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Une « Carmen » en manque de carburant à l’Opéra Bastille

par Régine Arniaud
25.02.2026

À l’Opéra Bastille se joue, jusqu’au 19 mars 2026, l’Opéra « Carmen », musique de Georges Bizet, livret de Ludovic Halévy et Henri Meilhac, d’après la nouvelle éponyme de Prosper Mérimée. Ce classique de l’art lyrique, à la fois brillant, tonitruant, sombre et terriblement humain, tourne malheureusement ici en sous-régime et il manque une, voire deux soupapes à son moteur.

L’ère révolue des voitures

La principale idée de cette mise en scène, c’est la transposition de l’action dans les années 70 sous l’Espagne franquiste. Esthétiquement, le clou du spectacle semble être l’arrivée de plusieurs grosses Mercédès, poussées difficilement sur scène par la bande de bohémiens et qui deviennent leur lieu de débauches. Elles occupent pesamment l’espace, on se croirait presque chez un concessionnaire automobile. On pourrait trouver cela original et moderne, si l’idée était aboutie et faisait avancer le propos. Mais non, elles sont juste posées là, les chanteurs et le chœur de l’Opéra de Paris, déambulent tant bien que mal au milieu de ces véhicules, autant d’obstacles inutiles à leur parcours scénique. C’est voulu, me direz-vous, pour donner au spectateur une étouffante impression d’oppression… si c’est le cas, alors c’est réussi. D’ailleurs, dès la première scène du spectacle, l’ambiance est lourde, grise, un soldat en slip, puni par sa hiérarchie pour une faute dont on ne saura rien, tourne autour d’autres militaires indifférents à son calvaire, jusqu’à tomber, mort d’épuisement. Quel est le symbole ? Le pouvoir absolu, abusif d’une dictature ? La maltraitance dans l’armée ? C’est en tout cas hors sujet, en ce début de spectacle.

Puis vient l’air d’entrée de Carmen, le tant attendu « La Habanera », à la saveur espagnole authentique voulue par Bizet. Un moment en principe sensuel, provocant, qui donne le ton de l’opéra. C’est notre première vision de la Carmencita, la couche la plus visible de sa personnalité, celle que l’on aime au prime abord et qui sera affinée, approfondie, assombrie tout au long de l’histoire. Ce morceau mythique est ici totalement lyophilisé. Carmen qui vient apparemment de rompre avec un galant sort d’une cabine téléphonique, titubante, se tenant la tête, comme prise d’une migraine terrible. Morne et dépitée, elle chante « L’amour est un oiseau rebelle » comme une femme malade. Pour clarifier immédiatement les choses, le talent de Stéphanie d’Oustrac, qui joue Carmen n’est aucunement en cause. Le coupable, c’est le parti pris de mise en scène, qui impose des déplacements, des orientations de jeu étranges à la cantatrice, ainsi d’ailleurs qu’à tout le reste de la distribution.

Un dépoussiérage poussiéreux

Il semblerait que Calixto Bieito, le metteur en scène, ait voulu « se débarrasser » des images d’Épinal, de ce qu’il appelle « le folklore hispanique caricatural ». Certes, mais « dépoussiérer » une œuvre ne veut pas dire la déposséder de son essence fondatrice. En fait, il plonge, tête première, dans des stéréotypes de mise en scène, pour choquer le bourgeois.

Malheureusement pour lui, les bourgeois d’aujourd’hui ne sont plus indignés par ce genre d’artifice, c’est du « déjà vu ». Pour exemple, la scène d’ouverture de la seconde partie, après l’entracte : Un homme nu combat avec un taureau imaginaire. La nudité sur scène n’indigne plus personne, ce moment ne sert à rien, il est une sorte d’intermède mis là, pour meubler un moment de musique pure. La question est : a-t-on besoin de meubler la musique ?

