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« Satyagraha » de Philip Glass, une création importante plombée par la danse à l’Opéra de Paris

par Yaël Hirsch
13.04.2026

C’est en présence du compositeur américain Philip Glass très célébré en France en ce moment (lire notre article), que s’est faite cette première de son opéra de 1980, Satyagraha, à l’Opéra de Paris. Un moment très attendu, pour un opéra qui joue déjà à guichets fermés, sous le plafond de l’Opéra Garnier en majesté. Malheureusement, la spiritualité de la pièce a été un peu sapée par le registre « gaga » des chorégraphies et de la mise en scène.

Sur les voix de la sagesse

Opéra composé au coeur d’une trilogie dédiée à de grandes figures de l’humanité, avec Einstein on the Beach (1976) et Akhnaten (1982) Satyagraha (1980) doit son titre à l’un des principes fondamentaux de la doctrine de la non-violence de Gandhi. Littéralement, Satyagraha, c’est « l’attachement ferme à la vérité » qui permet de ne pas répondre à l’oppression par la violence. C’est un opéra pour orchestre sans percussions, ni cuivres dont le livret est écrit directement en sanskrit. Et c’est à une véritable traversée spirituelle que nous convie la musique de Glass. Tout commence par les notes graves de violoncelle pendant que le rideau se lève sur une grande salle vide qui pourrait ressembler à un bâtiment administratif, militaire ou à une scène de théâtre sans décor.

Les montagnes spirituelles de Philip Glass

L’apprentissage vers la sagesse commence dans le sang pour le contre-ténor et actuel directeur de l’Opéra de Philadelphie, Anthony Roth Costanzo qui fait le voyage du bodhisattva vers la sagesse ultime pendant les 3h25 que dure l’opéra. Alors que Ingo Metzmacher dirige les musiciens de l’Opéra de Paris selon une tension constante, l’opéra emmène le public avec sa musique et ses voix. On y retrouve le minimalisme répétitif et hypnotique qui scelle le sceau de la musique de Glass. Mais avec une intensité particulière : voix et instruments semblent lutter dans une saturation du son qui maintient une attention constante, sauf aux quelques moments, à chaque acte où il tombe et nous happe dans un tourbillon de silence. Les personnages historiques de la pièce sont renvoyés à des apparitions déguisées de Tolstoï, Rabindranath Tagore et Martin Luther King. Les chanteuses et les chanteurs sont conjugué.e.s à l’universel autour du contre-ténor en plongée initiatique. Les moments le plus forts et les plus opératiques sont ceux où ils et elles chantent traditionnellement à plusieurs, sur le devant de la scène et devant le choeur cette parole qui mène à la sagesse et à la force à la fois.

La fureur de la Bat-Sheva

Alors qu’en octobre dernier, c’est la metteuse en scène et chorégraphe Lucinda Childs qui mettait en scène et en mouvement ce monument mystique de Glass à  l’Opéra de Nice, avec des projections d’Etienne Guiol, la transcendance n’existe pas dans la mise en scène de Bobbi Jene Smith et Or Schraiber. Les deux chorégraphes, tous deux passés par la Bat-sheva fondée par Ohad Naharin, parquent certains chanteurs ou acteurs en hauteur et donnent à voir, avant le deuxième acte, le plafond de  Chagall. Mais sinon rien n’est vertical et tout s’étend dans la largeur de l’espace, mis en lumière dans des couleurs safran, grises et prune assez monocordes. Une mise en scène guerrière, donc, où le choeur semble bouger avec les danseurs, sauf quand ceux-ci et celles-ci (parmi lesquels peu de danseurs de l’Opéra de Paris) s’alignent. Cela commence par des mouvements inspirés des danses indiennes, mais joue souvent sur le souffle, la corporalité, le muscle et des gestes brusques. Les tenues sont amples et les pieds nus (éclairés en jaunes dans le dernier acte), mais le bruit du ballet en mouvement, avec ses grincements de pieds sur la scène transformée en parquet, n’aide pas à suivre le voyage spirituel que propose la musique de Glass. Le gaga et ses inspirations folkloriques ne marchent pas avec les grands cercles de son du compositeur américain, même pour parler de spiritualité orientale.

On sort de l’Opéra Garnier très heureux d’avoir vu Philip Glass heureux, sur scène, mais avec l’impression d’avoir raté quelque chose de son oeuvre et ce, malgré l’excellence des voix.

visuel : Yonathan Kellerman / OnP