dans le grand air « Salut ! demeure chaste et pure » (par ailleurs pas particulièrement marquant), et un somptueux « Je t’aime » de la première rencontre avec Marguerite. D’une voix parfaitement maîtrisée, il assure également brillamment sa partie dans un duo d’amour très réussi.

 

Pour sa part, Olga Kulchynska, dans la première partie, parvient globalement à mener à bon port sa Marguerite rendue vraiment misérable par Lotte de Beer. Le médium de la chanteuse est son point fort ; elle assure en permanence une prononciation respectable et fait preuve d’une souplesse de voix tout à fait honorable dans l’air des bijoux (devenue une robe banche (de mariée ?) couverte de multiples boules). Elle fait preuve de toute la sensibilité nécessaire dans le duo d’amour, mais ensuite, assise sur un grabat, elle peine à insuffler de l’émotion dans « Il ne revient pas ». Les difficultés cependant surviennent en deuxième partie. Dans la scène clé de l’église, alors que Marguerite sombre dans la folie, Kulchynska témoigne d’une puissance insuffisante lorsqu’elle est confrontée au diable et harcelée par le chœur (brillant) des démons. Et l’on retrouvera cette même carence lors de l’éprouvante scène finale (« Anges purs, anges radieux !).

 

Des premiers rôles, c’est incontestablement le Méphistophélès de Kyle Ketelsen qui se distingue le plus. Parfaitement à l’aise dans un rôle de diable plus bouffon que méchant, la voix s’avère d’une excellente projection et le jeu est parfaitement convaincant. Ses interventions sont toujours justes et suffisamment sonores dans les ensembles, son « Veau d’or » est brillant tout comme « Vous qui faites d’endormie / n’entendez-vous pas (…) » alors que resurgit sur le mur la silhouette en tache d’encre de Marguerite enceinte.

En grand habitué du rôle, Florian Sempey, le français de l’étape, incarne un Valentin parfait, ce qui se vérifie dans un puissant « Avant de quitter les lieux » alors qu’il est obligé à marcher, de manière inconfortable, sur le bord du plateau ; il est tout aussi magistral dans la scène du duel (plutôt bien chorégraphiée) puis dans le « Ce qui doit arriver arrive à l’heure dite ! » de la mort de Valentin, et si l’émotion effleure moins que d’habitude, c’est plus à mettre au débit de la mise en scène qu’au talent de l’artiste.

 

Dans l’optique d’une collectivité qui réagit de manière un peu primaire, Siebel se retrouve à un moment malmené et déshabillé par la foule, sans que l’on sache vraiment pourquoi et sans que cela n’apporte une plus-value à l’interprétation d’Emily Sierra. Son « Faites-lui les aveux » est frais et bénéficie d’une belle prononciation française tout comme, à l’acte IV, son sensible « Si le bonheur à sourire t’invite ».

 

Handicapée par la modification de son personnage, la dame Marthe de Dshamilja Kaiser ne peut jouer les ressorts comiques de son rôle et peine donc à trouver le bon ton. Mais le Wagner de Thomas Mole est excellent, comme toujours.

 

La plus grande qualité de ce Faust réside dans l’Orchestre. C’est un opéra de chef, et en l’occurrence, cette fois de cheffe ! Débutant l’opéra avec une lenteur excessive, Nathalie Stutzmann et sa formation déploient ensuite la partition avec toute sa majesté. N’hésitant pas à jouer de l’ampleur naturelle et de la richesse sonore de l’Orchestre du Bayerisches Staatsoper dans les passages les plus spectaculaires tout en gardant une élégance tranquille toute « française », elle laisse aussi les voix s’exprimer à loisir dans les nombreux airs et duos. La lecture très cohérente de Stutzmann offre nombre de somptueux moments, notamment pendant la nuit de Walpurgis durant laquelle la direction opte pour une lenteur particulièrement bienvenue.

Quant au chœur du Bayerische Staatsoper, il brille dans les admirables pages écrites par Gounod, tout d’abord dans la taverne avec un très beau « Ainsi que la brise légère / Soulève en épais tourbillon… » puis dans le chœur des soldats « Déposons les armes (…) Gloire immortelle / de nos aïeux » alors que les cadavres s’entassent et que des enfants soldats viennent compléter les troupes. Chaque intervention qui suit, dans l’église, pendant la nuit de Walpurgis est tout aussi efficace.

 

Au final, ce Faust n’est pas à marquer d’une pierre blanche tant la mise en scène de Lotte de Beer emporte l’opéra trop loin des intentions premières du compositeur et des librettistes, en jouant sur un misérabilisme quasi déprimant sur la longueur. Mais, cela va permettre au Bayerisches Staatsoper de mettre Faust à son répertoire ce qui est en soir une très bonne nouvelle.

Visuels : © G.Schied