Bizet kidnappé

La seule excuse de Calixto Bieito c’est qu’il a imaginé cette mise en scène en 2017. À l’époque, son choix de transposer Carmen dans l’Espagne franquiste des années 70 avait paru très audacieux, politique et provocateur. Bien que controversée déjà à sa sortie, sa mise en scène a été intégrée au répertoire de l’Opéra National de Paris et est retranscrite ici, presque 10 ans après, telle quelle. Le problème c’est que ça ne fonctionne pas, Calixto Bieito se sert de Carmen pour raconter une tout autre histoire, celle de la guerre d’Espagne sous Franco et de l’oppression d’une dictature, mais pourquoi le faire en kidnappant l’opéra de Bizet ? Carmen n’est pas un opéra politique, c’est un drame humain qui se suffit à lui-même. Le metteur en scène sacrifie Carmen à son besoin de donner sa vision du franquisme.

Si dépoussiérer Carmen vous semble indispensable, allez plutôt regarder du côté de Peter Brook et de son adaptation en collaboration avec Claude Carrière et Marius Constant. En 1982, sa Tragédie de Carmen au théâtre des Bouffes du Nord, version resserrée et saisissante de l’opéra, a su tirer la quintessence du drame, l’essentiel, l’essence humaine d’une Carmen universelle.

Et le message féministe dans tout ça ?

Il n’est pas question de dire ici que les chefs-d’œuvre du passé sont intouchables et qu’il est sacrilège d’essayer de les adapter. Carmen bien que créé en 1875 est toujours brûlant d’actualité. Carmen c’est la dissection d’un féminicide et cela, malheureusement, reste encore une réalité aujourd’hui. Pour être honnête, la mise en scène de Calixto Bieito y fait allusion par moment, mais c’est furtif et pas toujours très identifiable. Don José serre les poings une ou deux fois, comme s’il luttait contre sa pulsion de violence envers Carmen. Le Dancaïre, d’ailleurs interprété avec talent par Florent Karrer, est à l’évidence un pervers narcissique qui bat les femmes, mais le problème, c’est que pour Calixto Bieito, cette thématique n’est pas prioritaire, alors qu’elle est au centre de l’opéra de Bizet. Don José est le fil rouge qui mène au féminicide, c’est par lui que le processus de ce que l’on nommait alors « un crime passionnel » est décortiqué. Ce n’est pas du tout clair ici, c’est juste survolé et malheureusement, l’interprète de Don José, le ténor Russell Thomas, semble totalement perdu dans cette mise en scène. Il a certes une très belle voix, mais il n’est pas le personnage, il n’a plus l’âge du rôle, ou alors il aurait fallu que ce choix d’un homme plus âgé, qui subit le démon de midi et même de minuit, soit un parti pris de mise en scène assumé. Dans l’opéra, il est censé être un jeune brigadier, certes tourmenté et complexe, mais qui séduit deux très jolies femmes, Carmen et Micaëla et sincèrement on n’arrive pas à y croire. Un coup de chapeau à Ilanah Lobel-Torres, qui incarne une Micaëla sensible et totalement crédible.

Carmen face à une destinée fluctuante

L’uniformisation grisâtre du décor, des costumes, la pesanteur esthétisante de la mise en scène, empêchent une progression pourtant indispensable à l’histoire. Si Carmen n’est plus jamais la femme provocante, charnelle, gaie, à l’énergie dévorante, si elle ne jouit pas avec une joie profonde, exacerbée, de chaque moment de sa courte vie, alors son sacrifice est incompréhensible. L’air des cartes est beau parce qu’il montre que, malgré les tarots qui lui prédisent une mort proche et inéluctable, Carmen refuse de subir son destin, elle décide de le choisir. Ici, dès le départ, Carmen est juste une débauchée triste et sombre, elle le reste jusqu’à la fin et la tragédie en perd toute sa force. Pas d’évolution, pas de surprise, on s’ennuie et on attend résigné la fin de l’histoire, que l’on connaît tous, bien évidemment.

 

Pour finir sur une note positive, on ne perd pas totalement son temps en allant voir Carmen à l’Opéra Bastille, car l’orchestre de l’Opéra de Paris dirigé par Keri-Lynn Wilson, (une femme, réjouissons-nous, car ce n’est pas souvent le cas) fait résonner magnifiquement la musique de Georges Bizet. Même cachée ou détournée, la destinée tragique de la belle et libre bohémienne nous bouleverse au plus profond de nous-mêmes, car son message résiste malgré tout et nous parle d’amour et d’humanité.

Opéra Bastille, du 07 février au 19 mars 2026, de 75 € à 220 €.

Réservations

 

Visuel : © Benoîte Fanton.